Après la presse traînée devant le Tribunal de Paris, le Chairman Emeritus de BAI brandit des menaces « d’actions judiciaires contre des experts qui s’écarteraient de la vérité »
Présence déterminante de Dawood Ajum Rawat lors de la KPMG’s FY 2012 BAI Audit Presentation, avec un « assessment of going concern viability of BA Insurance » à l’agenda
Dawood Ajum Rawat, Chairman Emeritus de l’empire écroulé de BAI, évalué à plus Rs 33 milliards, remet en cause les Findings du Forensic Auditing Exercise de nTan Corporate Advisory Services Pte Ltd, commandité par la Banque de Maurice. C’est ce qui ressort d’un communiqué attribué à Dawood Rawat et posté sur la page Facebook, animée par Laina Rawat-Burns. La principale information des six phrases-paragraphes de ce document virtuel est la confirmation du détail publié dans l’édition du Mauricien de samedi dernier au sujet de la contestation et de la contre-expertise des conclusions du rapport nTan sur les Ponzi-Like Schemes opérés au sein du groupe BAI avec Dawood Rawat et consorts s’appropriant de manière illégale la somme variant entre Rs 17,3 milliards et Rs 17,7 milliards sous forme de Party-Related Investments. Le rapport de 79 pages, excluant les annexes consacrées aux abréviations et à la chronologie de l’empire BAI depuis 1920, comprend un chapitre dédié à Dawood Rawat et les détails du détournement d’au moins Rs 1 milliard au profit de celui-ci sans compter les allusions à la présence du même Dawood Rawat à la KPMG’s FY 2012 BAI Audit Presentation ou encore les Rs 441 millions de l’axe Yukondale/Logandale du pôle média, et ce sans oublier la Half-Baked Deal de Rs 88 millions.
Le communiqué de Dawood Rawat, qui ne porte aucune signature ou marque distinctive, confirme la démarche de contre-expertise du rapport de nTan Corporate Advisory Pte Ltd. Au quatrième paragraphe de ce document, présenté comme une première réaction du Chairman Emeritus, mention est faite que « ainsi, il (Dawood Rawat) a déjà consulté plusieurs experts internationaux de renommée incontestée qui poursuivent leur travail, mais dont les premières conclusions sont radicalement différentes de celles énoncées par nTan ».
Dans le même souffle, les auteurs de ce communiqué font également état des menaces de Dawood Rawat d’actions judiciaires contre « des experts qui s’écarteraient de la vérité ». Ces menaces judiciaires ne constituent rien de nouveau car des titres de la presse mauricienne, dont le groupe Le Mauricien Ltée, font l’objet de poursuites initiées par Dawood Rawat devant le tribunal de Grande Instance de Paris. Le Mauricien a été cité à comparaître devant cette instance judiciaire pour avoir fait état de la teneur de la BAI Audit Presentation pour l’année financière 2009, faite par Jean-Claude Liong, ancien Managing Partner de KPMG, le 29 mars 2010 avec la confirmation que le groupe BAI était déjà en situation de quasi-banqueroute dès cette date. Cet élément d’information est d’ailleurs confirmé dans le rapport contesté. « Ce travail ne sera rendu public qu’une fois terminé et complet. M. Rawat se réserve par ailleurs le droit d’exercer les actions judiciaires qui lui seraient ouvertes contre des experts qui s’écarteraient de la vérité. »
« Under Warning »
Initialement, le communiqué souligne que « M. Rawat relève que le gouvernement de la République mauricienne démontre à nouveau qu’il se moque de la vérité et ne procède que par affirmations infondées. Les conditions de l’expertise, énoncées par les experts eux-mêmes en préambule de leur premier travail, le montrent. M. Rawat, comme cela a toujours été le cas, agit quant à lui en professionnel et avec précision. »
Indépendamment de la contre-expertise recherchée par le décoré de la Légion d’Honneur de la République Française, les conclusions du rapport de nTan sont épluchées au QG du Central CID de même qu’au niveau de l’Attorney General’s Office. Dans le premier cas, les pistes dégagées par les Forensic Auditors sont relevées en prévision de la prochaine offensive, notamment un dossier pour soutenir une demande d’extradition de Dawood Rawat de la France, en dépit de son passeport français, et la reprise des interrogatoires Under Warning des Top Guns de l’empire écroulé de BAI.
À l’Attorney General’s Office, la séquence des événements établie dans le rapport des Singapouriens devra servir de toile de fond au contre-affidavit à être soumis par l’État mauricien pour contester les réclamations de Rs 35 milliards logées par Dawood Rawat dans le cadre de l’arbitrage sous « the Rules of the United Nations Commission on International Trade Law ». Des recoupements d’informations effectués par Le Mauricien indiquent que les conseils légaux de Lalive (Genève), Veijo Heiskanen, Domitille Baizeau et Laura Halonen, sont attendus à Maurice ces jours-ci pour des séances de travail avec la partie mauricienne.
