Les ménages mauriciens ont dépensé Rs 10,8 Mds pour leur santé en 2014, soit une somme supérieure au budget annuel du ministère de la Santé, qui est de Rs 9,72 Mds. C’est ce qu’indique le rapport du “Household Out-of-Pocket Expenditures”, étude réalisée en 2015 et rendue publique jeudi à Balaclava par le ministre de la Santé, Anil Gayan.
Le rapport du “Household Out-of-Pocket Expenditures” relève que 27,07% des dépenses de santé des ménages ont trait aux produits pharmaceutiques. La plus grosse partie des dépenses de santé concerne donc les achats dans les pharmacies privées. En 2014, les familles mauriciennes ont dépensé pas moins de Rs 2,90 Mds en médicaments.
Les honoraires des médecins, spécialistes (qu’il s’agisse de “in patient” ou de “out patient”), représentent 11,20% des dépenses familiales, soit Rs 1,21 Mds. Est relevé également que 0,3% des ménages ont dû vendre des propriétés, bâtiments et terrains pour payer leurs factures de santé. De même, 3% des ménages ont eu recours à des prêts bancaires et 8,1% ont emprunté à des amis et parents pour faire face à des dépenses de santé.
Néanmoins, 72,8% des Mauriciens se font soigner dans les institutions de santé publique, indique le rapport, les 27,2% restants étant traités dans les cliniques privées, dont les frais réclamés équivalent à 8,58% des dépenses de santé des ménages, soit une somme de Rs 927 M. Le rapport indique que 3,7% des ménages ont eu recours à des dépenses en catastrophe en 2015. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) explique qu’il s’agit de ménages dépensant plus de 40% de leurs revenus après déduction de leurs besoins de base.
Les familles mauriciennes ont dépensé Rs 423 M pour des traitements à l’étranger, Rs 294 M pour des analyses de laboratoires, Rs 390 M pour des soins dentaires et Rs 465 M en consultations ophtalmologiques. L’achat de verres et autres produits pour la vision ont coûté aux ménages Rs 453 M. En outre, les diagnostics par imagerie médicale, radiographie et autre IRM ont coûté aux ménages Rs 233 M. Les familles ont dépensé Rs 423 M en transport pour se rendre dans des institutions, aussi bien publiques que privées. Par ailleurs, l’achat de produits fortifiants et revitalisants a coûté aux ménages quelque Rs 280 M.
La part des dépenses médicales payées par les assurances s’élève à Rs 370 M. À l’heure actuelle, 185 000 personnes disposent d’une assurance-maladie et les compagnies d’assurances ont collecté des primes d’un montant de Rs 1,51 Mds en 2014. Les réclamations payées aux assurés s’élèvent, elles, à Rs 1,07 Mds. Les ménages ont dépensé Rs 16,40 M pour la vaccination et Rs 7,20 M pour la santé reproductive.
Par ailleurs, l’étude indique que 42,2% des ménages ont avoué qu’au moins un membre de leur famille souffrait d’hypertension et de maladies associées. D’autre part, 34,3% des ménages ont indiqué qu’un membre de leur famille souffrait du diabète et de pathologies associées. Le ministre de la Santé a fait ressortir que, selon une étude de l’OMS, seulement 3% des dépenses de santé sont consacrées à la prévention. « Quelque 97% des dépenses, souligne-t-il, sont destinées à des personnes déjà malades. » Est précisé notamment que « l’environnement est la cause de 100 des maladies les plus sérieuses ».
Le ministre de la Santé estime que « nous faisons de notre mieux pour maintenir le Welfare State ». Anil Gayan a indiqué que l’OMS a fourni son expertise technique pour établir un système de Health Account de niveau international pour la collecte de statistiques sur les dépenses de santé, lesquelles serviront à constituer le National Health Account en vue d’instaurer une « accountability » à tous les niveaux. « L’objectif, dit le ministre, est de s’assurer que tous ceux qui ont besoin de services médicaux en aient accès équitablement. »