Mohamed Talha Ebrahim Atcha (12 ans) est sorti troisième de sa catégorie lors du concours international de récitation du Coran vendredi dernier au Caire en Égypte. Le jeune Mauricien a récité les six derniers siparas (25-30) du livre sacré avec Tawjid (NdlR : technique du chant du Coran). « C’est un grand cadeau qu’Allah m’a fait », affirme-t-il au Mauricien.
Seule une lueur dans son regard d’adolescent manifeste tout le bonheur ressenti après sa prestation au concours international de Caire où il s’est rendu en compagnie de ses parents. Dans l’enceinte de la Jummah Mosque hier après-midi, les visiteurs n’ont pu rester insensibles à la voix et à la grande maîtrise de la récitation d’un verset par Talha Atcha pour la télévision nationale en présence de son grand-père maternel Azize Kader.
Certainement fier de sa prestation – d’autant que pour la demi-finale du concours égyptien, qui a eu lieu jeudi, il s’était classé premier dans sa catégorie qui comprenait des jeunes âgés jusqu’à 24 ans –, Talha Atcha a un mot spécial pour son professeur à la Jummah Mosque, le Qari Mohamad Ali Fakii Noorani, la madrassah de la mosquée et ses parents. « J’avais vu une annonce dans un magazine hebdomadaire. J’en ai parlé à mon janab (NdlR : professeur). Je me suis inscrit et il m’a préparé pour le concours », fait-il ressortir. Une préparation qui a cependant commencé très tôt.
Talha Atcha, élève en Form I au collège Royal de Curepipe, a débuté son apprentissage pour la récitation du Coran dès l’âge de six ans à l’école coranique de la Jummah Mosque. Quelques années plus tard, soit vers 2009-2010, raconte-t-il, « je pouvais réciter les six derniers siparas par coeur. Aujourd’hui, je peux en réciter onze (du 20e au 30e) ».
Il s’agit là d’un travail rigoureux de l’apprenant. « Tous les jours, je vais au fadjr, prière faite à l’aurore. Après la salat, je reste à la madrassah jusqu’à 7 h 30 pour apprendre le Coran ». Talha Atcha nous explique qu’il apprend une demi-page ou trois-quart page du Coran par jour. « Le soir, je fais ma leçon et le lendemain matin, le janab nous demande de réciter ce que nous avons appris la veille mais aussi les autres parties apprises plus tôt pour ne pas les oublier. Nous apprenons avec Tawjid. »
Après ses cours matinaux à la madrassah, Talha Atcha se rend au collège où il passe une journée tout à fait normale en compagnie de ses autres camarades. Une fois rentré dans l’après-midi, il se repose, fait ses devoirs et apprend les passages du Coran. Le collégien aime jouer à des jeux sur son téléphone portable. Pour lui, le plus important consiste à savoir où l’on va et à pouvoir répartir son temps pour un bon équilibre. C’est d’ailleurs cela qui l’a aidé à réussir à ses examens du CPE au Notre Dame des Lorettes RCA avec le « soutien d’Allah ».
Enfant unique, Talha Atcha estime que la religion a une part importante dans la réussite de tout un chacun. « Nous bénéficions beaucoup de la religion qui nous permet d’avoir une bonne conduite et nous aide dans l’organisation de nos activités, dont académiques. Nous apprenons à tout faire avec amour. Ainsi, nous réussissons ce que nous faisons. »
Selon notre jeune interlocuteur, l’apprentissage de la récitation du Coran peut sembler difficile. D’ailleurs souvent ses amis le lui disent. Cependant, il constate que lorsqu’« on commence à le faire, avec le soutien d’Allah et le travail, ça devient facile. Allah nous aide ». Talha Atcha encourage ainsi les jeunes à pratiquer leurs religions. Pour sa part, il ne compte pas s’arrêter là. Il poursuit son apprentissage avec pour but de devenir hafiz, celui qui maîtrise la récitation du Coran par coeur.