La propriété sucrière d’État de Rose-Belle pourrait changer de vocation et se retirer complètement des activités étroitement liées à la culture cannière dans le cadre du Reform Agenda mis à exécution conjointement avec l’Union européenne. C’est ce qui ressort du dernier rapport annuel de l’Office of Public Sector Governance (OPSG) du Prime Minister’s Office. Cette dernière agence spécialisée a pour principal mandat de mener à terme un programme de « restructuration of public institutions to support economic development of the country and provide quality service to the population ».
Dans cette même perspective, après la Corporation Nationale de Transport et l’Agricultural Marketing Board (AMB), outre la compagnie d’État de Rose-Belle, des plans de restructuration sont actuellement au stade de validation pour quatre autres corps parapublics, la Mauritius Meat Authority, la Small and Medium Enterprise Development Authority, la National Housing Development Company Ltd et la Banque de Développement.
Le rapport annuel de l’OPSG est catégorique quant à la nécessité de la restructuration et de la nouvelle orientation pour l’entité Rose-Belle Sugar Estate, jadis un fleuron de la participation de l’État dans ce qui fut l’épine dorsale de l’économie mauricienne. « The Rose Belle Sugar Estate Board has decided that cane plantation is no longer profitable and diversification becomes imperative. The RBSEB has not been able to come forward with a new business plan and a credible cost reduction plan to restructure its financial viability », note l’OPSG, qui confirme que devant cet échec du conseil d’administration, des consultants du privé ont été engagés pour dessiner les nouvelles orientations stratégiques de cette compagnie d’État.
Pour des milieux avisés, l’urgence de cette restructuration profonde de la compagnie sucrière de Rose-Belle se justifie par les menaces majeures sur le sucre. Ils avancent que les dernières délibérations de la conférence ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) à Bali, Indonésie, au début de décembre de l’année dernière, devront se traduire par de nouvelles pressions sur le cours du sucre à l’exportation avec des effets conjugués découlant de l’abolition des quotas d’exportation de cette denrée par l’Union européenne.
A ce stade, ces spécialistes évitent de s’engager dans des spéculations quant au niveau du prix réduit du sucre avec l’entrée en vigueur de ces deux dernières nouvelles conditions majeures à partir de 2018. Mais ils sont unanimes à reconnaître qu’avec les difficultés financières actuelles et accumulées au cours de ces dernières années, Rose Belle Sugar Estate ne pourra pas se présenter comme un « major, competitive and sustainable sugar player » à Maurice dans ce contexte. C’est ce qui explique la décision d’Exit From Sugar de cette compagnie d’État.