Le spécialiste des sciences de l’environnement, Vincent Florens, a publié jeudi dans la revue spécialisée australienne Nature, un courrier dans lequel il en appelle au soutien de la communauté scientifique internationale pour infléchir les nouveaux règlements imposés aux chercheurs et aux étudiants de l’Université de Maurice depuis avril 2011, concernant les observations et recherches de terrain dans les sites du Parc national de Maurice.
Des raisons de sécurité ont été invoquées pour justifier les restrictions horaires et de nouvelles procédures imposées aux enseignants et étudiants de l’Université de Maurice (UoM) dans le cadre de leurs investigations et recherches dans le parc national. Depuis avril 2011, les représentants de l’institution doivent en effet mener tous ces travaux dans le strict cadre des heures de bureau (de 9 h à 16 h) et seulement les jours de semaine, exception faite des jours fériés.
Toute demande pour travailler dans les stations de recherche du parc national, en dehors de ces horaires et la nuit, doit faire l’objet d’une permission spéciale, qui doit être requise des semaines ou des mois à l’avance, et ce sans garantie d’approbation. Depuis la mise en place de ces mesures, l’utilisation des stations dans le parc national est devenue impossible, selon Vincent Florens. Si la requête est approuvée, l’université doit payer des frais d’heures supplémentaires aux officiers du parc national. L’auteur fait remarquer que ces frais n’ayant pas été pourvus sur huit mois malgré les relances, il en est résulté une chute quasi totale des activités de l’UoM dans le parc national. Vincent Florens estime que ces politiques du gouvernement sont insensibles à l’expression temporelle des phénomènes biologiques. Il est de plus surprenant l’apprendre que, pendant ce temps, les biologistes étrangers ne sont pas soumis à ces restrictions…
Appel aux soutiens
Dans son courrier publié dans Nature, Vincent Florens estime que ces mesures sont en train de torpiller la possession et la durabilité des projets de conservation menés par l’UoM. Le professeur de l’université ne manque pas de rappeler le rôle crucial de cette organisation dans ce domaine, celle-ci ayant largement contribué au sauvetage des espèces et à la diversité biologique de Maurice ainsi qu’à la notoriété du pays dans ce domaine, par la mise en place de solutions techniques et d’études. Plus de cinquante projets de recherche ont ainsi été menés depuis 1990 par ses étudiants et chercheurs, et il est juste de dire que l’université a été à la pointe du « capacity building » pour la conservation à Maurice.
Vincent Florens lance donc un appel pour geler cette nouvelle politique particulièrement sélective et regrette que le dialogue avec l’université ait été complètement négligé. Toute personne prête à soutenir cette démarche est invitée à le contacter à l’adresse vin.florens@uom.ac.mu et ensuite à faire connaître son soutien auprès du directeur du Parc national de Maurice, sur mputtoo23@gmail.com ou encore mputtoo@mail.gov.mu et à l’assistant secrétaire permanent du ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire sur npayneeandy@mail.gov.mu. Ces soutiens appuieront les arguments de Vincent Florens lors de la prochaine réunion du Advisory Council du parc national de Maurice.