La direction de la SICOM essuie plusieurs critiques dans le rapport en trois volumes de la Commission de conciliation et médiation sur l’état des relations industrielles dans cette compagnie d’assurance appartenant à l’État. Celle-ci est épinglée à plusieurs niveaux, notamment au sujet du non respect des droits des travailleurs, de manquements concernant la gestion du personnel, de pratiques discriminatoires au sujet du système salarial et, même, de l’absence de méritocratie et de transparence au niveau du processus de recrutement. Les syndicats, de leur côté, lancent un ultimatum à la direction pour qu’elle se prononce au sujet de la reconnaissance de la SICOM Employees Union.
Au terme de plusieurs mois de travail, le rapport de la CCM a été bouclé et remis en début de semaine au ministre du Travail, des Relations industrielles et de l’Emploi. Ce rapport, dont les conclusions sont jugées « accablantes » par les syndicats – qui luttent depuis un an pour obtenir la reconnaissance syndicale de la SICOM Employees Union (SICOMEU) par la direction du groupe –, a été commandité par le ministre Shakeel Mohamed, qui avait demandé à la CCM de mener une enquête sur la situation des relations industrielles à la SICOM et de faire une évaluation de la représentativité syndicale au sein de la compagnie.
Dans ses conclusions, le rapport de la CCM comptabilise 33,3% d’employés syndiqués au sein des compagnies de la SICOM. Ce qui satisfait largement le taux de 30% de syndicalisation, comme le préconise la loi du travail, pour qu’une union ou un syndicat soit reconnu par la direction d’une compagnie pour défendre les intérêts des employés. Le rapport fait état de 16 points sur lesquels la direction de SICOM a fait preuve d’une série de manquements ayant trait, d’une part, aux relations industrielles et, de l’autre, aux questions de gestion des ressources humaines, qui ne sont pas abordées dans un esprit d’ouverture, de confiance, d’honnêteté, de respect et de compréhension mutuelle. Sont également mentionnés le manque de consultations et de négociations avec les employés et leurs représentants syndicaux. Il est également reproché à la direction de ne pas être « committed to the concepts of good governance, fairness and social responsility ». Le rapport observe aussi que les recrutements, à plusieurs niveaux, ont été effectués en absence de méritocratie et de transparence, et que des actions disciplinaires sont appliquées « without observing disciplinary procedures and rules of natural justice ».
Dans ses recommandations, la CCM estime que l’attribution de la reconnaissance syndicale à la SICOMEU « will the the most important development in SICOM Ltd industrial relations system involving a change in the intra-organisation relationship between Management and employees, and the introduction of a new inter-organisational relationship between SICOM Ltd and SICOMEU ». La commission recommande également que la direction « should be bound to observe workers rights to equality, human dignity, freeom of expression and all other freedoms enshined in the Republican Constitution of Mauritius ».
Le syndicaliste Deepak Benydin accuse la direction du groupe d’avoir usé de « delaying tactics » afin de ne pas attribuer la reconnaissance syndicale à la SICOMEU, d’autant que celle-ci est le seul syndicat au sein du groupe. Dans le cadre de la rédaction d’un rapport salarial, ajoute le dirigeant syndical, la SICOM Employees Union souhaite être un partenaire du dialogue et des négociations.