Lueur d’espoir pour les 300 médecins, recalés du récent exercice de recrutement effectué par le ministère de la Santé qui a retenu une soixantaine de médecins seulement, dont des proches du pouvoir et ayant pour la plupart six mois d’enregistrement seulement auprès du Medical Council. La Public Service Commission (PSC) a entamé une série d’interviews visant le recrutement de 119 médecins sur une base permanente pour nos hôpitaux publics. L’exercice qui a démarré le 16 novembre s’échelonnera jusqu’au mois de janvier. Les postulants – dont la majorité attendent depuis deux, voire trois ans pour entrer dans le service public – espèrent que la PSC reprenant les rennes du recrutement pour le service de la Santé, il n’y aura cette fois aucun flou et qu’ils ne seront pas lésés avec de nouveaux venus qui rafleront ces postes.
En attendant les conclusions des enquêtes initiées par l’ICAC et l’EOC quant au recrutement contesté de 60 nouveaux médecins, dont la plupart sont enregistrés depuis seulement six mois auprès du Conseil des médecins et sont des proches du pouvoir, les médecins recalés entrevoient une lueur d’espoir.
Ayant postulé pour le poste de médecin généraliste émis par la PSC, en août dernier, ils ont enfin reçu leur lettre pour se rendre à une interview à la PSC. L’organisme a, en effet, entamé depuis le 16 novembre une série d’interviews en vue de procéder au recrutement de 119 médecins généralistes dans le service public. Le Pm Sir Anerood Jugnauth, qui avait balayé d’un refus la requête du leader de l’Opposition, Paul Bérenger, de reconduire un exercice de recrutement suivant la polémique entourant le recrutement des 60 médecins, avait fait comprendre qu’un exercice de recrutement de 119 médecins sur une base permanente, qui se tiendrait en novembre 2015 et en janvier 2016, est à l’agenda.
La PSC devrait également recruter 60 autres médecins généralistes sur une base temporaire prochainement.
Critère d’ancienneté
Les postulants espèrent que le critère d’ancienneté sera, cette fois, pris en compte. Conscients de la longue liste d’attente à laquelle s’ajoutent désormais d’autres médecins ayant fraîchement terminé leur internat depuis avril dernier, ils craignent que les 60 dernières recrues du ministère de la Santé ne lèsent cette fois encore leur chance d’obtenir un emploi dans le service public. « Ces 60 médecins auront déjà une expérience dans le service hospitalier public. Un avantage que nous n’avons pas et qui leur garantit presque une entrée pour le poste de médecins en permanence à l’hôpital », déplorent-ils.
Ces médecins rappellent au gouvernement sa promesse électorale: que parmi les 12 mesures prioritaires du programme de l’Alliance Lepep, figurait celle d’offrir des chances égales à tous et que des amendements seront apportés à la loi pour assurer la transparence et la méritocratie dans les recrutements effectués par la PSC, la LGSC et la DFSC.
Entre-temps, le ministère de la Santé s’est tourné vers des médecins à la retraite pour se charger de certaines tâches dans les hôpitaux. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé au Parlement, mardi dernier, à une question du député Bobby Hurreeram qui voulait savoir combien de médecins avaient été ainsi invités à reprendre du service. Anil Gayan a expliqué qu’actuellement, les équipes en place dans les hôpitaux ne pouvant faire face à la charge de travail, le ministère a dû avoir recours aux services des médecins à la retraite. Au total, huit Medical Health Officers / Senior Medical Health Officers sont employés sur un « day-to-day sessional basis » par la Santé. Selon un document qu’a déposé le ministre au Parlement, ces médecins, tenus d’assurer onze heure de travail par semaine sont rémunérés Rs 1,830 par session de trois heures. Les dimanches et jours fériés, le tarif passe à Rs 2,200.
Anil Gayan a aussi indiqué qu’actuellement, le ministère a fait appel à 16 spécialistes à la retraite en raison du manque de main d’oeuvre pour certaines spécialisations. À titre d’exemple, un chirurgien plastique, employé sur contrat de six mois est rémunéré Rs 78,000 par mois, avec également une allocation de transport de Rs 10 200. Le critère pour l’emploi de ces spécialistes à la retraite est qu’ils ne doivent pas être âgés de plus de 70 ans.