Deux dossiers devraient être à l’agenda des discussions entre la mission légale de Lalive et le gouvernement : les Pleadings à être soumises au tribunal et également le choix de la présidence de ce même tribunal. À ce jour, le gouvernement et le Chairman Emeritus de BAI ont déjà procédé au choix de leur assesseur respectif et devront se mettre d’accord au sujet de l’identité du légiste de renommée internationale, qui sera placé à la tête de cet arbitrage.
Comme on le sait, le chapitre VI du rapport de nTan Corporate Advisory Pte Ltd est consacré aux « questionable dealings » opérés au sein du groupe BAI au profit direct de Dawood Rawat. À ce sujet, les consultants étrangers notent que « what we can say is that in the course of our examination, we have identified clear instances of large sums of advances made to Mr. Dawood Rawat and/or his relatives and associates and/or applied for his/their benefit. However, we have been unable to determine (due to the constraints noted herein) if part of the funds (totalling at least some Rs 17.3 billion) channelled out of BA Insurance, BPF and Bramer Bank to the related parties in the BAI Group were ultimately paid to Mr. Dawood Rawat and his relatives and associates and applied for their benefit. »
Les dénonciations spécifiques portant sur un montant global de Rs 930 millions sont entre autres :
– Rs 387 millions de « Net Advances to a Current Account Titled the Chairman Current Account.  À ce chapitre, le rapport de nTan relève que « Notably, BA Investment’s management accounts show that the advances under this current account included items such as payments for the purchase of property (Rs 16.9 million), purchase of vehicle (Rs 5.3 million) and payment for a boat for Mr. Dawood Rawat (Rs 3.0 million) and purchase of furniture (Rs 0.8 million). Advances with no meaningful description of their purpose amounted to a staggering Rs 577 million »;
– Rs 280 millions de Net Advances to Seaton from BA Investment et
Rs 98 millions de Technical Fees to BA Holding avec le rapport soulignant que « there is a strong presumption that the “technical fees” paid by BA Investment to BA Holding would have been applied towards (ultimate) payments to Mr. Dawood Rawat and/or applied for his benefit. In fact, in one quarter, the technical fee due to BA Holding was paid by BA Investment directly to Mr. Dawood Rawat. Interestingly, the management accounts of BA Investment also appear to account for transactions with the “Chairman Current Account” and with BA Holding under the same account code. »
Une autre allusion directe de nTan Corporate Advisory Pte Ltd à Dawood Rawat se situe à la page 29 quand les consultants commentent la responsabilité de la firme d’auditeurs externes de KPMG dans les affaires de BAI. Pour l’une des rares fois, les Singapouriens se font un point d’honneur de mettre en évidence la présence de Dawood Ajum Rawat lors de ces délibérations : s’appuyant sur les Minutes of Proceedings, nTan relève que « BA Insurance’s 25 March 2013 Audit Committee meeting minutes stated that the meeting was convened at 3pm, Mr. Dawood Rawat joined the meeting at 3.15pm, and “the Chairman Emeritus and the representatives of Messrs KPMG left the meeting at 15.50 hrs ».
« Act honestly…»
Plus graves encore sont les commentaires des Singapouriens sur le déroulement de ces délibérations, notamment au paragraphe 95, soit « during KPMG’s FY2012 Presentation, KPMG also highlighted to the Audit Committee the directors’ responsibility to « act honestly and in the best interests of the insurer and policyholders » under Section 31(3) of the Insurance Act 2005. KPMG even went further to ask whether “the Board [had] made an assessment of going concern viability of [BA Insurance]”. It is clear that the directors and members of the Audit Committee in BA Insurance were aware of all these issues. In particular, Mr. Dawood Rawat was also present when KPMG made the presentation. He ought to have been fully aware of the issues raised by KPMG, in particular those of the solvency and going concern status of BA Insurance, and the consequent implications on the BAI Group’s solvency. »
Toujours dans le rapport de nTan Corporate Advisory Pte Ltd, la responsabilité de Dawood Rawat est directement engagée dans le processus de privatisation du groupe BAI, titres cotés sur le marché boursier de la Stock Exchange of Mauritius et aussi avec l’adoption de la Transformation Strategy du groupe dans le sillage de la détérioration de la situation financière.
« It was clear that by April 2010, the BAI Group’s management including Mr. Dawood
Rawat knew that the BAI Group was in a very precarious financial position. The BAI Group’s Chief Operating Officer, in his « Transformation Strategy” paper noted: “Based on the current trends of performances of the subsidiaries, it is estimated that the Group will show losses of over MUR 2.5bn by end of 2010 unless prompt and effective measures laid out in this report are taken. Furthermore, the Group will require funds of around MUR 4 bn to service its commitments and support its operations and dependent subsidiaries. The Group cannot afford to report such losses and we will therefore take bold measures to restructure and promptly turn around this state of affairs. »
La version de Dawood Rawat sur ces principaux “Occurrences”’ dans le développement du groupe BAI devra faire partie de la contre-expertise annoncée 300 jours après l’éclatement du scandale financier BAI avec la Banque de Maurice annonçant un Ponzi de Rs 25 milliards…