La Journée mondiale pour la santé bucco-dentaire sera observée le samedi 19 mai. Le Dr Priti Pugo-Gunsam, Senior Lecturer et Nutritional Scientist à l’Université de Maurice, souligne ainsi l’importance de promouvoir la santé bucco-dentaire en vue de « prévenir les maladies systémiques ». Elle a effectué des travaux de recherche pour établir le lien entre l’alimentation, la santé bucco-dentaire et les maladies non transmissibles. L’un d’eux, publié conjointement avec Sheetal Banka (étudiante) dans le journal international Health Education, démontre que la plupart des Mauriciens n’ont pas une bonne hygiène dentaire.
« Les Mauriciens ne sont pas suffisamment informés de l’importance d’une bonne hygiène dentaire », estime le Dr Priti Pugo-Gunsam. En effet, cette spécialiste en nutrition et physiologie est d’avis que l’alimentation, la santé dentaire et les maladies non transmissibles sont directement liées. Des recherches effectuées dans ce domaine par le Dr Pugo-Gunsam et ses étudiants en MPhil ont pu démontrer ce lien. Notre interlocutrice est toutefois d’avis qu’il faut encourager encore plus de recherche dans ce domaine, au bénéfice de la population. « Il y a beaucoup de valeur dans ce que nous nous efforçons de faire à l’Université de Maurice. Nos connaissances issues de recherches doivent rejaillir sur la population dans son ensemble afin d’améliorer le quotidien du Mauricien », dit-elle.
Le Dr Priti Pugo-Gunsam souligne que bien que les Mauriciens ne le réalisent pas, notre alimentation a un effet direct sur nos dents. « Quand nous parlons à un nutritionniste, nous avons souvent tendance à parler de diète alors qu’il faut comprendre la nutrition dans son aspect scientifique et c’est cette compréhension qui nous amène à comprendre l’incidence de nos habitudes alimentaires sur notre santé. Nos choix alimentaires déterminent notre santé générale ». Si à travers de bonnes habitudes telles que la consommation d’une bonne dose de calcium et de phosphore nous pouvons protéger nos dents, une mauvaise nutrition peut causer des dégâts à nos dents.
« Le sucre et les boissons gazeuses sont fortement déconseillés car ils abîment nos dents avec la formation de caries qui entraînent d’autres maladies. Si une personne a déjà un terrain propice à des maladies non transmissibles telles que le diabète et les maladies cardiaques, c’est encore plus dangereux ». Ainsi par exemple, les bactéries qui prolifèrent en cas de déchaussement passent dans la circulation générale où elles peuvent créer des problèmes cardio-vasculaires. « Les Mauriciens ne sont pas suffisamment informés. Nous avons une alimentation typique qui correspond à notre génétique particulière et nous ne pouvons pas transmettre le style alimentaire de l’Europe », affirme-t-elle. Notre interlocutrice estime qu’il faut faire plus de recherches dans ce sens afin de comprendre la population pour une meilleure compréhension de la nécessité des soins bucco-dentaires en matière de dépistage, de prévention et d’association au traitement des maladies générales.
La Senior Lecturer a d’ailleurs publié conjointement avec une de ses étudiantes un travail de recherche dans ce domaine. Le papier a été publié dans la revue de santé internationale Health Education.
Le papier met l’accent sur la sensibilisation pour une bonne nutrition, une hygiène et mode de vie sains afin de prévenir les maladies systémiques. Ce papier révèle des données utiles pour élaborer des stratégies et formuler les politiques nécessaires pour la prévention des maladies non transmissibles reconnues pour être aussi liées aux problèmes bucco-dentaires. « C’est un papier issu de travaux ayant nécessité beaucoup de patience et de persévérance. L’Université de Maurice n’est pas encore une université médicale », souligne le Dr Pugo-Gunsam. Cette étude a ainsi évalué les indicateurs de santé bucco-dentaire sur différentes tranches d’âge de la population tenant compte de facteurs de risques et des déterminants sociaux, économiques et nutritionnels (voir hors-texte). Le Dr Priti Pugo-Gunsam souligne ainsi l’importance de positionner la santé bucco-dentaire au coeur de la santé générale. Récemment, dit-elle, la communauté scientifique a bien pris conscience de l’association entre les maladies bucco-dentaires et les maladies systémiques.