Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM, demande au Premier ministre, Navin Ramgoolam, de venir de l’avant avec un projet de loi sur la réforme électorale, comme il l’a promis le 27 juillet dernier lors de la dernière séance parlementaire avant les vacances. Lequel projet de loi, suggère-t-il, pourrait se décliner en deux parties.M. Bérenger indique que, dans le contexte actuel, la réforme électorale demeure « une des priorités du MMM ».
Revenant sur les commentaires après la publication du déclaratif du Comité des Droits de l’Homme des Nations-Unies dans la plainte logée par Rezistans ek Alternativ contre l’État, Paul Bérenger trouve qu’après les « déclarations répétées » du ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, et du président du PTr, Patrick Assirvaden, réclamant l’abolition du Best Loser System (BLS), chacun doit dorénavant « prendre ses responsabilités » à l’Assemblée nationale.
Il demande dans ce contexte au Premier ministre de présenter, comme promis, le projet de loi sur la réforme électorale au parlement. Le leader de l’opposition suggère un projet de loi en deux parties : une première traitant de la réforme, elle-même, avec une dose de proportionnelle sur laquelle, dit-il, il y a unanimité, et une deuxième partie portant sur l’abolition du Best Loser System (BLS).
Par rapport à cette deuxième partie du projet de loi qu’il suggère, M. Bérenger, qui déclare avoir de nouveau fait ses comptes, dit ne pas voir comment Navin Ramgoolam puisse obtenir la majorité des trois-quarts nécessaire en vue de l’abolition du BLS. Le leader du MMM écarte la possibilité d’un nouveau tête-à-tête avec son homologue du PTr sur toute cette question de la réforme électorale car, dit-il, « cela occasionnerait trop d’ambiguïtés. »
Réforme électorale : « une priorité du MMM »
Il laisse malgré tout entendre que son adjoint, Alan Ganoo, est toujours à la disposition du chef du gouvernement pour toute précision qui s’imposerait. « La réforme électorale, dans le contexte actuel, après le ruling du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, est certainement une des priorités du MMM », précise Paul Bérenger quand il est interrogé sur la déclaration du leader du MSM, Pravind Jugnauth, pour qui cette réforme « n’est pas la priorité des priorités. » Paul Bérenger dénonce par ailleurs le ministre Boolell et M. Assirvaden pour leur « proposition rétrograde » concernant l’organisation d’un nouveau recensement communautaire de la population après celui d’il y a 40 ans.
Commentant la situation sur le plan local, le leader de l’opposition trouve, d’autre part, que rien ne va plus. Il prévoit que cela va mal finir si cela continue. M. Bérenger cite d’abord le cas des marchands de rue. S’il dit « comprendre parfaitement » la colère de ces marchands, il dénonce le fait que, cette semaine, le lord-maire, Mamade Khodabaccus, a été séquestré durant quatre heures sans que la police n’intervienne.
L’affaire de drogue qui défraie actuellement la chronique avec la prison centrale comme base du trafic ; la congestion routière qui n’en finit pas en dépit des sommes énormes investies ; la concurrence déloyale des taxis marron qui met en péril le gagne-pain des employés du transport en commun ; l’insalubrité et le parking sauvage dans la zone de la Cybercité ; les incendies dans les champs de canne sans que la police ne parvienne à les élucider ; la pénurie de médicaments dans le service de santé publique : autant de questions qui font que, pour le leader de l’opposition, « tout fout le camp. »
Le sort des futurs pèlerins du hadj fait aussi l’object de commentaires de Paul Bérenger. Ce dernier parle de « chaos » et « d’amateurisme » dans l’organisation du pèlerinage à la Mecque cette année. Il explique que, depuis mars, les autorités saoudiennes ont fait savoir que des visas d’entrée additionnels ne seront pas délivrés pour 2012. Une lettre du ministre saoudien du hadj aux autorités locales qu’a fait circuler le leader de l’opposition atteste, dit-il, qu’il était déjà question, au mois de mars que seulement 1300 visas allaient être délivrés cette année aux pèlerins mauriciens. « Malgré cela, on a insisté pour 700 visas additionnels. »
« Hadjis victimes de l’amateurisme »
Le leader de l’opposition explique, à ce propos, que la mesure prise cette année par les autorités saoudiennes pour limiter le nombre de visas d’entrée touche aussi d’autres pays. Il cite à cet effet le cas de Singapour qui, dès le mois de mars toujours, a été averti qu’il n’y aurait pas de visas additionnels pour les pèlerins de ce pays. « Le gouvernement et le Centre Culturel Islamique (CCI) ont mal géré la situation. On a laissé croire que nous disposerions de 2000 visas. De l’argent a même été pris d’éventuels pèlerins. » Pour lui, au final, ce sont les hadjis qui font les frais de l’amateurisme du gouvernement et du CCI.
Le leader de l’opposition explique par ailleurs que c’est en considérant un taux d’inflation de 4,3% pour l’ensemble de l’année 2012 que le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval s’est basé pour déterminer les chiffres de la compensation salariale à être payée aux salariés à compter de janvier prochain. Or, indique-t-il, dans un article paru mercredi dans Business Magazine, le gouverneur de la Banque de Maurice (BoM), Rhundeersing Bheenick, a prévu pour sa part que le taux d’inflation pour cette année atteindra les 5%.
Aussi, pour lui, si cela se confirme, la compensation salariale arrêtée sera en dessous du taux réel d’inflation. Ce qui est, pour le leader de l’opposition, « inacceptable. » Paul Bérenger estime que, si d’ici à décembre, il est établi que le gouverneur de la BoM avait raison dans sa prévision, il conviendra alors de reconsidérer les chiffres de la compensation salariale. Il demande également que, dans les jours à venir, l’État ne reprenne pas d’une main ce qu’il aura accordé de l’autre. M. Bérenger rappelle à ce propos qu’une hausse des prix des carburants vient d’être reportée après les objections, notamment de l’opposition.
Pour ce qui est des élections municipales, Paul Bérenger rappelle qu’elles doivent être organisées cette année même après avoir été deux fois renvoyées depuis 2010 à la suite d’amendements à la loi. Pour lui, ces élections s’imposent, d’autant qu’en 2012, « plus qu’ailleurs, rien ne va plus dans les municipalités. »