QUENTIN
19 ans
Étudiant à La Sorbonne

Comprenons-nous bien avant de parler de drogue : la drogue est une substance permettant d’accéder à un état second provoquant une dépendance de son utilisateur. Je fais allusion aux drogues comme l’héroïne, le LSD, la cocaïne, les drogues synthétiques mais aussi, par extension, à la cigarette ainsi qu’à l’alcool. Historiquement l’humanité a toujours eu un lien très proche, voire « sacré » avec les drogues, puisque de nombreux chamanes communiquaient avec les esprits et les divinités dans la plupart des tribus amérindiennes grâce aux feuilles de coca.

Si l’on reprend la citation de Freud disant que « la religion est la névrose obsessionnelle de l’humanité » ce serait plutôt les drogues la névrose de l’humanité. Dans nos sociétés contemporaines les drogues sont au cœur de nos débats politiques (pour ou contre la légalisation du cannabis), de l’économie, puisqu’elles génèrent énormément d’argent, des mœurs puisque les consommateurs appartiennent à toutes les classes de la population (aussi bien l’élite, amatrice de cocaïne, que la classe populaire beaucoup plus axée sur la « beuh » (l’herbe), des débats scientifiques avec une utilisation médicale. La drogue, la cigarette et l’alcool sont omniprésents, à la terrasse des cafés, au lieu de travail, à l’école, en soirée, dans le cercle familial. De plus, la société et l’État tentent de réguler la consommation – voire la légaliser dans certains pays – mais en aucun cas l’interdire.
Si une minorité de personnes ne se droguent pas, ont-elles tort pour autant ? La drogue est-elle une bonne chose ? Est-ce moral de se droguer ? Dans un sens plus général, l’être humain a-t-il nécessairement besoin de se droguer d’autant plus que ce soit ancré dans son histoire ?

La drogue n’est aucunement nécessaire. Pour le philosophe contemporain Jonas, l’Homme a non seulement une responsabilité envers les autres mais aussi envers les générations futures. Laisser un monde avec un fort taux de mortalité, des problèmes liés au diabète – qui peut être héréditaire – et des maladies cardiaques par exemple ne serait pas juste pour les générations futures puisque l’idée de justice doit perdurer. Il ne faut pas désavantager une génération par rapport à une autre (ce que l’on peut étendre au dérèglement climatique avec notamment la pollution à Maurice, les déchets sur les plages, la construction à outrance d’infrastructures au détriment de la faune et la flore). Si le proverbe « Les parents boivent, les enfants trinquent » peut être compris à première vue comme des enfants s’amusant et buvant à l’instar des parents, la réelle signification en est tout autre : les enfants doivent subir et réparer les actions désastreuses et irresponsables des parents. La drogue et l’alcool ne sont que des illusions qui font accroire à une échappatoire du monde réel. Celui qui boit ou qui fume n’est pas comme celui qui sort de la caverne – si l’on se réfère à l’allégorie de la caverne de Platon – car il n’a qu’une illusion, une liberté factice d’être sorti de la caverne. Ce n’est qu’une illusion puisque, en effet, une fois l’effet dissipé il y a un dur retour à la réalité, un retour au même point de départ, dans la caverne, et l’envie irrésistible de consommer à nouveau. Cette dépendance appauvrit aussi bien les riches que les pauvres, qui, eux, deviennent encore plus pauvres. Si l’État n’interdit pas cet appauvrissement des consommateurs c’est parce qu’il s’enrichit sur leurs dos – avec la TVA, les taxes indirectes – ce qui conduit à un mal-être général, à des dépressions, une consommation accrue voire même la mort (beaucoup de personnes voulant se suicider passent le plus souvent par l’alcool ou la cigarette afin d’accéder à la mort). Si les drogues conduisent indirectement ou non à la mort, elles donnent une illusion du bonheur, appauvrissent les individus et les rendent d’autant plus malheureux. Si cela n’arrangera pas votre situation, alors pourquoi vous bercez-vous d’illusions ?