En décembre de l’année dernière nous vous proposions le portrait d’Ameerudheen Khodabacus, un jeune étudiant à la veille de ses examens pour devenir gradué. Il nous faisait part de ses appréhensions pour pouvoir obtenir un emploi. Mercredi dernier il a publié le texte suivant pour raconter la suite de son parcours sur Youth Seal, un nouveau blog destiné aux jeunes lancé pour marquer l’anniversaire de l’indépendance de Maurice :  http://youthsceal.wordpress.com/2014/03/12/la-ruee-vers-lor/
Paru dans Week-End du 21 juillet 2013, un article intitulé « Ameerudhen Khodabacus: Un futur gradué qui redoute de devenir chômeur ». Cet article laisse transparaître mes incertitudes face à la décroissance des opportunités d’embauche dans le pays. Fin juillet, je sors de mon dernier examen soulagé, de l’espoir plein la tête. Dès l’annonce des résultats, je scrute quotidiennement les journaux et postule pour pas moins de 100 opportunités d’embauche dans l’optique de décrocher un emploi.
Six mois plus tard, le chômage rythme toujours mon quotidien. Expérience difficile, voire dramatique pour les 5000 d’entre nous, jeunes gradués chômeurs. Je vis difficilement le fait de me sentir inutile, vivant toujours aux crochets de mes parents et incapable, malgré mes efforts, de trouver un emploi. Des entretiens d’embauche, j’en compte six. Quatre qui n’ont pas abouti et deux dont j’attends toujours une réponse (positive, espérons-le). Nous sommes au moins trente, issus d’une classe de quarante qui peinent à se tailler une place sur le marché du travail.
On entend souvent dire que si les chômeurs le voulaient vraiment, ils pourraient trouver du travail. Il existe certainement pleins d’opportunités dans des secteurs en ébullition (BPO ou TIC). Cependant, un emploi dans le secteur des BPO ne me procure aucune expérience de la gestion (étant détenteur d’un diplôme en gestion) et qu’importe l’expérience acquise, le manque d’expérience professionnelle sera toujours une de mes lacunes. Rappelons-le, la raison pour laquelle nous (jeunes gradués) sommes recalés aux entretiens est souvent associée à notre manque d’expérience. Que faire dans ce cas, rester inflexible (et chômeur) ou prendre un emploi qui ne requiert aucun diplôme?
Six entretiens plus tard, mon salaire d’attente se rapproche plus de la fourchette des huit à dix milles (au placard les attentes de 10-15 milles). Aujourd’hui, mon but primaire est de restituer ce sentiment d’utilité en trouvant un emploi. Le scénario idéal serait de rejoindre l’équipe de la Compagnie Mauricienne de Textile (d’ailleurs j’y ai déjà postulé). Faute de mieux, je me dévouerai corps et âme à quelconque offre d’emploi d’ici juillet. Je ne peux plus m’infliger cette désolation et je dois aussi répondre aux exigences économiques de ma famille car papa est dorénavant au chômage.
Je vous laisse en espérant que la lumière au bout du tunnel commencera enfin à apparaître. Je croise les doigts pour qu’il ne s’agisse pas de la lumière d’un train!
Ameerudheen Khodabacus