Le ministre de l’Énergie estime que les Mauriciens gaspillent trop d’énergie et qu’il faut changer ce comportement. « La pointe dans la consommation de l’électricité n’est plus dans la soirée maintenant mais dans la journée à cause de la climatisation. Nous avons donc besoin d’appareils qui consomment moins d’énergie. Le défi est là », a déclaré Rashid Beebeejaun hier lors de l’inauguration de quatre moteurs de production d’électricité d’une capacité de 15MW chacun à Fort Victoria, à Cassis.
« Nous devons gérer la demande et ne pas gaspiller l’énergie en laissant les lampes, de même que les appareils et autres équipements allumés tout le temps », a déclaré Rashid Beebeejaun, avant de rappeler qu’on a beaucoup parlé de l’énergie renouvelable à Maurice — à commencer par l’utilisation de la bagasse qui a permis d’atteindre jusqu’à 22 % de la production. « Il est cependant difficile de maintenir ce pourcentage parce qu’il n’y a pas assez de bagasse. On parle de la biomasse mais encore faut-il qu’elle soit renouvelable », a-t-il fait ressortir. Le vice-Premier ministre a souligné que les terres sont limitées à Maurice et qu’il est difficile de trouver de la place pour les stations de production d’électricité, que ce soit photovoltaïques ou éoliennes qui occupent beaucoup d’espace.
Selon Rashid Beebeejaun, il est très facile d’évoquer l’océan pour des projets de production d’électricité. « Encore faut-il maîtriser cette technologie ; et quel en sera le coût pour le public ? », s’est-il interrogé. Il estime qu’il ne vaut pas la peine d’acheter une unité d’électricité à Rs 25 alors qu’on peut en produire à dix fois moins cher. « Ici à Fort Victoria, nous avons quatre moteurs sur lesquels nous pouvons dépendre nuit et jour et quand on veut. La photovoltaïque est encore très chère et connaît un problème de stockage. Comment produire de l’électricité sans soleil durant deux jours en cas de cyclone ? »
Pour le président du conseil d’administration du CEB, Balraj Narroo, une fourniture d’électricité fiable et de qualité est un objectif important dans toute économie moderne et Maurice ne fait pas exception. « L’électricité constitue un élément essentiel dans la vie moderne et tout manquement à ce niveau ne pourra faire avancer la population », a-t-il déclaré. Pour lui, la mission du CEB consiste à fournir de l’électricité en quantité suffisante et à temps afin de satisfaire la demande qui croît de 4 % en moyenne chaque année. À cet effet, a-t-il poursuivi, le CEB doit continuer à planifier une capacité additionnelle de production afin de s’assurer qu’il n’y ait aucun risque de manque dans un proche avenir.
Concernant l’énergie renouvelable, « nous devons être réalistes car la part de cette énergie augmentera, certes, à l’avenir, mais nous ne pouvons penser que dans une petite île comme Maurice l’énergie renouvelable va remplacer l’énergie fossile du jour au lendemain », a déclaré le président du CEB. Selon lui, Maurice va malheureusement continuer à dépendre en grande partie de l’huile lourde et du charbon ou d’un mélange énergétique pour sa production d’électricité.