Commentant, de nouveau, la réforme électorale, Paul Bérenger souligne le fait « sans précédent » que le MMM, le PTr et le MSM sont en accord sur toutes les modalités de l’application du projet « sauf une sur laquelle nous ne sommes pas bloqués ». Réaffirmant, une nouvelle fois, qu’il ne faut, en rien, rater cette occasion d’une « bonne réforme électorale », le leader de l’opposition souhaite, ainsi, la présentation d’un projet de loi « dès que possible ». Paul Bérenger qui dit être, par ailleurs, désormais en présence de tous les renseignements sur l’affaire « extrêmement triste » et « choquante » de trafic alléguée de cadavres laisse entendre qu’il y consacrera, très probablement, sa prochaine PNQ, mardi à l’Assemblée nationale.
Au sujet du projet de réforme électorale, alors qu’ils sont plusieurs au sein de la population à estimer que le seuil minimal des 10% suggéré dans le Discussion Paper présenté par le Premier ministre pour qu’un parti se qualifie à des sièges à la proportionnelle est trop haut, Paul Bérenger rappelle que le Remake 2000 propose que la barre soit ramenée à 7,5%. « Néanmoins, dit-il, nous n’insisteront pas si Navin Ramgoolam maintient se proposition de 10% ».
Il rappelle, par ailleurs, les dispositions sur lesquelles il y a consensus ; à savoir, (i) l’élection de 62 candidats selon l’actuelle formule de First Past The Post (FPTP); (ii) un certain nombre d’élus à la représentation proportionnelle à partir de « Party Lists » préalablement soumises à la Commission électorale avec les noms de candidats en ordre prioritaire et (iii) un autre nombre d’élus appelés, en quelque sorte, à suppléer aux anciens « Best Losers » à être désignés à partir d’une deuxième série de listes comprenant des noms de candidats en ordre alphabétique mais soumis, tout autant, préalablement à la Commission électorale et rendues publiques  avant les élections à l’attention des électeurs. Ce qui, selon le leader du MMM, assurera la « totale transparence ».
« Ne rater, en rien, l’occasion d’une bonne réforme »
Paul Bérenger explique, ainsi, que l’unique point qui demeure en suspens tourne autour de la détermination du nombre de candidats à être élus, d’une part, sur la base des Party Lists, d’autre part, sur celles appelées à désigner les élus qui suppléeraient aux anciens Best Losers. Quant au fait que ce seraient, éventuellement, les leaders de partis qui seraient, ultimement, appelés à désigner ces derniers, le leader de l’opposition réitère qu’il n’y voit aucun mal dans la mesure où, souligne-t-il, ce sont les dirigeants de partis qui ont, de tout temps, accordé l’investiture à des candidats à des élections.
Il argue, de plus, que, comme il était, originalement, question avec le Best Loser System (BLS), la désignation d’élus sur cette deuxième liste établie en ordre alphabétique pourrait n’être qu’une mesure temporaire s’il s’avérait que, d’une élection à l’autre, il était établi que les seuls députés élus à partir des Party Lists comprenant des candidats placés en ordre prioritaire suffisaient pour assurer la pleine représentation des uns et des autres. Il argue, de même, que les leaders de partis seraient suffisamment responsables pour ne pas prendre le risque de froisser les susceptibilités des uns et des autres.
Tant pour ce qui concerne la première liste que pour l’autre, Paul Bérenger qui rappelle que le Remake 2000 a, respectivement, proposé 20 et 8 candidats à être élus, dit ne pas être « bloqué » sur cette question des nombres exacts à être déterminés. « Il ne faut, en rien, dit-il, rater cette occasion d’une bonne réforme électorale ». Soulignant le fait « sans précédent » qu’hormis cette question de nombres à être déterminés, le PTr, le MMM et le MSM sont « tous d’accord » sur l’ensemble des autres modalités de la réforme électorale, le leader du MMM dit, ainsi, ne voir surgir aucune difficulté pour que le projet aboutisse. D’où son souhait pour qu’un projet de loi soit présenté à l’Assemblée nationale « dès que possible ».
Paul Bérenger dit, par ailleurs, « sans vouloir être méchant », que la proposition du PMSD suggérant l’utilisation du recensement de 2011 pour les besoins du BLS est « mal réfléchie ». Il rappelle, à cet effet, que ce recensement de 2011 est un recensement portant sur les appartenances religieuses de la population et non un recensement en fonction des quatre communautés telles que définies dans la Constitution. Alors que, explique-t-il, le dernier recensement des communautés qui a servi, jusqu’ici, à la désignation des Best Losers remonte à 1972, le recensement selon les appartenances religieuses dont le dernier remonte à 201 sert, lui, à déterminer les subventions de l’Etat qui revient à chacune des organisations religieuses.
« Les défunts ont aussi des droits! »
Le leader du MMM explique encore que si dans ce recensement de 2011, les Mauriciens se définissent, majoritairement, comme étant soit hindous, soit catholiques, soit musulmans, ce recensement laisse percevoir une multitude d’autres religions alors que d’autres s’identifient plutôt à des organisations socioculturelles et d’autres encore refusent, carrément, de dévoiler leur appartenance estimant que cela relève du privé.
Toujours au chapitre des élections, Paul Bérenger, interrogé, rappelle que le MMM milite, depuis longtemps, pour un encadrement légal du financement des partis politiques. Alors que, dit-il, dans de nombreuses démocraties dont la France, il existe un financement public des partis, non seulement cela n’existe pas à Maurice, la loi ne régit pas, non plus, le financement des formations politiques par le secteur privé. Aussi, selon lui, il faudrait établir un cadre légal dans les deux cas.
Le leader de l’opposition laisse, par ailleurs, entendre que sa PNQ de mardi prochain sera, très probablement, axée sur l’affaire alléguée de trafic de cadavres. Une affaire qu’il qualifie « d’extrêmement triste » et « choquante ». « C’est, dit-il, non seulement un maque de respect envers les morts mais aussi une atteinte à leurs droits car les défunts aussi ont des droits. » Selon Paul Bérenger, ce ne sont pas seulement des maisons de retraite qui seraient concernées mais aussi des responsables de morgues d’hôpitaux. Il se dit, à cet effet, « révolté » par le fait de la disparition « soudaine » du registre de la morgue de l’hôpital Victoria.
Le leader de l’opposition pointe, d’abord, un doigt inquisiteur en direction du ministère de la Santé qui, dit-il, aura à répondre à des questions mais aussi en direction de celui de la Sécurité sociale et du Bien-être des personnes âgées. « Maintenant que je suis en présence de tous les renseignements, ils auront à rendre des compte », prévient-il.
Paul Bérenger évoque, d’autre part, ce qu’il qualifie de « vaste trafic d’influence » qui impliquerait « des millions » au niveau du secteur des Technologies de l’information et de la télécommunication. Toute cette affaire alléguée aurait été, selon le leader de l’opposition, « scientifiquement préparée » à l’encontre de ce que les experts auraient suggéré. « Il faut, dit-il, faire la lumière et trouver qui sont les coupables. » D’où sa demande pour l’institution d’une « Full-fledged Commission of Inquiry » présidée par un ancien « Senior Magistrate ».