Le Criminal Code (Amendment) Bill visant à autoriser l’avortement dans des cas spécifiques a été adopté par 50 voix contre 14. Pour Lindsey Collen, de la plateforme en faveur du projet de loi sur l’avortement, ce vote représente une liberté pour la femme et envers les forces socioreligieuses.
Selon Lindsey Collen, le vote massif en faveur du projet de loi démontre que les parlementaires sont sur la même longueur d’onde que la majorité de la population. Analysant la prise de position des différents partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, elle note que le Parti travailliste est en faveur de l’avortement dans certains cas à 100 %, le PMSD et le MSM à 90 %, le MMM à 50 % alors que les partis d’Éric Guimbeau et de Cehl Meeah sont à 100 % contre.
Lindsey Collen est d’avis qu’il y a eu un grand écart au niveau de la qualité des discours entre ceux qui sont pour le projet de loi et ceux qui sont contre. « Mais ce que je retiens surtout c’est que nous avons été capables d’amener le débat à un très haut niveau, malgré les pressions socioreligieuses. C’est pour cela que je considère ce vote comme une double victoire. »
Mme Collen souhaite ainsi que cette même ouverture d’esprit puisse s’appliquer dans d’autres circonstances également. Elle trouve malheureux qu’au même moment où les parlementaires ont démontré qu’ils pouvaient surmonter les pressions socioreligieuses, l’on est toujours marqué par l’affaire Susheela Raman. Elle exprime son inquiétude par rapport à un courant « multi-intégriste » observé à l’Assemblée nationale.
La loi adoptée, le front commun s’attend maintenant à ce qu’elle soit promulguée et appliquée le plus rapidement possible. Même si toutes les femmes souhaitant se faire avorter ne sont pas concernées par cette loi, Lindsey Collen soutient qu’il y aura moins de tabou sur la question et que les gens en parleront plus ouvertement. « Outre les femmes qui se situent parmi les cas spécifiques et qui pourront aller à l’hôpital, il y aura toujours celles qui ne sont pas dans ces catégories, mais qui ont les moyens d’aller en clinique pour se faire avorter. Pour celles qui auront recours aux pratiques artisanales, elles auront sans doute plus de courage pour en parler si jamais des complications interviennent. »
Lindsey Collen souhaite que la nouvelle loi permette la vente de vrais comprimés abortifs et que les femmes n’aient plus à acheter du Cytotec au marché noir.