L’agence de notation internationale Moody’s Investors Service a maintenu la note de “Baa1” attribuée à Maurice précédemment dans sa dernière évaluation rendue publique hier. Moody’s estime que l’économie mauricienne a démontré sa résilience face à un environnement externe défavorable ces dernières années. Elle considère cependant que Maurice risque de perdre de sa compétitivité structurelle si les progrès dans la mise en oeuvre du programme de réformes économiques demeurent faibles sur le moyen terme. Moody’s s’inquiète du haut niveau de la dette publique et se pose la question de savoir si le gouvernement sera en mesure de ramener le ratio de la dette à 50% du PIB d’ici 2018, comme annoncé officiellement.
Moody’s qualifie d’abord de « modérée » la puissance économique de Maurice au même titre que des pays tels le Bahreïn, le Nigeria, l’Argentine et la Lituanie. « A small but reasonably diversified economy, which has proved resilient to external shocks, although structural challenge remain », écrit l’agence de notation. Selon cette dernière, avec un PIB nominal de l’ordre de USD 11,9 milliards en 2013, Maurice est classée par la Banque Mondiale dans le groupe des économies avec des revenus moyens élevés. Le PIB par tête d’habitant (même parité de pouvoirs d’achat) était estimé à USD 15 424 en 2012, soit plus de deux fois le niveau enregistré il y a 15 ans. Maurice est une économie ouverte, la valeur totale de ses exportations et importations représentant 120% de son PIB nominal en 2013, mais le pays a été vulnérable face aux événement exogènes comme la crise de la zone euro. Moody’s note une grande dépendance de Maurice du marché européen, que ce soit pour ses exportations, les arrivées touristiques et l’investissement direct étranger. « Mauritius has successfully restructured its traditional sectors over the years », souligne le rapport de Moody’s, qui estime que les gouvernements successifs ont apporté une contribution à la diversification de l’économie nationale. La restructuration réussie de l’industrie sucrière en une industrie produisant du sucre à plus forte valeur ajoutée, la croissance du secteur textile et de l’habillement, ainsi que sa percée sur le marché sud-africain, et la diversification des marchés touristiques sont notés par Moody’s. Toutefois, l’agence relève que les revenus par touriste a chuté (-8,6%) en 2013, bien qu’elle anticipe une reprise pour cette année. Moody’s fait également état de la diversification des activités économiques avec le développement du secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication, des services financiers – dont l’offshore banking –, du “seafood” et de la fabrication d’équipement médical. Le projet de création d’un secteur d’économie océanique, les mesures pour améliorer le climat d’investissement, la stratégie africaine de Maurice sont aussi soulignés dans le rapport.  
Pour ce qui est des réformes, Moody’s observe d’emblée que « from 2005-2010, Mauritius successfully implemented a wide range of reforms that markedly improved the business climate and competitiveness, which led to the increase in FDI ». L’agence de notation estime que la clé de la réussite de Maurice à été le « pragatisme dans l’élaboration des politiques ». De plus, la politique macroéconomique solide, dans une conjoncture marquée par la crise globale, a contribué au renforcement des institutions. Moody’s se réjouit également des améliorations dans la gestion budgétaire à travers le système de “programme-based budgeting” et pense que cela devrait soutenir la bonne gouvernance économique aussi bien la politique monétaire. « We expect monetary policy to remain in-line with the central bank’s objectives of price stability and balanced economic development », souligne Moody’s, qui observe cependant que les efforts en faveur des réformes économiques ont diminué ces dernières années. « The slowdown has affected a range of efforts to streamline or improve trade regulations, public service delivery (including publlic investment and the services of state-owned enterprises), infrastructure, land laws, and vocational training », fait-elle ressortir, avant d’ajouter que si les progrès sous le chapitre des réformes ne sont pas conséquents dans le moyen terme, Maurice risque de perdre, en termes de compétitivité structurelle, son rang (20e) dans le classement “Doing Business”.  
Autre dossier qui préoccupe Moody’s : la dette. Le ratio dettes/revenus du pays est parmi les plus élevés parmi les pays classés dans la même catégorie. Le stock de la dette représente actuellement 53,8% du PIB. Et Moody’s d’ajouter : « It remains to be seen whether the government can ensure that its debt does not exceed 50% of GDP by 2018 as stipulated by its 2008 Public debt Management Act », fait remarquer Moody’s.