À moins de 24 heures de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale, échéance déclarée pour la publication du White Paper on Constitutional Reform, y compris la réforme la électorale, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, tient le pays en haleine. À la mi-journée, aucun détail n’avait transpiré quant à la plateforme que privilégiera le chef du gouvernement pour rendre public officiellement ce document, présentant des options pour transformer le paysage politique mauricien 46 ans après l’indépendance. Toutefois, le week-end dernier a vu une accélération au niveau des ultimes consultations menées par le PM et des membres de son Think Tank, qui ont passé littéralement samedi et dimanche dans les locaux hermétiques du Prime Minister’s Office au Treasury Building. La seule indication de source officieuse est que le leader de l’opposition Paul Bérenger devrait être parmi les premiers à accuser réception de ce document, si ce n’était pas le cas à la mi-journée, de même que le président de la république Kailash Purryag, procédure protocolaire oblige.
Au fil des heures dans la matinée, la convocation formelle transmise aux salles de rédaction pour inviter des journalistes à une conférence de presse du Premier ministre d’ici cet après-midi se faisait encore attendre. La possibilité évoquée dans certains milieux était qu’il était plus probable qu’une autre formule de tremplin du lancement des débats sur la réforme constitutionnelle et électorale pourrait être  anticipée. La formule qui pourrait se substituer à la conférence de presse ne pourrait être qu’un Prime Minister’s Statement à l’Assemblée nationale à l’ouverture des travaux demain. Mais en cours d’après-midi, cette possibilité aurait été écartée.
Il n’est pas à écarter que la presse écrite, parlée et audiovisuelle soit convoquée à la toute dernière minute au Treasury Building d’ici cet après-midi pour le lancement du livre blanc annoncé officiellement il y a bientôt exactement un an. Ce décalage dans la convocation de la presse pourrait trouver son justificatif dans des denières retouches au document officiel. Une équipe de cameramen et de journalistes de la MBC est d’ailleurs en stand-by dans les parages de l’hôtel du gouvernement pour une couverture de cette conférence de presse.
Le scénario des Advanced Copies du White Paper on Constitutional Reform adressées officiellement au président de la république et au leader de l’opposition attesterait du lancement du débat en marge de la reprise des travaux parlementaires. Toutefois, le week-end a vu d’importants mouvements au PMO pour mettre au point les derniers détails du document de consultations sur la réforme électorale et constitutionnelle et également des dernières contre-vérifications du point de vue constitutionnel et légal.
En début de soirée hier, le Premier ministre, qui a assisté à la fonction officielle pour marquer le Pakistan Day, est reparti assez rapidement après la cérémonie officielle pour rejoindre les membres de la cellule au PMO en vue de reprendre le travail. Tous ceux qui ont rencontré le Premier ministre ces derniers jours s’accordent à dire qu’il est « serein et manifeste une volonté sincère de proposer un projet de réforme électorale en respectant toutes les sensibilités religieuses ou communautaires ».
Lors de la réception offerte par le haut-commissaire du Pakistan au Centre culturel islamique hier soir, Navin Ramgoolam n’a pas manqué de sonder le sentiment de certains dirigeants des organisations socioculturelles musulmanes. « On lui a fait comprendre que la question de best loser doit être traitée avec des gants », indique une des sources engagées dans ces échanges informels.
Dans les milieux proches du Premier ministre, on fait comprendre que la question de remise à jour du recensement de 1972 qui sert de base à la commission électorale pour nommer les best losers ainsi que l’obligation de décliner sa communauté au moment de l’enregistrement des candidatures aux élections législatives, la représentation féminines et le respect de l’équité et de la justice lors des élections générales sont les points cardinaux sur lesquels ont travaillé le Premier ministre et ses principaux conseillers.
Le Premier ministre s’est déjà déclaré contre la remise à jour du recensement et s’est prononcé contre l’obligation de décliner sa communauté au moment de l’enregistrement des élections. Cette partie du Nomination Form pour les élections générales, imposant cette déclaration ethnique des candidats, devrait devenir automatiquement caduque. Il n’y a aucune controverse sur cette question vu la prise de position du leader de l’opposition.
La question déterminante concerne la formule qui serait proposée dans le livre blanc afin de remplacer le système de best loser. Selon des sources non confirmées, le Premier ministre tentera de résoudre ce problème ainsi que la représentation féminine dans le cadre de la liste proportionnelle qui sera soumise à la commission électorale avant les élections.
Le White Paper on Electoral Reform pourrait proposer que les dirigeants politiques des partis enregistrés choisissent après les élections, à partir de cette liste soumise à la Commission électorale, des députés afin de corriger tout éventuel déséquilibre constaté parmi les élus selon le système First Past the Post. Le Premier ministre ne partagerait pas la proposition de Paul Bérenger de permettre aux leaders des politiques enregistrés de procéder à la nomination de huit députés qui ne figurent pas nécessairement sur la liste proportionnelle pour corriger d’éventuels déséquilibres.
Rappelons que le Remake propose l’élection de 62 députés selon le système First Past the Post et la nomination de 20 députés sur une base proportionnelle à partir d’une liste soumise à la Commission élection électorale avant les élections. Il propose également un système de remplacement du système de best loser comme susmentionné.
En tout cas, avec la publication imminente du livre blanc, le débat constitutionnel sera lancé…