Outre le récent rapport rendu public le 25 avril du Dr J. Isabelle qui met en avant les nombreux manquements à l’hôpital de Moka, où quatre personnes ont perdu un oeil à la suite d’une injection à l’Avastin, un autre rapport, interne cette fois, en date du 18 mars 2015, relève également de nombreuses carences à l’hôpital Moka mais également à l’hôpital de Souillac où les soins pour les yeux ont été décentralisés.
Fonctionnant au rythme de quelque 200 interventions quotidiennement, les hôpitaux d’ophtalmologie de Moka et Souillac, qui voient transiter plus de 200 000 patients annuellement, n’opéreraient dans de bonnes conditions de travail et selon les normes. C’est du moins les conclusions d’un rapport interne soumis au mois de mars au ministre de la Santé et à la direction, faisant ressortir qu’il est urgent de prendre des mesures correctives afin d’éviter d’autres cas tragiques comme ceux relatifs à l’affaire Avastin, où quatre patients ont perdu l’usage d’un oeil. Ce serait, en outre, une des raisons qui ont motivé la visite surprise du ministre de la Santé au début de la semaine dernière à l’hôpital Moka.
Cependant, si le ministre s’est enquis de la longue file d’attente et du fait que les patients ne sont pas toujours examinés par des spécialistes, ou encore du problème de stationnement conséquent dans l’enceinte de l’hôpital ophtalmologique, le rapport souligne lui que plusieurs manquements, principalement en ce qui concerne les règles et normes d’hygiène pas respectées et également le refus de certains membres du personnel d’obéir aux directives de l’assistant au Central Sterile Supply Department (CSSD), basé dans ces hôpitaux temporairement pour opérer l’unité d’autoclave à vapeur. Il ressort par ailleurs que les instructions données aux opérateurs ne sont pas conformes aux normes de bonne pratique et de procédures cliniques et aseptiques.
Il manquerait de même des étagères appropriées pour le stockage des produits stériles devant être gardés séparés des produits non-stériles. Actuellement, selon le rapport, en raison du manque d’étagères et de place appropriée, les produits sont stockés dans certains cas à même le sol. Il est primordial de revoir cette pratique, insiste le rapport, afin de réduire au maximum les risques de contamination de ces produits et, parallèlement, des patients.
Le rapport, qui souligne également que les méthodes de préparation obsolètes et manuelles de consommables médicaux tels que les tampons de gaze et pansements oculaires, risquent de causer plus d’infections que de guérir les patients. Outre le fait que ces produits sont déjà disponibles à l’achat à des dimensions et tailles standards — ne nécessitant pas de réparation manuelle — il préconise que les produits soient correctement emballés, scellés et étiquetés.
Aucun élément déballé ne devrait être autorisé à être stérilisé, indique le rapport, remettant en cause l’acheminement des produits vers la salle de stérilisation, d’autant que le chariot utilisé n’est pas approprié avec des risques de favoriser l’hébergement de micro-organismes qui peuvent contaminer le matériel stérile. Il ressort également que l’emplacement de l’unité de l’autoclave dans ces hôpitaux est trop éloigné.
D’où les recommandations pour reconsidérer l’endroit alloué à ces unités, de manière à prévenir les risques de recontamination des éléments stériles pendant le transport. Il est également recommandé que la direction des hôpitaux veille à une bonne ventilation de la salle d’autoclave à vapeur en vue d’améliorer les conditions de travail du personnel pour une meilleure qualité de service.
En conclusion, ce rapport interne prône l’urgence de revoir les méthodes de préparation, de stérilisation, de transport et de stockage des matériaux stériles, cela en vue que ces deux hôpitaux s’alignent aux standards en matière de stérilisation de produits clinique et aseptiques afin d’éviter la transmission des infections et des contaminations nosocomiales pour les patients. Il fait aussi ressortir qu’aucune négligence ou aucun laisser-aller au travail, notamment en ce qui concerne le personnel récalcitrant, ne devraient être tolérés.