Le trio General Workers Federation, Joint Negotiating Panel et Rezistans ek Alternativ, qui avait donné rendez-vous hier aux travailleurs à l’auditorium Octave Wiehe pour marquer les célébrations du 1er mai, a pris comme principales cibles le gouvernement de Navin Ramgoolam avec ses nouvelles lois du travail « bancales » et les syndicalistes « vendeurs ». Les intervenants ont également affirmé que les prochaines semaines seront déterminantes pour les travailleurs d’au moins trois secteurs clés avec les négociations à venir pour une hausse salariale et une amélioration des conditions d’emploi.
L’absence du PTr et de son allié PMSD des célébrations à l’occasion de la fête des travailleurs a occupé une place de choix dans les différentes interventions hier dans un auditorium Octave Wiehe comble. Le militant de Rezistans ek Alternativ et négociateur de la General Workers Federation Ashock Subron devait déclarer que ce 1er mai 2013 restera gravé dans l’histoire comme étant une date importante. « C’est la première fois dans l’histoire que le gouvernement au pouvoir refuse de célébrer la fête du travail. Son refus d’affronter la classe ouvrière en ce jour constitue un moment décisif de l’histoire et marque le basculement vers la droite, soit une mainmise du capitalisme sur le PTr », a-t-il soutenu.
Le gouvernement a également été pris pour cible à cause des amendements apportés aux deux lois cadres du travail le 9 avril dernier. « Si vremem PTr ti an dey akoz inondations ki fine fer 11 viktim, li pa ti bizin passe enn laloi travay bancal koum sa dan parlement », a poursuivi Ashock Subron. Il souligne qu’il a été demandé au président de la république Kailash Purryag de ne pas signer les deux amendements votés à l’Assemblée nationale récemment.
Les intervenants ont également évoqué les manoeuvres à venir dans des secteurs clés s’agissant des négociations pour de meilleures conditions de travail et une augmentation salariale. Au niveau du secteur portuaire, une motion a ainsi été présentée pour accorder un délai d’un mois, arrivant donc à terme le 30 mai, à la direction de la Cargo Handling Corporation Ltd pour qu’elle complète les négociations avec le syndicat majoritaire du port, la Port-Louis Maritime Employees Association, pour la révision salariale et des conditions d’emploi. Les travailleurs ont également voté hier pour entreprendre des actions de contestation appropriées, dont une grève légale sous les dispositions de l’Employment Relations Act, en cas d’impasse dans les négociations.
Désunion
Concernant l’industrie sucrière, les représentants syndicaux ont fait comprendre qu’une augmentation salariale de 40 % sera réclamée lors des prochaines négociations qui devraient débuter dans les semaines à venir. La motion du Joint Negotiating Panel de l’industrie sucrière de déclencher une grève pendant la coupe de 2013, en cas de deadlock, a été validée à l’unanimité hier.
Un autre secteur qui devrait retenir l’attention prochainement est celui du transport, avec une importante manifestation annoncée devant le bureau du ministre du Travail et des Relations Industrielles Shakeel Mohamed le samedi 3 août. L’Union of Bus Industry Workers (UBIW) accorde un délai de trois mois au National Remuneration Board pour compléter ses travaux et rendre publiques ses recommandations. Le même ultimatum est lancé à Shakeel Mohamed pour proclamer un nouveau Remuneration Order afin que les travailleurs du secteur du transport en commun bénéficient d’une augmentation salariale de 40 %. En parallèle, l’UBIW enclenchera des initiatives auprès des compagnies d’autobus pour s’assurer que les employés perçoivent une augmentation intérimaire dans l’éventualité où les travaux chapeautés par le NRB pour une révision salariale et des améliorations des conditions de travail ne sont pas complétés en trois mois.
L’animosité grandissante entre certaines figures de proue du mouvement syndical a occupé une place de choix dans les interventions hier. Les torts pour cette désunion majeure ont été attribués à Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé. « Zot pe dir soi-disant JNP ek GWF ki pe casse linité. Me li fausse. La division syndicale a toujours existé mais dans les années à venir le tandem JNP/GWF créera une unité qui fera peur au gouvernement. Dayer gouvernement inn fini koumans trembler », a soutenu avec véhémence Serge Jauffret.