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Les petits planteurs de canne se préparent à organiser une réunion de mobilisation afin d’envoyer un message clair au gouvernement, à la classe politique et aux opérateurs économiques. « Il y a suffisamment d’argent dans la production cannière mais les revenus doivent être répartis de manière plus équitable », a affirmé Pradeep Jeeha, un des principaux organisateurs du mouvement des petits planteurs.

« Les petits planteurs ne savent plus à qui ils doivent recourir pour résoudre le problème », a lancé Pradeep Jeeha lors d’une réunion avec les dirigeants des associations des petits planteurs samedi. Il a affirmé que sa démarche n’avait rien à voir avec la Plateforme pour la réforme du MMM ou avec la politique mais qu’il intervenait en sa capacité de petit planteur. « Personne ne veut écouter les petits planteurs.

Le gouvernement nous renvoie au Syndicat des sucres, celui-ci nous renvoie au SIFB ou au ministère de l’Agro-industrie. Les petits planteurs, les métayers ainsi que les planteurs de légumes sont complètement perdus », a-t-il souligné. « Nous préparons une manifestation afin de faire respecter nos droits. Nous réclamons un partage équitable des revenus de l’industrie cannière. Les recettes ont jusqu’ici été distribuées de manière inéquitable. Ena largan dan kan pou tou dimoune », a-t-il dit, ajoutant que les petits producteurs de canne représentent 33 % de la production sucrière, soit un poids économique majeur et que sa contribution dans les revenus de ce pays compte. « Nous disons qu’il ne faut pas puiser dans la poche des contribuables afin de financer les IPP pour sauver l’industrie cannière.

Il y a des revenus qui sont répartis de manière inéquitable », a-t-il souligné, observant que la manifestation des petits planteurs permettra d’envoyer un signal fort aux décideurs du pays, aux opérateurs économiques et à la classe politique. De son côté, Salil Roy de la Planters Reform Association a souligné que le gros problème rencontré par les petits planteurs se situait « au niveau du cash flow». Par ailleurs, la Chambre d’Agriculture note que les petits planteurs envoient moins de cannes à l’usine en raison, d’une part, du faible niveau du prix déjà annoncé et d’autre part, d’un manque de visibilité quant aux mesures d’accompagnement attendues des autorités dans ce contexte particulièrement difficile.

Ainsi au 18 août dernier, 82 000 tonnes de cannes ont été brûlées, dont 60 000 tonnes n’étaient pas prévues et n’étaient pas encore à maturation, ce qui a eu un impact direct sur le programme de coupe du “factory area” et aussi sur la quantité de sucre produit en usine. En se basant sur les informations récoltées à ce jour et en fonction des conditions climatiques actuelles et la situation dans l’industrie sucrière, la Chambre d’Agriculture estime la production sucrière pour 2018 à environ 330 000 tonnes de sucre. Elle prévoit que la production de canne sera d’environ 3.4 millions tonnes et que le taux d’extraction moyen sera de 9.99 %