Lalit avance que le gouvernement et l’opposition se retrouvent au pied du mur par rapport au démantèlement du Best Loser System après le Ruling du Comité des Nations unies pour les droits de Droits de l’Homme. Des membres de Lalit, dont Ram Seegobin, Lindsey Collen ou Alain Ahvee, s’interrogent sur la capacité des partis politiques traditionnels à concrétiser le changement nécessaire au système politique dans la conjoncture. D’autre part, en marge de la publication du White Paper du Premier ministre, Navin Ramgoolam, Lalit a arrêté une série de propositions de réforme, dont entre autres le vote de l’Assemblée nationale pour le choix du Premier ministre ou encore de la composition du Cabinet au lendemain des élections générales.
« Il est malheureux de constater que les conditions ne sont nullement propices pour une réforme électorale. En effet, au lieu d’une population mobilisée à l’idée de l’importance de la réforme, zot finn res tini labuzi ruz, atan zizman lakir, depi 8 an », fait comprendre Lalit. « Toutefois, le gouvernement et l’opposition ressentent aujourd’hui la pression exercée par le Ruling du Comité des Nations unies pour les Droits de l’Homme », ajoutent les représentants de Lalit.
« De par notre analyse, ni Ramgoolam, ni Bérenger et encore moins Jugnauth et Duval n’ont l’intention de s’aventurer pour introduire cette réforme électorale. D’ailleurs, ils manquent de crédibilité politique pour entreprendre une telle mission. Ils sont trop faibles en terme de soutien populaire et même au niveau de la représentation à l’Assemblée nationale. Leur appartenance à des alliances politiques les fragilise encore davantage », poursuit Lalit.
Alain Ahvee, parlant au nom de Lalit, préconise une campagne de mobilisation sur le thème de la réforme constitutionnelle à tous les niveaux pour pouvoir atteindre l’objectif d’un élargissement de l’espace démocratique. « Le préalable à toute réforme est la compréhension du système actuel par la grande majorité de la population. Des débats doivent être organisés à travers le pays, que ce soit dans les villes et villages, dans les écoles et à l’université, les syndicats, et autres. Plis dimunn bizin konpran ki bann sanzmann ki pe diskite pu al ver plis demokrasi », dit-il.
Dans cette perspective, Lalit s’est penché sur les grandes orientations de la réforme de la Constitution car « democracy must be deepened by the removal of all anti-democratic hurdles that prevent some people, or classes of people, from becoming a deputy to represent a constituency in the National Assembly ». A ce chapitre, Lalit se permet de donner un coup de patte à Rezistans ek Alternativ pour rappeler que la déclaration ethnique n’est pas l’unique obstacle.
La première proposition retenue par Lalit porte sur un nombre plus élevé de parlementaires siégeant à l’Assemblée nationale en vue de contrebalancer le pouvoir de l’Exécutif, représenté par le Cabinet. A cet effet, des électeurs de chaque circonscription devraient être appelés à élire quatre députés au lieu des trois actuels. Rodrigues se verrait avec trois parlementaires et les Chagos un.
Avec une telle formule, 84 députés élus siègeront à l’Assemblée nationale. « This is well short of the 140 seats, which would maintain the ratio of MPs to electors established at Independence », ajoute le document de Lalit en date de février 2014. 20 autres parlementaires devraient être choisis sur la base de la Proportional Representation.
« We propose that all 20 come from the list of candidates that stood for election in the constituencies. This could be done by the Party Leadership submitting a list of their candidates by order of priority, for the purposes of Proportional Representation, to the Electoral Commissioner before the elction date », prévoit Lalit, qui préconise que « we believe that Proportional Representation should not diminish the role of the constituency, nor involve any MP without a constituency ».
La représentation feminine à l’Assemblée nationale devra être calquée sur la formule actuellement en vigueur sous le Local Government Act. Avec la mise en application de ces propositions, Lalit arrive à la conclusion que « the communal Best Loser system will no longer have its raison d’être when there are 20 seats from proportional representation, and with 4 MPs per constituency, and with maintaining the principle of unequal-sized constituencies in order to avoid any geographic/communal/religious under-representation ».
Lalit poursuit sa réflexion au sujet de la réforme de la Constitution en suggérant que le choix du Premier ministre soit avalisé par l’Assemblée nationale lors de la première séance après les élections. Cette même approbation de l’Assemblée nationale est également préconisée pour la composition du gouvernement. « This is yet another strengthening of democracy and of democratic principles. It would be not just the Prime Minister who is naming Ministers, but the MPs electing them. Again, it would generally be the same people, but the process would be more enlightened, more rational, more understood », justifie Lalit, qui confirme que la prérogative de dissoudre l’Assemblée nationale soit concentrée entre les mains du Premier ministre.