Le congrès du Reform Party de Roshi Bhadain, qui s’est déroulé au Noor Hall, à Phoenix, a été pour le moins agité hier soir, étant perturbé par des personnes rassemblées dans la rue. Des renforts policiers ont finalement eu raison des protestataires, lesquels ont fini par se disperser. Selon les proches du parti, il s’agirait « d’agents du MSM, et plus précisément de ceux qui travaillent avec le vice-Premier ministre Showkutally Soodhun ». Alors que les perturbateurs criaient dans la rue, des partisans du Reform Party, venus assister au congrès, se sont précipités à l’extérieur pour s’enquérir de la situation. Plus tôt, dans la salle, des proches de ce dernier, dont certains auraient participé à une manifestation dans la journée pour réclamer la démission de l’ancien ministre du gouvernement de sir Anerood Jugnauth, étaient présents. Faisant référence à cette démonstration devant le parlement, Roshi Bhadain a fustigé le gouvernement, en affirmant : « Si mo demisione, zot pou kone ki b… lor zot. » Si tel était le cas, dit-il, il reposerait sa candidature dans la même circonscription, lançant le gouvernement « au défi d’y faire élire » son candidat.
Le leader du parti a également soutenu qu’il y aurait eu « des tentatives d’intimidation de la part des partisans du ministre Soodhun, un élu de la circonscription ». Et d’appeler les habitants de la circonscription à « ne plus se laisser berner ni par le gouvernement Jugnauth, ni par un gouvernement Ramgoolam ou tout autre parti traditionnel » car, ajoute-t-il, « il faut désormais un parti pratiquant la politique autrement, pour le bien du pays ».
Roshi Bhadain est revenu sur les raisons de sa démission du gouvernement de l’Alliance Lepep, rappelant qu’il avait alors affirmé que « lorsque sir Anerood Jugnauth ne sera plus Premier ministre, je démissionnerai ». Et d’accuser le gouvernement de « ne pas travailler pour le peuple » et de « voler les deniers publics ». Tout en mettant l’accent sur la « mauvaise gouvernance » de l’alliance gouvernementale, il demande : « Si gouvernma pa ti voler, ou krwar mo ti pu demisione ? »
Roshi Badhain est une nouvelle fois revenu sur l’affaire Alvaro Sobrinho avant de rappeler que lorsque Pravind Jugnauth avait été condamné par la cour « et qu’il avait été contraint de démissionner comme ministre des TIC », il l’avait remplacé à ce poste. Selon lui, il n’avait alors « d’autres choix que de poursuivre dans un premier temps le travail qu’il avait entamé », ajoutant qu’il ne pouvait « pas savoir qui Pravind Jugnauth rencontrait, qui il convoquait dans ses réunions et ce qu’il en ressortait » jusqu’à ce qu’il se trouve au coeur de l’affaire.
Roshi Badhain a également évoqué l’affaire Britam, affirmant que « le gouvernement se retrouve pris à son propre piège » car ayant institué une commission d’enquête « avant la date limite prévue pour le paiement des actions de la compagnie Britam Holdings », fixée au 30 avril 2017. Il s’est aussi appesanti sur « l’affaire des biscuits », au centre de laquelle se trouvent la Speaker, Maya Hanoomanjee, et sa fille.
Autre sujet évoqué : le métro express. Sur cette question, le leader du Reform Party estime que « le gouvernement se trouve là aussi coincé puisque, lors de la campagne électorale, il avait affirmé que le gouvernement Ramgoolam allait gaspiller l’argent du peuple alors que le pays est endetté ». Selon lui, le gouvernement Jugnauth a ramené le coût estimé du projet de Rs 31 milliards à Rs 17 milliards, « le contraignant à modifier les plans ». Or, selon lui, faire passer le métro sur des rails à même la route « occasionnera bien d’autres problèmes ».
S’il n’a pas ménagé ses propos concernant le leader du Ptr, Navin Ramgoolam, qu’il qualifie de « voleur », l’actuel gouvernement, dit-il encore, « n’apporte aucun développement », ajoutant qu’il n’y a « aucune création d’emplois ». Et d’affirmer : « En 2014, zot inn vinn embet ou. Tou sa ki zot ti promet, tou sa la menti ! » Selon lui, « le pays est au bord du précipice ». À noter que parmi les autres intervenants au congrès du Reform Party hier soir se trouvait celui qui se présente comme « le prochain challenger de Showkutally Soodhun » dans la circonscription No 15, Samad Gunny.