Le Rodriguais Bernard Baptiste réalisait un nouveau record national au poids en lançant à 17m18, le 8 mars dernier, lors d’une compétition à Pretoria en Afrique du Sud. Deux mois et demi plus tard, il a amélioré ce record d’un centimètre, en France cette fois, plus précisément lors d’une compétition tenue dimanche dernier, à Thaon-les-Vosges. Une belle performance pour celui qui est qualifié comme étant un gros bosseur par Joël Sévère, responsable des lancers et de la direction technique nationale au sein de l’Association mauricienne d’Athlétisme (AMA). Il est même toujours convaincu que les 17m50 sont dans les cordes du lanceur et souhaite que cette marque soit atteinte lors des Championnats d’Afrique de ce mois-ci ( du 22 au 26) à Durban en Afrique du Sud. Bernard Baptiste veut, lui, aller encore plus loin et a déclaré :  » Ma seule limite est celle que m’impose mon corps. « 
Le 13 mars dernier, nous écrivions dans ces mêmes colonnes comment Bernard Baptiste avait pris la main à son compatriote rodriguais, Sylvain Pierre Louis. C’était plus précisément en juillet dernier, à l’occasion des Championnats nationaux seniors, au stade Maryse Justin à Réduit. Bernard Baptiste avait alors effacé des tablettes les 16m10 de Sylvain Pierre Louis. Ce jour-là, il avait battu ce record à plusieurs reprises, avec des performances de 16m20, 16m38, 16m25 et finalement 16m47. Et lors des Jeux d’Afrique au Congo-Brazzaville en septembre de l’année dernière, il avait lancé à 16m55 avant de passer les 17m (17m18), à Pretoria, en avril dernier.
 Comment expliquer une progression aussi fulgurante en moins d’une année, soit onze mois pour être exact. Pour le principal concerné, il n’y a pas de formule magique. Seul le travail paie, a-t-il précisé. Et au-delà du travail, a-t-il fait remarquer, c’est un encadrement technique de haut niveau qui s’est avéré déterminant, car c’est justement cet aspect de la préparation qui lui a permis de franchir un autre palier en si peu de temps.
Car l’athlète de haut niveau doit impérativement s’entourer, a-t-il précisé, de toute une équipe de personnes qualifiées, notamment d’un préparateur physique, d’un technicien, d’un physiothérapeute, d’un nutritionniste et même d’un psychologue pour ne citer qu’eux.  » Etant déjà engagé dans la médecine – il effectue sa dernière semaine d’internat à l’hôpital de Rose-Belle – je peux m’assurer de la partie médicale de ma préparation. Pour les autres aspects, j’ai la chance de pouvoir profiter de l’expérience de plusieurs personnes « , a-t-il indiqué. C’est du reste pour autant de raisons qu’aujourd’hui, Bernard Baptiste lance aussi loin que les 17m.
Beaucoup de travail technique à faire
Attaché à l’entraîneur Jacques Ramtanon, avec qui il s’entraîne depuis 2014, Bernard Baptiste a pu aussi profiter de l’expertise de l’entraîneur franco-espagnol Cisco lors de sa récente tournée en France, sans compter qu’il a le soutien de l’entraîneur sud-africain Dup de Preez et du préparateur Joshua Capazorio qu’il vient de rencontrer en avril dernier grâce à Orazio Cremona, le champion sud-africain du poids.  » C’est grâce à Orazio que je connaissais déjà que j’ai été présenté à Joshua récemment. Ce dernier m’a donné des conseils et a aussi jeté un coup d’oeil sur le programme qui m’avait été préparé en 2014 par un autre préparateur physique, le Sud-Africain Jonas, mais qui est depuis parti aux Etats-Unis. Selon lui, le programme est correcte et au fil des semaines à venir, il me fera part des conseils à suivre. Je trouve cela formidable de pouvoir compter sur des personnes de cette trempe « , a expliqué Bernard Baptiste.
Ce dernier n’a pas manqué  de remercier le Trust Fund for Excellence in Sports, dont Michael Glover, et l’AMA, sans qui il n’aurait pas eu la chance de rencontrer Dup de Preez et Joshua Capazorio en avril dernier. Il n’a aussi pas manqué de souligner le soutien qu’il aura de l’entraîneur Cisco qui, grâce à ses conseils, lui a permis d’améliorer son record national.  » Cet entraîneur a été surpris par ma force physique et pour lui, il était plus qu’évident que j’étais taillé pour lancer beaucoup plus loin que les 17m. Selon lui toutefois, il y a beaucoup de travail technique à faire. Il m’a d’ailleurs promis de m’envoyer incessamment des vidéos qui me permettront de travailler ma technique et de lancer encore plus loin « , a-t-il fait ressortir.
Championnats d’Afrique à Durban
Car pour lui, l’objectif est effectivement de lancer à 17m50, voire même plus. Ce qui est dans le domaine du possible pour ce jeune médecin de 27 ans pesant 110 kg pour 1m85.  » Je me crois capable de le faire surtout après l’encouragement que j’ai eu auprès de plusieurs personnes, notamment sur mes capacités physiques. Lancer encore plus loin est un objectif, car ma seule limite est celle que m’impose mon corps « , a souligné celui qui prépare les Championnats nationaux seniors prévus dans deux semaines et surtout les Championnats d’Afrique à Durban dans moins de quatre semaines . Ensuite, l’année prochaine, ce sera les Jeux de la Francophonie prévus en juillet à Abidjan en Côte d’Ivoire. Ce qui demeurera sans doute l’un de ses derniers grands championnats, car a-t-il expliqué,  » je pense pas qu’au-delà de 2019 je pourrais continuer à « manze feray », car j’aurais alors 33-34 ans. Ce qui ne sera pas évident. Donc, autant tout donner maintenant et pousser jusqu’à la limite pour réaliser quelque chose de grand  » , a-t-il expliqué.
Pour conclure, Bernard Baptiste n’oublie pas ceux qui l’on aidé et conseillé pendant toutes ces années, notamment ses amis rodriguais Sylvain et Elvino Pierre Louis, sans oublier les entraîneurs et membres du comité régional de Rodrigues. Il a aussi une pensée spéciale pour Jacques Ramtanon, Joël Sévère, Nicolas Li Yun Fong, le TFES, Michael Glover, l’AMA, la Commission de la Santé et des Sports, le personnel de Moving à Trianon, sa famille et sa fiancée.  » Je suis bien encadré et cela explique ma progression « , a-t-il indiqué.