Envie d’un collier en capsules de canettes, d’un bijou fait à partir de découpage de papiers de magazine, de savoir comment transformer votre bouteille de whisky en vase à fleurs… Ce concept appelé le récup’Art, Helena Talbot le maîtrise à la perfection. Cette artiste écolo récupère tout ce qui est inutilisable et les transforme en objet décoratif et utilitaire. Le recyclage l’inspire et elle étonne par ses créations. De l’épuré au plus décalé, son art se veut 100 % écolo.
Bouillonnante d’idées, Helena Talbot est très connue dans le milieu de l’artisanat. Cette Rodriguaise, mariée à un Mauricien, fait partie des rares créateurs à avoir obtenu un label écolo pour la particularité de son entreprise.
Les récompenses, cette artiste écolo ne les compte plus ; elle a été en 2003 la récipiendaire du deuxième prix du National Women Entrepreneur Council Award et a été primée en 2004 à la foire commerciale de la SADC Fair lors de la quatrième édition de la Women in Business Southern African Development Community au Botswana. Elle a représenté Maurice, son pays d’adoption, à différents salons de l’artisanat en Russie, à Madagascar et dans l’océan Indien.
Forte de toutes ces expériences, Helena Talbot a reçu la distinction de Master Artisan lors du salon de l’artisanat de l’océan Indien en 2001. À chacune de ses escales, elle a su imposer sa touche artistique. D’ailleurs, elle s’est distinguée à Madagascar pour sa technique très particulière sur la peinture sur céramique. Le même accueil lui a aussi été réservé au Botswana pour ses vases en terre cuite aux motifs colorés, ce qui lui a permis de décrocher le premier prix dans la catégorie Art & Craft. « Il y avait une centaine de participants venant des pays comme la Tanzanie, le Mozambique, le Zimbabwe, le Malawi, l’Afrique du Sud et la Zambie. J’ai fait forte impression par la qualité de mon travail, le décor de mon stand, les matières utilisées et les produits recyclables. J’ai été la première, il y a 18 ans, à prendre conscience de la nécessité de protéger l’environnement en recyclant les objets jetés aux ordures. L’attrait du recyclage est de pouvoir donner à ces objets une approche esthétique et décorative tout en les rendant utiles. J’ai eu le privilège en tant qu’artiste de recevoir le Prix de l’environnement rien que pour mon travail sur les objets recyclés. »
Éclat de vie
L’Artisanat Shop d’Helena Talbot est tout aussi originale dans son concept. Située à Poste-de-Flacq, cette boutique, petite mais cosy, attire l’attention des touristes et de ceux qui font une halte à la station-service Total, qui se trouve à proximité. À l’intérieur, le client est convié à un voyage écologique. La particularité de l’artiste est qu’elle excelle dans la création de modèles originaux.
Peinture sur verre, poterie, coquillages, graines de cipaye ramassées dans la nature… Helena Talbot les personnalise. Le tout en faisant de chaque création un modèle inédit. L’artisane mise beaucoup sur les couleurs, donne à ses dessins du style et joue avec les contrastes. Entre pastel et couleurs criardes, elle donne de l’éclat à ses oeuvres.
« L’entrepreneuriat a de l’avenir si l’on mise sur la qualité », soutient Helena Talbot. Son univers accorde ainsi une grande place à la recherche et à la préservation de l’environnement. Les déchets, elle les transforme avec son regard d’artiste. La peinture a été le premier filon, la source d’inspiration de cette artiste écolo, qui a beaucoup travaillé avec de l’argile blanche et le terra cota pour fabriquer des vases, cruches, bougeoirs… Elle se passionne aussi pour la peinture sur verre et sur bois.
De l’imagination, Helena Talbot n’en manque pas… Il lui est même arrivé de découper une calebasse pour en faire un vase. Il suffisait juste d’y ajouter une anse, un socle et vernir le produit pour en faire un objet de déco. Ses idées vont encore plus loin, comme les bijoux qu’elle fabrique à partir de cannettes de boissons gazeuses. Le procédé est simple : l’artiste récupère les anneaux des canettes, les enfile avec un fil de nylon et ajoute ensuite d’autres accessoires dont de jolis rubans ou des perles.
Autre technique tout aussi intéressante : le découpage de papiers de magazine pour réaliser des colliers. « On prend du papier glacé d’un magazine coloré, on l’enroule de manière délicate et posée avec les mains de manière à obtenir une forme ovale. On l’enfile ensuite dans du fil à nylon… Pour que le papier tienne, il suffit d’y ajouter des “beads” très fins et le tour est joué ! » Le même procédé est utilisé pour donner la forme d’un vase à une bouteille de whisky vide. Elle y appose ensuite une applique faite dans de la tôle ciselée pour donner à la fois du relief et du volume à son dessin, y ajoute un socle au vase et laisse ensuite vagabonder son imaginaire pour la décoration de l’objet. « Je le peins ou je le décore avec des appliques comme du fil à broder ou du cuivre. »
Jamais à court d’idées, Helena Talbot trouve que dans la nature, rien ne se perd et que tout doit être transformé, recyclé. « Je ramasse les bouts de vitres et je fais des tableaux en verre. Les pots de café, de mayonnaise, les déodorants, les bouteilles de ketchup… je les retravaille et je leur donne une forme très déco-tendance. Je travaille aussi sur des boutons en y ajoutant ma touche personnelle. Je les transforme en accessoire pour la fabrication d’une bague en plastique. On peut aussi transformer un pot cassé. Il suffit de le recoller avec de la terre cuite et de le repeindre. Les couvercles peuvent devenir des cendriers. Les coquillages, des bijoux. Mon rôle se situe à deux niveaux : contribuer à la protection de la nature et mettre ma créativité au service des autres. »
Dans son approche tactile, Helena Talbot aime avant tout mettre en avant des objets qui ont une histoire, un vécu. Tous les produits usés, qui ont de la patine, elle les retravaille. Comme un voyage à travers le temps, elle insuffle ses notes d’artiste à chaque produit qu’elle veut valoriser…