Le leader de l’opposition, Paul Bérenger, a souligné hier que pour la première fois depuis que la réforme électorale est évoquée, le PTr, le MSM et le MMM sont d’accord sur la forme que devrait prendre le système électoral mauricien. Le leader du MSM et lui intervenaient hier après-midi lors d’un point de presse donné à l’heure du déjeuner après l’exercice de Private Notice Question consacrée à la réforme électorale.
« Jusqu’à hier soir, il y avait un grand flou concernant la proposition du Premier ministre sur la façon de constituer la liste proportionnelle des partis ainsi que sur le nombre. Le PM avait fait mention de trois possibilités sans préciser sa préférence », a dit Paul Bérenger. Il a expliqué que pressé de questions, Navin Ramgoolam a fini par reconnaître que les dirigeants des partis enregistrés établiront une liste composée de 16 ou 20 candidats. Par la suite, à la lumière les résultats, ils proposeront sur une base proportionnelle le nom d’un certain nombre de députés afin de redresser les déséquilibres qui auraient pu avoir été constatés, a expliqué Paul Bérenger.
« C’est un grand pas en avant qui a été fait lorsque le Premier ministre a reconnu que ce que nous (le Remake) avions proposé est la solution… Pour la première fois dans l’histoire de Maurice le MMM, le MSM et le PTr sont d’accord que l’avancement réside dans une formule allant dans le sens de ce que nous avions proposé, c’est-à-dire 62 élus à Maurice et à Rodrigues et entre 16 et 20 nommés à partir de la liste des proportionnelles. Les dirigeants des partis politiques pourront également procéder à la nomination de huit députés additionnels pour remplacer les best losers à partir de ceux qui n’ont pas été élus ou parmi ceux qui n’ont pas été choisis à partir de la liste proportionnelle ou qui ne figurent sur aucune liste sur une base proportionnelle pour corriger les déséquilibres constatés », dit-il.
En réponse à des questions de la presse, Paul Bérenger a observé que le système de best losers a joué son rôle depuis l’Indépendance, et qu’il faudra faire confiance aux Mauriciens sur leur capacité d’inventer un système à la mauricienne.
Répondant à une autre question sur la source des déséquilibres appréhendés, Paul Bérenger a affirmé que personne ne doit être hypocrite pour ne pas reconnaître que le communalisme existe toujours. Il a expliqué qu’en mettant fin en 1982 à la pratique consistant à indiquer la communauté à laquelle appartient chaque Mauricien dans le formulaire de recensement, un grand pas a été accompli par Maurice. « Le communalisme existe encore à Maurice et un autre pas en avant peut être fait en abolissant la pratique consistant à décliner la communauté de chaque candidat aux élections générales », dit le leader de l’opposition.
Dans le sillage de sa PNQ, il a également souligné l’importance de la Commission électorale qui est un pilier de la démocratie mauricienne. Il a fait mention de ce qui se passe aux Maldives qui, selon lui, est une illustration de ce qui se passerait si le judiciaire ou la commission électorale ou tous les deux flanchaient. « Heureusement nous avons un judiciaire et une commission électorale solides et qui mesurent entièrement la portée de leurs responsabilités », a-t-il dit.
Pravind Jugnauth a dit partager le point de vue exprimé par le leader de l’opposition et a reconnu que le projet de réforme est un pas en avant. « Je souhaite qu’il fasse un autre pas en avant avec la présentation d’un projet de loi. Nous sommes très committed pour la réforme », dit-il.