Le rapport tant attendu de l’audit sur l’Université de Maurice, mené par la Tertiary Education Commission est tombé. Un premier constat selon les findings des auditeurs démontre que l’institution de Réduit n’a pas mis en oeuvre les recommandations du rapport de 2005, traitant en effet du besoin de revoir sa gestion, son personnel et ses méthodes d’enseignement. Sept ans après, l’audit de la TEC note que l’UoM est confrontée à ces mêmes défis, qu’elle devra pourtant surmonter si elle tient à garder sa réputation. Le rapport fait ainsi état de 25 recommandations, entre autres sur la séparation entre la gouvernance et le management de l’institution, la création d’un département des ressources humaines, l’acquisition de nouvelles infrastructures et la promotion de la recherche.
« Despite its proud history, today, the University of Mauritius faces several systemic and structural challenges which are compelling the University to internally transform itself. The Panel was of the view that in order for the University to uphold its strong reputation, it will be required to strengthen its internal resources and at the same time tap on external investments », relève-t-on dans le rapport. Selon le document, par manque d’« institutional leadership », l’Université de Maurice fait actuellement face à un climat d’incertitude, d’où la recommandation pour remplir certains postes à responsabilité, tels que le recrutement de Pro-Vice-Chancellors afin d’apporter cette stabilité.
Ce document de 90 pages fait état de plusieurs recommandations. La première est que le Council revoit ses procédures alors que les structures de gouvernance existantes doivent être évaluées en vue d’une université moderne. « To achieve its goals and to implement the required changes, the University must provide for stronger corporate and institutional governance. There is an urgent need to professionalise and improve most administrative functions and administrative leadership, to better support academic activities. »
En ce qui concerne la staff performance appraisal, le panel observe que l’université n’a guère pris en compte les recommandations du premier audit en ce sens. Il n’y a pas de staff performance management system à l’UoM. « Allowing academic leaders to lead, through the empowerment of Deans and Heads of Departments (HoDs), must also become a reality at UoM. » Une plus grande transparence est également nécessaire dans l’alignement de la planification et du budgeting, et une gestion du personnel plus efficace afin d’améliorer la culture de la qualité interne de l’Université de Maurice.
L’enseignement
Si ce rapport d’audit reconnaît que l’UoM dispose d’un personnel académique entièrement dédié à la formation des jeunes diplômés, il s’attarde cependant sur le besoin de revoir régulièrement des programmes et sur la nécessité d’établir une véritable politique d’online learning. Il est recommandé que l’UoM conceptualise un bon système de gestion de qualité. « The University of Mauritius take urgent and sustained action to ensure effective quality assurance of standards and teaching at all its affiliated teaching institutions and clarify the accountabilities of these institutions to the University as the institution that awards the degree », souligne le rapport. Le panel est aussi d’avis que l’Université de Maurice doit veiller de plus près à ce que les institutions affiliées à elle offrent également des programmes d’études de qualité. À cet effet, les auditeurs remarquent que des recommandations faites en ce sens depuis le rapport 2005 n’ont une fois de plus pas été prises en considération alors que les projets enclenchés à certains niveaux n’ont pas donné les résultats escomptés. De même, ce rapport vient remettre l’accent sur le besoin pour l’UoM d’acquérir de nouvelles infrastructures et d’avoir un système IT bien plus performant sur le campus et des nouvelles facilités dans la bibliothèque jugée trop petite par rapport au nombre d’étudiants.
Recherche et développement
Le rapport le dit clairement : « The University has succeeded in some spheres such as increasing student access, where the number of students enrolled has increased but for other objectives such as to, re-dynamise pure & applied research and development, the University has still a long pathway ahead. » En dépit de l’institution de trois National Research Chairs, le rapport de l’audit fait ressortir que l’objectif de l’Université pour bâtir une réputation dans le domaine de la recherche n’a pas été atteint, ceci en l’absence d’un cadre de recherche approprié. Le besoin d’institutionnaliser une culture de recherche améliorée à l’Université de Maurice, et de revoir la lourdeur des procédures conduisant à l’obtention d’un diplôme de recherche est aussi mentionné. Le panel est d’avis que les processus et les procédures en place pour traiter les demandes de MPhil and PhD doivent être rationalisés et suggère la création d’un Higher Degrees Committee pour ces étudiants.
Par ailleurs, ce rapport d’audit fait état de plusieurs recommandations quant à la gestion de qualité dans plusieurs domaines tant au niveau des étudiants que du personnel. L’accent est souvent mis sur la nécessité de développer de nouvelles politiques qui tiennent compte des changements que connaît actuellement l’institution. Le rapport cite entre autres, le professional development plan, l’induction/orientation programmes for student representatives, le Student Learning Support et les infrastructures. « Without greater public investment accompanied by more efficient internal management, the University will struggle. The upgrading and maintenance of infrastructure, equipment and supplies, for both research and teaching, is a matter of considerable urgency for UoM », conclut le rapport de l’audit 2012. Le panel de l’audit était composé du Dr Jeanette Baird, Acting Executive Director, Regulation and Review Group, Tertiary Education Quality and Standards Agency d’Australia, du Dr Dorsamy (Gansen) Pillay, Deputy CEO : Research and Innovation Support and Advancement (RISA), National Research Foundation of South Africa, du Prof Zita Haji Mohd Fahmi, Deputy Chief Executive Director (Quality Assurance) de la Malaysian Qualifications Agency (MQA), de Vipin Y S Mahabirsingh, Managing Director, Central Depository & Settlement Co Ltd, Mauritius, et de Kalyani Putty-Rogbeer, Quality Assurance and Accreditation Officer de la Tertiary Education Commission. L’exercice de l’audit a pris fin en mai 2012.