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Les accidents de la route demeurent un véritable fléau sur le plan mondial. Malgré l’amélioration de la sécurité routière, en particulier dans les pays développés, la route tue chaque année 1,3 million de personnes sur la planète.

Les pays à revenu faible ou intermédiaire comptent pour 93% dans le nombre de décès alors que ces mêmes pays ne possèdent que 54% du parc mondial de véhicules. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé publiées en juillet 2017, l’insécurité routière dans le monde :

— est la principale cause de mortalité dans les pays à revenu faible ou intermédiaire,

— totalise entre 20 et 50 millions de blessés chaque année,

— représente la première cause de décès chez les jeunes âgés de 15 à 29 ans,

u engendre la mort des usagers vulnérables : la moitié des personnes tuées sur la route sont les motocyclistes (23% ), les piétons (22% ) et les cyclistes (4% ).

u coûte très cher à l’économie. Elle englobe près de 3% du PIB des pays,

u constituera la septième cause de mortalité d’ici à 2030. En 2009, les accidents de la route étaient classés au neuvième rang des décès.

Les principaux facteurs à risque

Parmi les facteurs à risques relevés par l’OMS, on retrouve par ordre décroissant

1. L’excès de vitesse,

2. la conduite en état d’ébriété ou sous l’influence de substances psychoactives,

3. le non respect ou l’absence de dispositions de sécurité (casque, ceinture de sécurité, siège-auto pour enfants, etc),

4. la distraction au volant en raison de l’usage du téléphone portable,

5. une infrastructure routière dangereuse,

6. le non-respect du Code de la route

Les pays à revenu intermédiaire les plus meurtriers

L’OMS a établi pour 2015 et 2010 les classements des pays selon le taux de mortalité routière. Il s’agit du nombre de tués pour 100 000 habitants. Une analyse rapide démontre que c’est dans les pays à revenu intermédiaire que le taux moyen de mortalité est le plus élevé, soit 20,1 contre 18,3 pour les pays à revenu faible et 8,7 pour ceux à revenu élevé.

Maurice entre les bons et les mauvais élèves

Malgré un taux de mortalité de plus de 12% qui constitue pour Maurice un taux trop élevé, les routes mauriciennes demeurent les moins meurtrières en Afrique. En Asie également, Maurice ferait partie des pays les moins meurtriers, mais demeure loin des résultats du Japon et de Singapour, les meilleurs dans cette région du monde. Enfin, sur le plan des pays dits développés, Maurice fait partie du peloton de tête des mauvais élèves avec ses 12%, comparé à des pays modèles en matière de sécurité routière comme l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse, les Pays-Bas, le Danemark, le Royaume-Uni, la Suède et Malte, qui affichent des taux de moins de 5% d’accidents mortels.

Réduire de moitié  les morts sur les routes

L’OMS rappelle qu’en septembre 2015, les chefs d’État réunis à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies ont marqué l’histoire en adoptant le Programme de développement durable à l’horizon 2030 qui contient 17 objectifs de développement durable. Un de ces nouveaux objectifs, la cible 3.6, est de diviser par deux le nombre de décès et de traumatismes dus aux accidents de la circulation d’ici à 2020. L’inclusion d’une cible aussi ambitieuse en matière de décès dus aux accidents de la circulation représente une avancée significative pour la sécurité routière. Cela reflète la prise de conscience croissante du fait que les accidents de la circulation font payer un lourd tribut à la société et sont une des principales causes de décès dans le monde, ainsi que la principale cause de décès des 15-29 ans.

Nombre de décès en stagnation depuis 2007

Le nombre de décès dus à des accidents de la circulation — 1,25 million en 2013 — stagne  en dépit de la croissance mondiale de la population et du nombre de véhicules à moteur, ainsi que des prévisions à la hausse. Cette stagnation, dans le contexte d’une croissance de la population mondiale de 4% entre 2010 et 2013 et la hausse de 16% du nombre de véhicules dans la même période, laisse penser que les interventions mises en œuvre ces dernières années en vue d’améliorer la sécurité routière dans le monde ont permis de sauver des vies.

À Maurice après une période de stagnation, le pays a enregistré une légère remontée des tués ces deux dernières années (+ 10/15%). Celle-ci s’explique par la perception d’une politique moins contraignante avec le retrait du permis à points. Pour 2018, la situation semble se stabiliser sur les résultats des deux premiers mois (voir texte page 5) mais la route demeure encore trop meurtrière.