Rénové il y a peu, l’hôtel Trou aux Biches possède à ce jour l’un des plus grands et plus beaux jardins du pays. Une oeuvre composée d’une multitude de variétés de plantes aux couleurs variées pour une ambiance empreinte de sérénité et qui constitue un hommage perpétuel à la nature. Diane Koenig et Rama Doorgapursad nous y accompagnent et racontent la belle histoire de cet immense bouquet aux allures romantiques.
Lorsque son emploi du temps lui permet de se promener dans la cour de l’hôtel, Rama Doorgapursad ne peut s’empêcher d’être fier. Dans un passé pas si lointain, lorsque les boutures ne ressemblaient qu’à des bâtonnets desséchés, que la pelouse n’était composée que de petites touffes d’herbes, que les fleurs n’étaient pas encore sorties et que les feuilles étaient ternes, Rama était de ceux qui avaient gardé la foi. Car certains avaient du mal à comprendre le sens de ce grand désordre, raconte-t-il en rigolant. Mais tout avait été méticuleusement calculé par une équipe motivée par le désir de créer un espace de dépaysement unique qui pourrait, plus tard, devenir l’un des lieux les plus romantiques de Maurice.
Eco-friendly.
“Cela n’a pas été toujours facile”, raconte Rama Doorgapursad, jardinier de l’hôtel, en se remémorant les images du début. Menés par Diane Koenig, lui et les autres jardiniers avaient accepté le défi posé avec un brin d’orgueil. Ils ont métamorphosé la cour du luxueux 5-étoiles en un immense jardin qui fait l’éloge de la nature pour le plus grand plaisir de l’homme.
De nouveaux bâtiments à l’architecture rustique et contemporaine remplacent les anciennes constructions de l’hôtel Trou aux Biches. Les espaces sont désormais plus chaleureux et conviviaux et les matériaux bruts figurent parmi les éléments qui annoncent le désir de l’hôtel d’être eco-friendly. Alors que les bâtiments sortaient de terre, la tâche avait été confiée aux jardiniers de créer un jardin à la fois riche et abondant où la nature retrouverait ses droits dans un foisonnement de variétés et de couleurs. “Nous ne voulions pas d’une salade de fruits”, dit Diane Koenig.
Feeling.
Il fallait donc trouver le juste dosage pour que l’ensemble fût à la fois beau et sobre.
“Rien n’avait été dessiné”, raconte Rama Doorgapursad. “Nous avons travaillé au feeling au fur et à mesure”, confirme Diane Koenig. Des éléments du décor changent selon l’ambiance recherchée. Dans les environs des spas, le ton reste épuré; près des villas, il devient plus sauvage et dense et se retrouve sa sobriété au bord de la mer et des courts de tennis, par exemple. Les espaces ont été pensés pour accompagner les visiteurs durant leur séjour et au gré de leur déplacement à l’intérieur de l’hôtel.
Ainsi, dans ce qui semble être le centre de la cour, une belle structure blanche a été montée à l’ombre de l’immense arbre, soutenue par des lianes épaisses qui descendent jusqu’à terre. Tout autour, la pelouse a été remplacée par du sable blanc pour rajouter au romantisme de ce lieu où se déroulent régulièrement des cérémonies nuptiales. Quelques gros rochers complètent le décor qui fait face à l’une des piscines de l’hôtel.
Sérénité.
De grands bambous chinois y apportent une certaine sérénité et, discrètement, de grandes herbes plantées sur des monticules de terre masquent les chambres d’à côté. Bordées de plantes diverses, les allées qui serpentent à travers la cour conduisent à d’autres paysages, d’autres belles surprises.
On y trouve des Alpinia ginger, des Duranta dorés, des ruellias, des plumbagos, des muguets, des oiseaux de paradis, de la citronnelle, du vétiver, des dianellas, différentes variétés d’hibiscus et plusieurs autres espèces. Des cocotiers, des flamboyants ainsi que des arbres du voyageur ajoutent de la majesté à la scène. Le jardin, qui se construit toujours, est composé de dizaines de milliers de plantes.
Tableau.
L’ensemble se présente comme un immense tableau. Nous sommes effectivement là devant un vrai travail d’artiste. Diane Koenig tient à préciser que le travail de jardinier mérite d’être revalorisé pour qu’il soit considéré à sa juste valeur. Il ne s’agit pas uniquement de planter, précise-t-elle. Jardiner, c’est aussi comprendre la cohérence des plantes et avoir la capacité d’imaginer l’ambiance que donnera une bouture une fois qu’elle aura grandi.
À l’hôtel Trou aux Biches, ce fut le défi qui s’imposait au moment où l’équipe constituait les assemblages pour cette formidable mosaïque qui confère à la cour de l’hôtel un cadre baigné de sérénité.