Le rapport Seebaluck tant attendu par les instituteurs n’a fait que renforcer leur frustration. Alors qu’ils s’attendaient à la correction d’une « mauvaise interprétation » du rapport de l’Errors, Omissions and Anomalies Commission (EOAC), aucune mention n’a été faite. Vinod Seegum, président de la Government Teachers Union (GTU) déclare que les instits n’ont « jamais été aussi déçus » et maintient le mot d’ordre pour la manifestation prévue le 1er mars à Port-Louis. Il annonce que pour la première fois le syndicat brûlera un rapport de la fonction publique.
« Jamais dans les annales les instituteurs n’ont été aussi en colère. Le rapport Seebaluck ne fait aucune mention de réparation après l’injustice qu’ils ont subi. Aujourd’hui, j’entame une série de démarches en vue de notre manifestation du 1er mars. Nous n’allons pas baisser les bras à ce sujet. » Vinod Seegum ne cache pas sa déception concernant le rapport Seebaluck rendu public vendredi dernier. Celui-ci était supposé corriger quelques erreurs dans la mise en pratique du rapport de l’EOAC. Toutefois, aucune mention n’est faite des instituteurs.
Dans son rapport de janvier 2013, l’EOAC, sous la présidence de Dev Manraj avait recommandé l’alignement salarial des instituteurs, possédant les mêmes diplômes que les profs du secondaire, avec ces derniers. Toutefois, il a fait mention d’« educators », titre que ne détiennent que ceux qui ont été recrutés récemment alors que ceux qui sont dans le service avant cette date ont toujours le titre de teacher/senior teacher. Conséquence : ces derniers, qui comptent plus d’années de service, n’ont pas bénéficié de l’alignement salarial. Ils espéraient que le rapport Seebaluck allait corriger cette « injustice », mais il n’en a rien été.
Depuis vendredi, la réaction des instituteurs sur les réseaux sociaux est des plus virulentes. Certains ont menacé de faire un go-slow à partir d’aujourd’hui, tandis que d’autres ont carrément prévu de prendre quelques jours de congé. D’autres encore disent leur intention de n’enseigner que ce qui est prévu dans le scheme of duty et d’ignorer « tous les projets imposés aux professeurs. »
Vinod Seegum, qui affirme ne pas partager toutes ces opinions, indique toutefois qu’il ne peut contrôler l’action de chaque instituteur. « C’est pour cela que je dis toujours que ce sont les enfants qui vont en faire les frais si les enseignants sont frustrés. »
Le président de la GTU invite les instituteurs concernés, qui seraient environ 6 000, à la contestation organisée. « Je demande à ceux qui se sentent lésés de venir nous rejoindre le 1er mars pour la manifestation, mais aussi les parents et les membres des PTAs car il y va de l’avenir de leurs enfants. »
Vinod Seegum dit ne pas comprendre comment « le gouvernement de Navin Ramgoolam qui a mis sur pied une Equal Opportunities Commission peut tolérer une telle injustice. » D’autant plus, rappelle-t-il, que le ministre de l’Éducation avait donné tout son support aux instituteurs sur ce dossier.
Lors de la manifestation du 1er mars, le rapport Seebaluck sera brûlé en public. « C’est la première fois que nous ferons un tel geste. Cela témoignera de la grosse colère des instituteurs. »
Un rassemblement est prévu devant le centre social Marie Reine de la Paix à 10 h 30 et la marche débutera à 11 h. Pour l’occasion, un front élargi regroupant différents syndicats du primaire a été constitué. Vinod Seegum invite ceux qui ne s’étaient pas encore décidés à faire le pas.