Cela fait presque trois mois que La Plantation Hotel (SMEGH Ltée) est sous « receivership » pour cause de difficultés financières. Affirmant détenir des « informations troublantes » quant à la gestion de cet établissement, le président de la Fédération des travailleurs unis (FTU), Atma Shanto, réclame du ministère du Travail une enquête sur cet hôtel avant et après sa mise sous « receivership ». L’Organisation of Hotel, Private Club & Catering Workers Unity, qui représente les intérêts des 500 employés concernés, est affiliée à la FTU.
« Un sentiment de révolte anime les 500 employés de La Plantation Hotel qui fait partie du groupe Apavou », a affirmé Atma Shanto, lors d’une rencontre ce matin avec Le Mauricien. « Lors des réunions bilatérales avec les représentants de l’hôtel, ces derniers ont toujours affirmé que l’hôtel n’était pas en difficultés financières et qu’il continuait normalement ses opérations. Or, c’est donc avec surprise que nous avons tous appris que l’établissement avait été mis sous administration judiciaire (receivership) pour cause de difficultés financières ! La direction de cet hôtel n’a pas usé d’un langage de vérité avec ses employés », s’est-il indigné.
Selon Atma Shanto, les 500 employés de cet hôtel ont maintenant à faire face à un avenir incertain depuis que leur établissement a été mis sous administration judiciaire. « On aura beau leur dire que l’hôtel continue d’opérer normalement et que le Receiver-Manager recherche un repreneur, le fait est que ces employés sont dans un flou total et qu’ils savent que leur gagne-pain est en jeu et que cela n’augure rien de bon pour leur famille, qui ne peut plus désormais faire les plans d’avenir », explique-t-il.
En effet, l’appel d’offres pour la reprise de La Plantation Hotel expire le 30 avril prochain, affirme le syndicaliste. « Qui peut contempler l’avenir avec sérénité quand il ne sait pas ce qu’il adviendra de son emploi ? », se demande Atma Shanto.
Le président de la FTU se dit d’autant plus révolté qu’il dit détenir des informations « troublantes » à l’effet que les hauts responsables de cet établissement hôtelier se seraient livrés à des extravagances depuis la mise sous administration judiciaire de l’hôtel. « Il y aurait eu selon nos informations des recrutements, promotions, des créations de poste et même des augmentations mirobolantes de salaires ! », se révolte-t-il. « Il y aurait des cadres qui s’offriraient même des séjours et des célébrations à l’hôtel. Tout cela, alors que le petit employé ne sait toujours pas de quoi sera fait son lendemain », s’indigne-t-il.
Et Atma Shanto de réclamer par conséquent du ministère du Travail, une enquête sur la gestion de cet hôtel Apavou avant et après sa mise sous receivership. « Le ministre du Travail, Shakeel Mohamed, doit assumer sa responsabilité de protéger la sécurité d’emploi, le temps de service, les salaires ainsi que les conditions d’emploi de ces 500 employés, qui pendant des années, ont assuré le progrès et la prospérité de cet établissement hôtelier », explique-t-il. « La gestion de cet hôtel a manifestement été catastrophique et quelqu’un doit répondre de cela aux autorités et aux 500 employés honnêtes et travailleurs qu’on a spoliés. »