C’est avec beaucoup d’émotion qu’Aurore Perraud a tenu à féliciter Carina Jérie, la toute première graduée de SOS Village, qui a passé toute son enfance au sein de cette ONG. Aujourd’hui Carina est un exemple pour tous les enfants qui vivent dans des Shelters.
« Carina est le symbole de la réussite. Au ministère de la Femme, on est les premiers à accueillir avec joie la success story d’une battante. Pour nous, il faut qu’il y ait d’autres Carina. » La ministre Aurore Perraud l’a reçue hier à son bureau en la nommant ambassadrice de tous les enfants qui vivent dans les shelters. Elle sera l’invitée d’honneur lors de la Journée Internationale des Droits des enfants, le dimanche 22 novembre aux Salines.
Carina Jérie a réussi avec brio ses études universitaires et veut s’investir dans le social. Pour l’instant, elle travaille comme stagiaire chez DHL. Carina Jérie refuse de revenir sur ses parents qui l’ont abandonnée et préfère porter son affection sur Marie Anne Alcindor, sa maman SOS à qui elle doit tout l’amour reçu. Ses grands yeux marron se noient de chagrin, mais Carina compense son manque d’affection par « cette maman de coeur qui a su faire la différence. » Cette image est celle qu’Aurore Perraud veut garder en mémoire. Pour elle, il est plus que temps d’apporter de grands changements dans les Shelters. « Nous croyons que des enfants ne sont pas faits pour vivre uniquement dans des Shelters, c’est tout aussi important qu’ils évoluent aussi dans un environnement familial. Je rêve d’une société où il n’y aura que des Shelters temporaires. Il faut aller plus vers les familles d’accueil. » Aurore Perraud insiste qu’il faut professionnaliser les familles d’accueil. « On mettra des garde-fous pour s’assurer qu’il n’y ait pas d’abus et nous ferons des suivis. Je lance un appel à tous ceux qui travaillent avec les enfants d’en faire une vocation. On va faire un “screening” au niveau des Shelters et professionnaliser les services. À ce jour, il y a 21 shelters et 556 enfants. On va travailler avec les familles car il ne faut pas que l’enfant soit privé de sa famille non plus. Il est de notre devoir d’aller dans l’environnement de l’enfant et de faire un travail en amont à partir des données reçues. On a proposé à Carina Jérie de devenir membre du mentoring Committee, elle pourra partager avec d’autres enfants son expérience et les soutenir. »