« Les employés ne peuvent faire les frais d’un projet gouvernemental qui occasionne des embouteillages monstres, provoquant ainsi le retard de nombreux employés au travail », estime le président de la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP). Lors d’une conférence de presse ce matin, Rashid Imrith a fait appel à la compréhension des autorités envers les employés, demandant un « délai de grâce » exceptionnel. La FSSP réclame aussi un comité de vérité sur les allégations de brutalité policière.

« Le gouvernement doit comprendre les difficultés auxquelles sont confrontés les employés à qui on menace de déduire les heures de retard de leurs congés ou de leur salaire », explique Rashid Imrith, le président de la FSSP. Il ajoute : « Les employés travaillant sur Port-Louis et ceux devant passer par la capitale ou par Beau-Bassin/Rose-Hill font face depuis hier à un problème extrême d’embouteillage. Beaucoup se sont tournés vers nous pour se plaindre. Le ministre Nando Bodha demande la compréhension du public mais le gouvernement doit comprendre les difficultés des employés. Beaucoup ont peur que les retards accumulés dans le trafic soient déduits de leur salaire ou de leurs congés s’ils accumulent plus de cinq jours de retard. » Il lance ainsi un appel au gouvernement pour que « les employés n’en fassent pas les frais ».

Dans un autre volet de sa conférence de presse, le président de la FSSP s’est dit préoccupé par le « fossé grandissant » entre l’institution incarnée par la force policière et la société. Fossé qu’est venu agrandir davantage le récent cas Gaiqui. « C’est grave si la société n’arrive plus à faire confiance à une institution aussi importante que la police. » Il regrette qu’en dépit de l’annonce dans le Budget 2013, selon laquelle la Mauritius Police Force deviendrait le Mauritius Police Service, « rien de tel ne s’est avéré ».

Pour la FSSP, « on a l’impression que la police a été formée pour s’aliéner de la société ». Rashid Imrith déplore que « des policiers aient justifié le traitement infligé à David Gaiqui ». Il poursuit : « Il y a des milliers de personnes qui sont désireuses d’exprimer leur sentiment de dégoût vis-à-vis d’un tel traitement de la police. » C’est ainsi qu’il propose la mise sur pied d’un comité de vérité sur les allégations de brutalités policières, qui donnerait ainsi l’occasion à ceux souhaitant exprimer leurs points de vue de venir le faire. « Le comité pourrait donner la parole à d’anciens policiers à la retraite car tant qu’ils travaillent encore, ils ont peur de s’exprimer », soutient-il.

Le comité, ajoute-t-il, aurait la responsabilité de se pencher sur la réforme de la formation dispensée aux policiers. « Cela doit être une formation qui pousse le policier à aller vers la société et non pour se couper du monde. Il faut une étude sociologique sur les policiers après leur formation, voir s’ils sont prêts à servir la société. Le président, lui, serait une personne neutre, un peu comme celui de la présente commission sur la drogue », explique-t-il.