Commençons par une information pratique. La Commission électorale a débuté depuis vendredi l’exercice annuel de recensement des électeurs mauriciens. Quelque 2 500 officiers ont été déployés à travers l’île, et ce jusqu’au 14 février prochain, pour enregistrer les nouveaux électeurs, surtout ceux ayant atteint l’âge de 18 ans, et vérifier si les électeurs dont les noms figurent sur la liste électorale sont toujours en place.

Les expériences des dernières élections générales et de l’élection partielle dans la circonscription de Belle-Rose/Quatre-Bornes sont encore vives dans notre mémoire pour prendre la mesure de l’importance de cet exercice pour le bon fonctionnement de la démocratie parlementaire à Maurice. Lors de l’élection partielle dans la circonscription No 18, quelque 500 électeurs se sont en effet rendu compte à leur grande déconvenue qu’ils n’étaient pas inscrits ou qu’ils avaient été désinscrits. Le problème a, lors des élections générales, pris une dimension sans précédent lorsque 6 000 électeurs n’ont pu exercer leur devoir civique parce que leur nom aurait été enlevé de la liste électorale. On connaît les conséquences.

Puisque, dit-on, chat échaudé craint l’eau froide, c’est l’occasion aussi bien pour les électeurs que pour les autorités électorales de s’assurer que les problèmes constatés ne se répètent pas ou sont réduits au plus strict minimum. Même si en cette période de l’année les esprits des uns et des autres sont pris par les préoccupations les plus variées, il est du devoir de chaque électeur de s’assurer que son nom figure bien sur la liste en question en accueillant les “canvassers” et de respecter les procédures d’usage. De leur côté, les autorités électorales doivent comprendre que dans une démocratie qui se respecte, comme Maurice, les institutions doivent se mettre au service de chaque individu qui compose la population, et non le contraire. C’est la raison pour laquelle elles sont financées des fonds publics. Il serait trop facile de dire que les électeurs doivent assumer leurs responsabilités. Nous nous attendons à ce que la commission déploie tous les moyens possibles et imaginables pour s’assurer que chaque détenteur d’une carte d’identité nationale puisse avoir son nom sur la liste électorale. En plus du déploiement des enquêteurs, des facilités doivent être mises en place pour permettre à chacun de s’inscrire, que ce soit dans les bureaux de poste, les postes de police, les Citizen Advice Bureau, la Citizen Support Unit, le ministère de la Sécurité sociale, sans compter les moyens de communication que sont les SMS, l’Internet, etc. No stone shall be left unturned. Plus important, le nom d’aucun électeur disposant d’une carte d’identité ne doit pas être enlevé de la liste électorale dans une circonscription sans s’être assuré au préalable qu’il s’est enregistré ailleurs. Il est souhaitable que les associations qui ont émergé pour faire entendre la voix des non-inscrits dans le sillage des élections générales encouragent ceux qui les ont suivies à se faire enregistrer.

Il est intéressant de noter que la Commission électorale a une série de procédures à suivre à partir du 1er avril pour permettre à tout un chacun de vérifier si son nom figure sur la liste. De plus, le public a également la possibilité de protester contre la présence de certains noms figurant sur la liste électorale jusqu’à juin. On apprend tous de nos erreurs. Souhaitons que tout soit fait pour que le recensement et la publication de la liste officielle des électeurs en août prochain soient réalisés dans les meilleures conditions possibles.

À un tout autre registre, l’apparition du coronavirus à Wuhan, capitale de la province de Hubei en Chine, et qui fait trembler le monde constitue une démonstration de la vulnérabilité et de la précarité de la race humaine indépendamment des idéologies, des religions, des puissances économiques, politiques et militaires. L’apparition d’un virus dans n’importe quelle partie du monde, comme c’est le cas en Chine, peut du jour au lendemain mettre en péril toute l’humanité. La nature nous réserve bien des surprises. Les défis qui se présentent à nous ne peuvent être surmontés que par le biais de la solidarité humaine symbolisée, dans le cas présent, par l’OMS. À Maurice, la situation a jusqu’ici été sous contrôle avec les moyens dont nous disposons malgré quelques tâtonnements. Souhaitons que nous puissions traverser cette crise sanitaire sans trop de dégâts.