Glaces et glaciers fondent à) une vitesse accélérée depuis quelques années avec un effet sur la hausse du niveau des mers

La COP25 est terminée. Et bien que les Nations Unies estimaient, avant son ouverture, qu’il s’agissait là de notre dernière chance, dans les faits, la planète, elle, n’a que faire de nos tergiversations politiques. Les scientifiques mettent d’ailleurs en garde : certes, la planète est déjà dévastée, mais ce n’est encore que le début. Au programme notamment : hausse de la chaleur, migration climatique, multiplication des phénomènes extrêmes, fonte des glaces, hausse du niveau des océans et disparition d’écosystèmes…

Records de chaleur, multiplication des catastrophes météo, fonte des glaces, déclin de la nature… Les preuves de l’impact dévastateur des activités humaines sur la planète s’accumulent, attestant de l’urgence à agir, en particulier contre le dérèglement climatique.

En moins d’un an, quatre rapports des scientifiques de l’Onu sur l’état de la planète ont sonné comme des coups de tonnerre réveillant des citoyens du monde entier. Un constat alarmant censé mettre la pression sur les signataires de l’accord de Paris sur le climat, et qui se sont réunis du 2 au 13 décembre à Madrid pour la COP25. Mais est-ce que ce sera suffisant ? N’est-il pas déjà trop tard ?

Concernant la chaleur, il faut en effet savoir que les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur la planète. Avec notamment le mois le plus chaud de l’histoire en juillet, 2019 va rejoindre le top 5, selon l’Onu. Et ce n’est hélas que le début. Le monde a gagné environ 1°C depuis l’ère préindustrielle. Mais si le mercure continue de grimper au rythme actuel sous l’effet des émissions de gaz à effet de serre, le seuil de +1,5°C, objectif idéal de l’accord de Paris, devrait être atteint entre 2030 et 2052, selon les experts climat de l’Onu (Giec).

Même si les États tiennent leurs engagements de réduction d’émissions, ce sera au moins +3°C d’ici la fin du siècle, alors que chaque demi-degré supplémentaire augmente l’intensité et/ou la fréquence de catastrophes météo comme les canicules, les tempêtes, les sécheresses ou les inondations. En outre, des scientifiques qui travaillent sur de nouveaux modèles climatiques, et qui serviront de base au prochain rapport du Giec de 2021, laissent présager d’un réchauffement encore plus prononcé que prévu, avec un scénario du pire de +7°C en 2100, soit un degré de plus que les estimations précédentes.

Dans le même temps, dans d’autres régions, les périodes de sécheresse s’allongent provoquant la disparition de nombreuses espèces végétales et animales.

Calamités à gogo.

Autre constat : les catastrophes se multiplient. Canicules exceptionnelles en Europe, incendies monstres en Sibérie ou en Australie, cyclone Idai au Mozambique, Venise sous l’eau… Même s’il est difficile d’attribuer une catastrophe spécifique au dérèglement climatique, la multiplication déjà en cours des phénomènes extrêmes reflète les prévisions des scientifiques. Et l’avenir sera encore plus sombre.

Dans un monde à +1,5°C, les épisodes de fortes précipitations seront plus fréquents, intenses et/ou abondants, selon le Giec. La fréquence et l’intensité des sécheresses devraient aussi augmenter. Et encore un demi-degré supplémentaire causerait des différences d’impact “nettes”. Ainsi, même si le plafond de +2°C, objectif minimal de l’accord de Paris, est respecté, la proportion des cyclones de catégorie 4 et 5 devrait encore augmenter.

C’est un fait, nous produisons toujours bien trop de CO2. Selon un récent rapport de l’Onu, les émissions de CO2 ont en effet progressé en moyenne de 1,5% par an ces dix dernières années. Pire : elles ne donnent aucun signe de ralentissement, alors qu’il faudrait qu’elles baissent de 7,6% par an, chaque année entre 2020 et 2030, pour espérer respecter la limite de +1,5°C. Fin 2018, les principaux gaz à effet de serre ont franchi de nouveaux records de concentration dans l’atmosphère, en particulier le CO2, avec 407,8 parties par millions (ppm).

Une des conséquences du réchauffement est la fonte des glaces, et avec elle, la hausse du niveau des océans. Selon le Giec, le niveau des mers a augmenté de 15 cm au 20e siècle. Le rythme de cette élévation s’accélère et le niveau des océans continuera à monter pendant des siècles, menaçant des zones côtières peu élevées où vivront d’ici 2050 plus d’un milliard de personnes.

Point de bascule.

Même si le monde parvient à réduire fortement les émissions, la hausse des océans pourrait atteindre 30 à 60 cm d’ici 2100. Et 60 à 110 cm si les émissions continuent d’augmenter. Cette élévation est due principalement à la fonte des glaces. Les deux calottes glaciaires, en Antarctique et au Groenland, ont perdu en moyenne 430 milliards de tonnes chaque année depuis 2006. La banquise de l’Arctique rétrécit aussi et de nombreux glaciers de montagne pourraient disparaître.

Des scientifiques craignent également qu’au-delà de certains seuils, la planète bascule dans un état durable d’étuve, même si on parvient à réduire les émissions. Selon un texte publié récemment dans la revue scientifique Nature, 9 de ces 15 points de bascule sont dangereusement proches, notamment celui lié à la fonte du permafrost. Cette fonte, au-delà d’une certaine température, conduirait à libérer inéluctablement des quantités énormes de gaz à effet dans l’atmosphère.

Et nous ne sommes pas les seuls concernés par cette catastrophe. Mais aussi les autres espèces vivantes, animales et végétales. Sans compter que l’homme n’est pas responsable uniquement du climat détraqué car son exploitation sans précédent des ressources naturelles, en particulier pour nourrir une population croissante, conduit en parallèle à un déclin de la nature plus rapide que jamais.

Pratiques agricoles, exploitation forestière, pollution… Selon les experts biodiversité de l’Onu (IPBES), 75% de l’environnement terrestre et 66% de l’environnement marin sont dégradés. Résultat, un million d’espèces animales et végétales sont en danger de disparition, dont beaucoup dans les prochaines décennies. Autant de choses dont nous sommes responsables mais contre lesquels nous refusons d’agir.