Le leader du MMM Paul Bérenger a souhaité samedi que le judiciaire accède à la demande du leader du MSM, Pravind Jugnauth, après l’inculpation de ce dernier dans le cadre de l’affaire Medpoint. « Nous faisons confiance à notre judiciaire contrairement à la Malaisie où le judiciaire est totalement politisé. Je ne serais pas étonné que l’ICAC invente d’autres affaires avant les élections générales », a-t-il avancé, estimant qu’après les prochaines élections, les principaux concernés auront à rendre des comptes. « Je suis certain que le judiciaire prendra tout en considération à la suite de la requête de Pravind Jugnauth pour un early trial », a ajouté Paul Bérenger.
Commentant le projet de réforme électorale, Paul Bérenger a observé que Navin Ramgoolam a pris l’engagement de rendre public le Livre blanc sur la réforme électorale avant la rentrée parlementaire. Il a reconnu que le ton utilisé dans le message du Premier ministre à la nation le 12 mars était correct. Cependant, une ambiguïté subsiste, a-t-il estimé. Pour lui, l’association de la réforme électorale avec la réforme constitutionnelle et la 2e République est la meilleure façon de renvoyer le projet de réforme électorale « aux calendes londoniennes… ». Et le leader du MMM d’ajouter : « Attendons le white paper. S’il contient des éléments positifs nous insisterons pour qu’il vienne avec un texte de loi au Parlement. » Il a, dans le même souffle, précisé que ce qui se passe concernant le réforme électorale n’aura aucun impact sur le Remake même si le Premier ministre présente un texte de loi qui est adopté au Parlement.
Évoquant la présentation par le gouvernement de la candidature de Jean Claude de l’Estrac comme candidat à la succession d’Abdou Diouf en tant que secrétaire général de la francophonie, Paul Bérenger a fait remarquer qu’il aurait été très content si un Mauricien parvenait à prendre la tête de la Francophonie. Toutefois, il estime que les choses ont été « mal engagées ». Il s’étonne qu’il n’ait pas été consulté en tant que leader de l’Opposition et qu’on ne lui ait pas demandé son soutien avant que la demande ne soit soumise. « I’m not happy at all », a-t-il affirmé dans ce contexte.
Au sujet de la Malaisie, Paul Bérenger a rappelé que le MMM n’a préconisé ni la rupture des relations diplomatiques avec ce pays ni un boycott de la visite de son Premier ministre. Samedi dernier, j’ai eu l’occasion de présenter mes sympathies à toutes les personnes affectées par la disparition du Malaysian Airline. Il a rappelé avoir évoqué la fermeture possible de l’ambassade mauricienne en Malaisie pour deux raisons : « La norme diplomatique veut qu’il y ait une réciprocité concernant l’ouverture d’une mission diplomatique et qu’il était normal que la Malaisie ouvre une ambassade à Maurice. Ensuite, il fallait tenir compte des problèmes financiers. Il était urgent d’ouvrir une ambassade en Arabie Saoudite avec comme premier ambassadeur Siddick Maudarbaccus, représentant de Rabita à Maurice. De plus, interrogé à ce sujet, le ministre malaisien a estimé que le gouvernement avait des problèmes budgétaires.
De toutes les façons, un gouvernement de Remake ouvrira une ambassade en Arabie saoudite.
Par contre, ce qu’on vous dit est que la Malaisie n’est pas une vraie démocratie du fait que les élections sont truquées. De plus, le judiciaire est manipulé par le pouvoir politique. D’ailleurs, The Economist dans un article paru hier évoque la même chose. »
Paul Bérenger a également soutenu que le parti auquel appartiennent les politiciens, qui sont victimes de persécution en Malaisie, est membre de l’Internationale Socialiste. « La Democratic Action Party a écrit à tous les membres de l’Internationale socialiste pour solliciter leur solidarité concernant les dernières persécutions. Nous nous réservons le droit d’évoquer ce problème à l’Internationale Socialiste », laisse entendre le leader mauve.
Paul Bérenger a finalement demandé la révocation de l’ambassadeur mauricien à Kuala Lumpur.
Par ailleurs, le comité central du MMM a approuvé samedi le projet de Remake par bulletins secrets. Le projet de Remake a été adopté par une majorité de 34 contre 5 et une abstention. Ce dossier sera porté à nouveau devant l’Assemblée des délégués samedi prochain.