Des mesures mises en place par l’Éducation pour assurer la continuité du curriculum et des initiatives prises bien à l’avance par des écoles du secteur privé

Le premier trimestre a officiellement pris fin vendredi dernier

Pas question de confondre confinement et vacances scolaires ! Des cours débuteront à la télévision, sur les quatre chaînes de la télévision nationale. Ce lundi pour les enfants du primaire. Quant aux plus grands, le Student Support Programme est déjà mis en ligne sur le site du ministère de l’Éducation. Ces mesures, qui interviennent un peu tard, sont cependant essentielles, dans la mesure où l’on ne se sait encore quand les écoles vont rouvrir leurs portes.

À partir de ce lundi la télévision aura une autre vocation au sein des familles dont les enfants sont scolarisés en primaire. Les quatre chaînes locales de la Mauritius Broadcasting Coorporation (MBC) seront dédiées à la pédagogie et diffuseront des cours pour permettre aux écoliers de poursuivre le programme du calendrier scolaire. Celui-ci a été grandement perturbé depuis la rentrée du 10 janvier. D’une part, à cause des intempéries au cours des premiers mois de l’année et, d’autre part, la pandémie mondiale du coronavirus oblige. Officiellement, le premier trimestre dans les deux secteurs, primaire et secondaire, a pris fin vendredi dernier. Et le deuxième trimestre devrait démarrer le 20 avril. Mais à ce jour, les dates clés du calendrier scolaire sont hypothétiques. Personne ne peut avancer avec certitude, voire de manière aléatoire, la reprise des classes. Et lorsque la réouverture des écoles sera rendue possible, il faudra compter au moins un jour pour préparer les salles de classes, tout désinfecter avant le retour des enfants.

Pour l’instant, le souhait de renvoyer le modular assessment pour les matières suivantes : histoire/géographie et science comptant pour le Primary School Achievement Certificate, programmé pour le mois d’août, est assure-t-on une nécessité. Par contre, à ce stade, le renvoi des examens du PSAC n’est pas envisagé. Et une fois le retour à la normale, il faudra se préparer à un nouveau calendrier scolaire. En effet, le principal syndicat des enseignants du primaire, la Government Teachers’ Union, demandera un réajustement du calendrier scolaire. « Il faudra remplacer les jours perdus. Sans doute réduire les vacances scolaires. Je sais que cela ne fera peut-être pas l’unanimité, mais nous n’aurons pas le choix », déclare le président de la GTU, Vinod Seegum. Cette dernière possibilité sera discutée dès que possible.

Une centaine d’enseignants bénévoles pour ce projet

Le plan de rattrapage du ministère de l’Éducation arrive près de trois semaines après la décision du gouvernement pour un confinement national. Est-ce que les autorités de l’éducation sont en retard dans leur démarche ? Oui ! Déjà aucun plan de rattrapage n’avait été envisagé pour les jours perdus à cause du mauvais temps. On comptait sur des enseignants pour y remédier pendant les heures de classe. Aussi, entre-temps, des initiatives ont été prises par des enseignants via leurs syndicat et des radios privées pour dispenser des cours à travers les ondes.

Pris par le temps et quasiment au pied du mur, le ministère de l’Education et ses partenaires, le Mauritius Institute of Education (MIE), l’Open University of Mauritius, ont dû mettre les bouchées doubles pour mettre en place un programme soutenu par une logistique informatique et audiovisuelle. Dans un autre temps, nous avons appris que les autorités qui envisageaient l’enregistrement en direct des programmes avec des enseignants du primaire à l’Open University of Mauritius se seraient heurtées à une réticence de ces derniers. « On est en période de confinement, les enseignants ne veulent pas prendre le risque de sortir », nous dit une source. Finalement, les travaux des quelque 100 enseignants qui participent bénévolement à ce projet sont d’abord validés par le MIE, tandis que l’Open University of Mauritius s’est assuré de la rédaction et la mise en forme du programme.

Par ailleurs, toutes les matières seront dispensées à la télévision. Toutefois, il y aura des enfants qui n’auront pas accès au cours retransmis à la MBC faute de téléviseur dans leurs foyers. Ou encore pour des raisons de négligence. Dans ce cas, Vinod Seegum assure qu’à la reprise des classes, les programmes, enregistrés, seront à nouveau diffusés à l’école. Car malgré le système mis en place, il faudra reprendre le curriculum là où il a été interrompu. De son côté, le Service diocésain de l’éducation Catholique (Sedec) s’aligne sur le programme proposé par le ministère de l’Éducation. Le Sedec invite les parents d’élèves à consulter son site en ligne (www.sedec.mu) pour des informations et suggestions pédagogiques complémentaires.

Des enseignants, essentiellement dans le secteur primaire et secondaire privé n’ont pas attendu la mise en place du plan des autorités pour communiquer avec leurs élèves et assurer la continuité du curriculum. « Mes filles sont au collège. Depuis qu’elles sont à la maison, bien avant le confinement, leurs enseignants leur envoient des devoirs par WhatsApp », confie une maman. Une autre explique : « L’école de ma fille lui envoie ses devoirs de la semaine par matière le dimanche soir. Les profs d’Arts and Crafts font même des suggestions de créations et ceux de musique envoient une playlist. Les parents reçoivent un guide et une feuille de réponses pour conduire les exercices. Je trouve que l’école s’est très bien organisée. »

Pour les plus petits, les parents avisés organisent une demi-journée pédagogique. « Après le petit-déjeuner à 9h, on passe aux activités scolaires jusqu’à 11h30. Et le reste de l’après-midi est consacré à la famille », explique la maman d’un petit garçon de six ans.