Atma Shanto, négociateur de la Fédération des travailleurs unis (FTU) a annoncé qu’il entamera une grève de la faim le 12 mars prochain, soit le jour de la fête nationale. C’était hier lors du rassemblement syndical de la FTU au Jardin de La Compagnie où plusieurs dirigeants et porte-parole syndicaux sont intervenus. Se disant poussé à l’extrême, le syndicat parle de mesure extrême dans un contexte où la liberté syndicale est menacée.
Atma Shanto avait parlé d’une décision importante qu’il comptait annoncer lors du rassemblement syndical d’hier et qui prendrait forme à partir du 12 mars, soit le jour de la fête nationale. Le syndicaliste, qui a entretenu le suspense durant la semaine dernière, a finalement révélé qu’il entamera une grève de la faim à partir de cette date, lors du rassemblement, qui n’a pas attiré grand monde au Jardin de La Compagnie. « Mem zour, mem ler ki pou lev pavion dan Champ de Mars, mo pou komans mo la grev dan kiosk Jardin de La Compagnie », a-t-il déclaré en prenant le soin de préciser qu’il s’agira d’une grève illimitée. « On me pousse à l’extrême, donc j’irai à l’extrême », a-t-il souligné après avoir exprimé son soutien aux pêcheurs qui ont entamé le 18 février dernier une grève de la faim sous le même kiosque.
Le motif de cette grève : la violation de la liberté syndicale et les scandales qui ont secoué le monde du travail et de la classe syndicale. Lors de son intervention hier, Atma Shanto a évoqué les scandales qui ont fait couler beaucoup d’encre récemment, notamment dans le domaine de l’éducation. « Des parents investissent, parfois, par millions dans l’éducation tertiaire de leurs enfants, alors qu’ils ne sont même pas sûrs si le diplôme sera reconnu et ou encore moins si leurs enfants décrocheront un emploi une fois les études terminées », a-t-il affirmé.
Comme prévu, le négociateur de la FTU a abordé la révocation de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act, qu’il estime préjudiciables à la protection de l’emploi. En marge des prochaines élections générales, le syndicaliste devait lancer un appel aux travailleurs du secteur privé pour qu’ils interpellent les députés et les futurs candidats aux élections concernant l’avenir des lois du travail actuelles. Faisant le contraste avec la Labour Act qui précédait les deux nouvelles lois qui sont entrées en vigueur en 2010, Atma Shanto est d’avis que l’ancienne loi était davantage en faveur de la protection de l’emploi, notamment contre le licenciement dans le secteur privé. Déterminé à faire de son cheval de bataille les deux lois du travail, Atma Shanto a expliqué qu’il continuera à faire campagne contre ces dernières, jusqu’à, dit-il, qu’une vraie loi qui protège l’emploi voie le jour. L’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act, dit le syndicaliste, accordent davantage de pouvoir au patronat pour licencier comme bon leur semble. Selon lui, environ 25 000 employés du secteur privé ont été licenciés depuis que les deux lois du travail sont entrées en vigueur. Il en impute la responsabilité directe au Premier ministre Navin Ramgoolam et au ministre du Travail Shakeel Mohamed. Atma Shanto a également dénoncé, hier, le fait que le gouvernement n’ait pas fait mention de l’entrée en vigueur de nouvelle lois du travail dans leur manifeste électoral.
Le négociateur de la FTU a exprimé son inquiétude concernant le sort des employés des hôtels du groupe Apavou, dont certains étaient présents au rassemblement d’hier. Atma Shanto a également dénoncé la situation dans un hôtel de Belle-Mare où le HR Manager ferait la pluie et le beau temps et userait d’un langage déplacé envers les femmes. En attendant le 12 mars prochain, l’appel est lancé aux travailleurs de rester mobilisés et unis.