Les résultats de l’enquête menée au cours du deuxième trimestre 2014 par FinMark Trust auprès d’un échantillon de quelque 4 000 adultes à Maurice et à Rodrigues indiquent un taux d’inclusion financière de 90%, soit le niveau le plus élevé au sein du bloc économique de la SADC (Southern African Development Community). L’étude a également démontré que 85% de la population adulte sont bancarisés mais qu’un grand nombre de ces personnes (52%) est friand des jeux de hasard et que 3% des dépenses mensuelles sont consacrées à ce jeux aussi bien qu’aux paris sur les courses hippiques entre autres.
Présentée récemment aux autorités régulatrices et aux acteurs du secteur des services financiers à Maurice, la FinScope Consumer Survey 2014 porte essentiellement sur l’évaluation de l’accès aux services financiers à Maurice et sur l’identification des barrières qui empêchent les fournisseurs de produits et services financiers à atteindre les personnes qui sont les plus pénalisées et qui ont grandement besoin d’un meilleur accès à ces produits et services. Développée par FinMark Trust, l’enquête vise entre autres, à établir les sources de revenus des individus et la façon dont ces derniers les gèrent. L’enquête FinScope donne également un aperçu des attitudes et perceptions à l’égard des produits et services financiers.
Menée du 30 mars au 22 juin 2014, l’étude a été basée sur un échantillon national représentatif de 4000 adultes âgés de 18 ans ou plus. L’échantillon est représentatif au niveau national, urbain / rural et régional. « L’étude a révélé que le niveau de l’inclusion financière est élevée à Maurice, avec seulement 10% des adultes de 18 ans ou plus classés comme financièrement exclus : ceux qui n’utilisent aucun produit /service financier formel ou informel pour gérer leurs ressources financières », souligne FinMark Trust.
Au total, 85% de la population adulte sont bancarisés. De plus, 49% utilisent des produits et services non bancaires alors que 26% ont recours à des mécanismes informels pour gérer leurs finances. L’enquête démontre que 88% des adultes sont classés comme formellement servis et que 2% sont servis de manière informelle. Les auteurs du rapport notent que seulement 1,2% des adultes font usage de comptes bancaires qui ne sont pas inscrits en leurs noms. De ceux qui sont exclus du système bancaire, les principaux obstacles évoqués sont : insuffisance d’argent (59% des personnes concernées) et solde inadéquat après provision pour les dépenses (29%).
« Le niveau de l’inclusion financière est plus élevée chez les hommes (94%) que chez les femmes (86%). Il y a très peu de différence dans les niveaux d’inclusion globale des adultes dans les régions urbaines (91%) et rurales (90%) ou entre Rodrigues (87%) et Maurice (90%) », souligne FinMark Trust.
L’incidence élevée de l’épargne
L’étude a révélé que 30% des adultes à l’île Maurice n’épargnent pas. Ceux qui placent leurs économies dans une banque sont au nombre de 61%. On relève également que 4% des adultes se tournent vers d’autres mécanismes formels d’épargne non bancaires et que 3% préfèrent garder leurs économies à la maison.
Les résultats montrent que dans les 12 mois précédant l’enquête, environ la moitié (52%) des adultes à Maurice ont prétendu qu’ils avaient emprunté de l’argent ou ont acheté des marchandises à crédit. Ils sont 27% à avoir emprunté de l’argent auprès d’une banque et 7% à avoir obtenu des crédits hors du secteur bancaire. Bien que la majorité (75%) des Mauriciens considèrent l’assurance comme une protection en cas de problèmes, on remarque que 62% des adultes n’ont pris aucune couverture de risque. Deux adultes sur cinq ont un certain produit financier couvrant un risque défini. Les obstacles à la prise d’une police d’assurance sont principalement liés à des raisons d’accessibilité. En ce qui concerne des mesures en vue de se protéger contre les risques non définis, l’étude a démontré que les deux stratégies mentionnées pour faire face aux dépenses pendant la vieillesse étaient la pension offerte par l’État (63%) et l’utilisation des économies propres (37%).
Le transfert de fonds de et vers Maurice est faible, indique le rapport. Seulement 6% des adultes sont concernés. Pour ce qui est du « mobile money », on constate que parmi les 84% de Mauriciens adultes qui utilisent le téléphone portable, seulement 2% sont enregistrés comme utilisateurs de « mobile money ». Ce faible taux est expliqué par le manque d’informations sur ce type de service.
FInMark Trust est d’opinion que, bien qu’il soit élevé, le niveau de l’inclusion financière est affecté par la régularité de revenus vu que la plupart des produits financiers sont indexés sur la régularité des revenus. Le FinScope Consumer Survey révèle, par ailleurs, que 11% de la population ont une faible connaissance des produits financiers et que 21% n’ont pas des compétences financières de haut niveau. L’organisation de campagnes de sensibilisation aux produits et services financiers est recommandée.