Les derniers développements sur la scène politique, cette semaine, relèvent d’une « bouffonade », selon le MSM. Il s’agit d’un mauvais film de série B dont les principaux acteurs sont le Premier ministre, le leader de l’Opposition et Alan Ganoo. Et si le MSM soutient souhaiter une réforme électorale et se dit prêt à assumer ses responsabilités, avec notamment l’approbation des propositions telles qu’avancées par le feu Remake, les Oranges restent convaincus que Navin Ramgoolam ne présentera pas de projet de loi en ce sens. Selon eux, la question de réforme électorale est traitée comme « enn badinaz » par le chef du gouvernement qui utiliserait cette réforme comme un appât pour attirer le MMM. Difficile à dire quelle sera la fin de ce film, dit Pravind Jugnauth qui se dit dérouté par les propos de Paul Bérenger en ce qu’il s’agit des « koz kozé » terminées entre le leader du MMM et le Pm ou des discussions qui continuent par personnes interposées. Si le MSM est confiant de ses avancées sur le terrain et se prépare pour les élections, il n’en demeure pas moins que le souhait du peuple, que le MSM dit mettre de l’avant, est celui d’une remise sur pied du Remake, dit Pravind Jugnauth.
Après l’appel de SAJ à Paul Bérenger et le MMM à Rivière du Rempart, le 30 avril, et à Mare d’Albert, vendredi dernier, Pravind Jugnauth qui répondait aux questions de Week-End, hier, à l’issue de sa conférence de presse, a lui aussi réitéré l’appel du MSM au MMM pour « un remake du Remake. » Interrogé sur son souhait personnel en tant que leader du MSM, il a répondu que « pena okenn contradiction entre SAJ ek moi en ce qu’il s’agit du Remake. Nou ti déjà dan Remake, nou ti pe travay bien, avec sincérité, nou ti ena full confiance, mais Paul Bérenger fin kass Remake: ce so responsabilité. Mais SAJ inn fer enn lappel à Bérenger pour un remake du Remake, et moi mo pana okenn contradiction avec sa. »
Il fait, cependant, ressortir que « cela veut dire ce que cela veut dire, il n’y a aucune négociation en cours. » Pravind Jugnauth, pressé par les journalistes pour savoir si le MSM est disposé à devenir un junior partner aux côtés du MMM, insiste que l’appel lancé c’est un remake du Remake. En ce qu’il s’agit des « koz kozé » éventuels entamés, il soutient ne pas être au courant et insiste que « nou pena okenn négociation avec okenn parti, sauf s’il s’agit de remake le Remake. » Selon lui, il exprime là le voeu de la population. À la question de savoir s’il est disposé, en dehors de l’appel public lancé, de parler directement à Paul Bérenger ou autres dirigeants du MMM, le leader du MSM indique que « nou fin dir nou souhait, aster nou attan réaction, ki li positif ou négatif. »
« Film de mauvais goût », « mauvais cinéma », « bouffonade »… Ce sont les qualificatifs qu’utilise le leader du MSM pour qualifier les derniers développements politiques survenus cette semaine, avec notamment la position adoptée par le gouvernement en Cour suprême jeudi dernier à l’appel du Constitutional Case logé par Rezistans ek Alternativ contre le gouvernement. Pour Pravind Jugnauth, « Navin Ramgoolam se sert de la réforme électorale comme d’un outil politique. » Estimant que l’objectif du chef du gouvernement est d’emmener une réforme électorale dans le système actuel mais également au niveau de la République à travers laquelle il s’assurera d’un système où le Pm disposera de pouvoirs limités et que le Président, qu’il représentera lui-même dans le cadre actuel, aura beaucoup plus de pouvoirs, Pravind Jugnauth soutient que Navin Ramgoolam n’aurait aucune intention d’élargir l’espace démocratique ou de consolider la démocratie à Maurice. Il cite les nombreux discours tenus au sujet de la réforme électorale par le leader du PTr depuis 1995 et note qu’il a toujours été question, depuis 20 ans,  d’intention mais jamais de concrétisation.
Et de faire ressortir qu’en trois récents discours, ces deux derniers mois, ce sont trois dialogues différents qui ont été relayés à la population par le Pm. Et de citer l’intervention du Pm au Parlement le 15 avril dernier, indiquant qu’il allait venir de l’avant avec un bill aussitôt la date butoir, le 5 mai, pour les propositions, passée. Or, dit Pravind Jugnauth, le 24 avril, suivant des discussions qui ont capoté avec le leader du MMM, le chef du gouvernement a présenté une autre version à la population, indiquant qu’il n’a pas l’intention de venir avec un bill à la rentrée parlementaire et encore moins avant les prochaines élections. Le dernier discours déroutant du côté du PTr, selon Pravind Jugnauth, date du 8 mai avec la position adoptée par le gouvernement devant la Cour suprême, l’Attorney General faisant comprendre l’engagement du gouvernement de venir avec la réforme électorale avant les prochaines élections générales. « Tout ceci est un mauvais film qui, pour les yeux de la population, est de très mauvais goût », estime le leader du MSM, rappelant que déjà le Pm avait aussi indiqué qu’il avait donné des directives pour la préparation du bill. « C’est un cinéma malsain avec pour toile de fond, des tractations politiques qui suscitent un dégoût profond des Mauriciens », pense Pravind Jugnauth laissant au peuple le choix de juger de ceux qui ont les premiers rôles dans ce film.
Déviation de l’attention de la population
Qualifiant les récentes vacances parlementaires à la demande du Pm pour qu’il puisse se consacrer au projet de réforme électorale, de scandales qui ont fait perdre du temps à tous, le leader du MSM est d’avis que « tou seki pe pasé là, ce enn moyen pou devié bann scandal ki ena dan pays. » Il cite en exemple l’affaire Varma/Jeannot ou encore l’affaire Dr D.Y. Patil. Cependant, dit-il, au niveau de la base du MSM qui a accueilli, ce samedi encore, six nouveaux adhérents, le travail continue sur le terrain, auprès du peuple. Exprimant son regret que Paul Bérenger soit tombé dans le panneau de Navin Ramgoolam, le leader du MSM croit, cependant, que si le leader du PTr a réussi à mettre fin au Remake et faire en sorte qu’il n’y ait pas de meeting le 1er Mai, « il ne pourra briser le voeu de la population pour un véritable changement dans le pays. » D’ailleurs, dit-il, la foule de vendredi dernier à Mare d’Albert témoigne du ralliement de la population derrière le MSM, le seul parti à être sur le terrain en ce moment et le seul disposé à redresser le pays, dit Pravind Jugnauth. C’est dans cette optique que le MSM continuera sur sa lancée avec comme priorité le redressement du pays, avec l’établissement de nouveaux secteurs pour la création d’emplois, entre autres.