David Gaiqui, dont la photo avait fait le buzz sur la toile, le montrant nu et enchaîné à une chaise dans les locaux de la CID de Curepipe, a participé cet après-midi du 22 février à un exercice de reconstitution des faits avec la Police Complaints Division de la Commission des droits de l’homme. Assisté de ses avocats, Me Sanjeev Teeluckdarry, Me Niven Mooneesamy et Me Ericsson Mooneapillay, David Gaiqui a donné sa version des faits sur les conditions de son arrestation et du déroulement de son interrogatoire. Il n’y a pas encore eu de confrontation à ce stade de l’enquête avec les policiers impliqués. L’ex-avocat de David Gaiqui, Anoop Goodary était présent sur les lieux.

Selon l’avocat Sanjeev Teeluckdarry, les policiers « deviendront bientôt des suspects potentiels et auront le droit de choisir entre une confrontation directe ou une parade d’identification ».

Dans une mise en demeure servie, lundi 19 février, David Gaiqui a réclamé Rs 50 M de dommages à la police et à l’État, pour le traitement « inhumain et dégradant » qu’il dit avoir subi ainsi que pour revendiquer ses droits. « À la requête de David Gaiqui et de ses avocats, nous avons écouté la Police Complaints Division (PCD). Nous allons par la suite écrire un rapport afin de parler de la conduite de la police dans cette affaire. Étant donné que nous sommes en charge des complaintes contre police. Nous allons ainsi envoyer notre rapport à la Director of Police Procecution, à la Discipline Forces Service Commission ou à l’Attorney General. Mais le plus important, c’est qu’au PCD, nous ferons une recommandation, parce que nous ne voulons pas que ce genre d’incident arrive une nouvelle fois, » soutient Me Marie Lourdes Lam Hung, de la National Huamn Rights Commission.

Pour rappel, David Gaiqui avait été arrêté le 26 janvier dans le cadre de l’enquête sur le braquage d’une station-service de La Vigie. Dans une déposition à la police, il a déclaré avoir été torturé lors de son interrogatoire. Finalement, la charge provisoire qui pesait sur lui a été rayée sur avis du DPP. Désormais, il réclame des dédommagements de 50 M à l’État et au commissaire de police pour préjudice moral.