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Il y a trop de chauves-souris à Montagne-Longue et dans ses environs, selon des planteurs de litchis. « Il n’y a pas eu de cyclone depuis plus d’une décennie et le nombre de chauves-souris a considérablement augmenté. Nous estimons qu’il y en a environ 50 000 qui ravagent nos vergers d’année en année », déclare Rajen Hemoo, planteur et porte-parole des planteurs de la région. D’où sa requête auprès des autorités pour que l’abattage de ces animaux se poursuive.

Rajen Hemoo est catégorique : « Le nombre de chauves-souris est assez élevé et la mise à mort d’un certain nombre d’entre eux ne provoquera certainement pas leur extinction. » Mais de préciser que les planteurs ne sont cependant pas pour l’élimination ou l’extinction des chauves-souris. Selon ce planteur, la création d’un verger de litchis n’est pas une mince affaire et nécessite un investissement lourd. Il faut, dit-il, environ sept ans à un arbre de litchis pour atteindre le stade de production, et cela au coût de Rs 200 000 par hectare, somme que les planteurs doivent emprunter auprès des banques. « Il faut préparer le sol, acheter les plantes, irriguer et fertiliser pendant des années. Il nous faut aussi une main-d’œuvre importante qui devient rare », dit-il.

Et de rappeler que de nombreux planteurs ont diversifié leurs activités en investissant dans la culture de litchi, suite à la baisse du prix du sucre. Malheureusement, ajoute M. Hemoo, ils doivent maintenant faire face aux dégâts causés par les chauves-souris. « Les planteurs doivent également surveiller leurs vergers pendant toute la nuit pour chasser ces animaux au prix de beaucoup d’efforts et de sacrifices », affirme-t-il. Certains planteurs, souligne notre interlocuteur, n’ont pas récolté de fruits pendant trois années consécutives.
Ces dernières années, estime M. Hemoo, « plus de 50% de la production d’un arbre sont dévastés par les chauves-souris, et même l’installation des filets couvrant les arbres ne les arrête pas ». Le coût de ces dégâts causés aux vergers serait, selon lui, énorme pour le pays, qu’il estime à environ Rs 250 M par an.

Rajen Hemoo relève que la situation des fruits locaux, pas seulement celle de litchis, devient de plus en plus grave. « Autrefois, ces animaux ne s’attaquaient qu’aux litchis. Maintenant, ils mangent aussi d’autres fruits, comme la mangue, le longane, le fruit à pain, la banane et la prune, entre autres. D’où la pénurie de fruits locaux sur le marché. Les exportations sont également moins importantes, ce qui entraîne une perte de recettes en devises pour le pays », souligne-t-il. Selon lui, ces animaux constituent une menace sérieuse pour la culture des fruits à Maurice, ce qui décourage les planteurs.

Rajen Hemoo soutient que la baisse dans la production de fruits à Maurice n’est pas due au changement climatique et aux attaques des oiseaux. « Les dégâts énormes causés par les chauves-souris sont très évidents. Nous voulons un équilibre raisonnable entre le nombre de chauves-souris et les pertes que nous subissons », lâche-t-il.