La Banque Mondiale (BM) a revu à la hausse cette semaine ses prévisions de croissance pour l’économie mauricienne en 2016 ainsi que pour les deux années subséquentes. La BM table désormais sur un taux de 3,8% pour cette année, au lieu de 3,7%, comme estimé en janvier 2016. La croissance de l’économie mauricienne s’élèverait à 4% en 2017 et 2018, indique l’institution de Bretton Woods dans son dernier rapport sur les « Perspectives pour l’économie mondiale » alors qu’au début de l’année, elle avait annoncé un taux de 3,7% pour 2017 et 2018.
La nouvelle estimation de croissance de l’économie mauricienne, publiée par la BM, rejoint celle faite, en avril dernier, par le Fonds monétaire international (FMI). Elle intervient dans le sillage d’une correction à la baisse des prévisions de croissance de l’institution financière internationale concernant l’économie mondiale aussi bien que celle de l’Afrique subsaharienne. S’agissant de l’économie mondiale, la BM a ramené son estimation à 2,4% par rapport aux 2,9% annoncés en janvier dernier. Cette décision, souligne-t-elle, « s’explique par les taux de croissance anémiques enregistrés dans les économies avancées, la faiblesse persistante des prix des produits de base, l’atonie du commerce mondial et la diminution des flux de capitaux ». Pour ce qui concerne l’Afrique subsaharienne, la BM anticipe une croissance moyenne de 2,5% cette année, au lieu des 4,2% espérés en janvier 2016, et même des 3,3% annoncés en avril dernier. Pour la BM, cette correction est due à « une baisse de l’activité mondiale » et à « un durcissement des conditions de financement ».
Dans son rapport de juin 2016 sur les perspectives pour l’économie mondiale, la BM fait ressortir que les marchés émergents et les pays en développement exportateurs de produits de base ont du mal à s’adapter à la faiblesse des cours du pétrole et d’autres produits essentiels. La marge de progression escomptée dans ces économies est d’à peine 0,4% cette année, soit 1,2 point de pourcentage de moins que les chiffres annoncés en janvier dernier. « Ce ralentissement démontre l’importante nécessité pour les pays d’appliquer des politiques favorisant la croissance économique et améliorant les conditions de vie des personnes vivant dans une pauvreté extrême », déclare le président du groupe de la BM, Jim Yong Kim. Pour ce dernier, la croissance reste le principal déterminant de la réduction de la pauvreté, d’où l’inquiétude de la BM de la voir ralentir brusquement dans les pays en développement exportateurs de produits de base en raison de la faiblesse des prix dans ce secteur.
Le rapport relève que les marchés émergents et les économies en développement qui importent des produits de base sont plus résilients que les pays qui en exportent. Parmi les grandes économies de marché émergentes, la Chine devrait enregistrer un taux de croissance de 6,7% en 2016, contre 6,9% l’année précédente. L’économie indienne devrait poursuivre sa forte progression à 7,6% alors qu’on s’attend à des récessions bien plus marquées au Brésil et en Russie que ne l’indiquaient les chiffres de janvier. L’Afrique du Sud devrait, elle, afficher un taux de croissance de 0,6% en 2016, soit 0,8 point de pourcentage de moins qu’annoncé en janvier.
Passant en revue la situation en Afrique subsaharienne, la BM fait observer qu’il y a un ralentissement continu de la croissance, avec un taux de 2,5% attendu en 2016, contre une estimation de 3% en 2015. « L’hypothèse retenue est une faiblesse persistante des prix des produits de base, une baisse de l’activité mondiale et un durcissement des conditions de financement. Alors que les pays exportateurs de pétrole ne devraient pas voir leur consommation augmenter de façon substantielle, chez les importateurs de pétrole, le recul de l’inflation devrait stimuler la consommation des ménages », indique la BM. Cependant, celle-ci est d’avis que cet avantage pourrait être atténué par le renchérissement des produits alimentaires du fait de la sécheresse, le niveau élevé de chômage et la dépréciation des monnaies dans certains pays.
Par ailleurs, on s’attend à un ralentissement de l’investissement dans bon nombre de pays à mesure que les pouvoirs publics et les investisseurs réduisent ou repoussent leurs dépenses d’équipement dans un climat d’assainissement des finances publiques. Selon les prévisions de la BM, les dix meilleurs « performers » en Afrique subsaharienne pour la présente année seraient la Côte d’Ivoire (8,5%), la Tanzanie (7,2%), l’Éthiopie (7,1%), le Rwanda (6,8%), le Sénégal (6,6%), la Sierra Leone (6,5%), la République Démocratique du Congo (6,3%), le Cameroun (6%), le Kenya (5,9%) et le Mozambique (5,8%).