Le rapport nTan sur le groupe BAI a été rendu public ce matin par la Banque de Maurice après que les informations considérées comme confidentielles aient été enlevées. Le gouverneur général, Ramesh Basant Roi, a expliqué que le but de la BoM, en publiant ce rapport – attendu aussi bien à Maurice qu’à l’étranger –, est de lui donner plus de crédibilité en tant qu’institution régulatrice.
Pour lui, ce rapport, qui couvre 2010 à 2013, a une « valeur inestimable » et contient des informations sur une période cruciale de l’existence du groupe BAI. Il a annoncé la consolidation des règlements bancaires  mais ne donne aucune garantie que de tels problèmes ne risquent pas de ressurgir à l’avenir.
Ramesh Basant Roi était entouré ce matin du premier et du second gouverneur de la BOM ainsi que des directeurs de l’institution qui avaient participé auparavant à une réunion du conseil d’administration.  Dans une brève déclaration liminaire, il a appelé les circonstances dans lesquelles nTan Corporate Advisory Pte Ltd avait été nommé pour effectuer une enquête sur le fonctionnement complexe du groupe BAI entre 2010 et 2013. « Le groupe a travaillé très dur et a soumis son rapport le 27 janvier », a-t-il observé avant de remercier le Premier ministre, le ministre des Finances ainsi que le ministre des Services financiers pour leur soutien. Il a rappelé que le rapport démontre que le groupe BAI a commencé à enregistrer des pertes à partir de décembre 2010 lorsque son déficit avait atteint le niveau de Rs 1,2 milliard. Trois ans plus tard, soit en 2013, les pertes étaient estimées à Rs 12 milliards.
Ramesh  Basant Roi a insisté sur l’importance pour la BoM de rendre le rapport public. Selon lui, cette démarche démontre la volonté de la BoM d’opérer dans la transparente tout en permettant de renforcer sa crédibilité en tant qu’institution régulatrice. Invité par Le Mauricien à donner les raisons pour lesquelles le rapport se limite à la période 2010-2013, le gouverneur de la Banque a expliqué que les documentations sur cette période sont abondantes, qualifiant aussi de « cruciale » cette période. « Si nous étions disposés à faire les frais correspondants, les experts de nTan auraient pu continuer leur travail pendant encore deux ans s’il le fallait. » Il estime cependant « suffisantes » les informations contenues dans le rapport, car elles démontrent que « tout allait très bien pour la BAI à ses débuts » mais que la situation « s’est corsée lorsque le groupe a commencé à encourir des pertes ». Et d’observer : « When they started to have losses the hanky panky started. »
Selon Ramesh Basant Roi, ce rapport mentionne très peu la Bramer Bank, qui s’est engagée dans des “related party lending” ayant conduit à sa chute. « Ces “related parties” se trouvaient dans le groupe BAI. Nous avons révoqué le permis de la Bramer Bank et avons résolu le problème en une semaine », a-t-il dit, en observant que la Bramer Bank a été remplacée par une nouvelle institution bancaire, en l’occurrence la MauBank, et ce en partenariat avec la MPCB. « Its a new bank now. » Et de dire ensuite sa satisfaction que la BoM « ait accompli son travail », poursuivant : « We have done our job ! »
En revanche, les auditeurs externes de la Bramer Bank « has been taken to task ». Deux directeurs de KPMG ont été mis à la retraite, dit-il. « Le directeur régional de la firme est arrivé avec une nouvelle équipe, qui fera son travail comme il le faut. »  
Invité à commenter les remarques à l’effet que la BoM a failli à sa tache à l’époque en tant que régulateur, Ramesh Basant Roi a soutenu que le personnel de la BOM « a fait un bon travail » mais que, malheureusement, ses recommandations « n’ont pas été prises en compte au plus haut niveau décisionnel ». Et de dire : « It would be unfair if the Bank of Mauritius is said to have incompetently handled the Bramer Bank problems. »
Toujours interrogé par la presse, il a observé : « Maurice n’est pas immunisée contre ce genre de problème, tenant en compte la globalisation de l’économie. Toutefois, des mesures seront prises pour rendre plus strictes les réglementations. » Le gouverneur de la BoM serait-il prêt à faire des déclarations si cela lui était demandé dans le cadre de l’enquête policière sur la BAI. « Tout est dans le rapport », répond Ramesh Basant Roi. Il se dit toutefois « prêt à donner des éclaircissements ». Répondant à d’autres questions sur le même sujet, le gouverneur de la BoM a fait comprendre que les informations confidentielles ne peuvent être rendues publiques, « sauf à la demande d’un juge ». A la question de savoir pourquoi, en 2013, les autorités avaient donné l’impression qu’il n’y avait aucun problème concernant la BAI, qui avait même fait l’objet d’une Private Notice Question, Ramesh Basant Roi a répondu qu’il n’était pas à la BoM à cette époque et qu’il n’était « même pas au pays ». Il estime par ailleurs que le rapport nTan sur la BAI est « différent de celui sur la MCB ». Et d’insister en guise de conclusion : « Il faut lire le rapport ! »