«Nous sommes à deux pas du but. Jamais n’a-t-on été aussi près de réussir une bonne réforme électorale»:Propos de Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM. Insistant sur le fait que nul n’a le droit de laisser passer l’occasion favorable qui se présente pour faire aboutir le projet de réforme électorale, Paul Bérenger se dit «prêt à la discussion»pour «améliorer», si besoin, ce que le MMM et son partenaire ont proposé à ce stade. Le leader des mauves insiste sur le «devoir» de tous de faire aboutir le projet au «risque»,rappelle-t-il, que l’on ne soit contraint de recourir à un nouveau recensement de la population sur la base des appartenances communautaires.
Paul Bérenger se montre résolument optimiste quant à l’aboutissement du projet de réforme électorale. «Nous sommes, dit-il, à deux pas du but.Jamais n’a-t-on été aussi près de réussir une bonne réforme électorale. En l’absence de tout volte-face, on atteindra le but».Il souligne que toutes les parties concernées ont le devoir de tout faire pour que le projet aboutisse. Au risque, rappelle le leader du MMM, que l’on ne soit contraint de remettre à jour le recensement de la population sur la base des appartenances communautaires en vertu du«pronouncement» du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies. Aussi, pour lui, nul n’a le droit de laisser passer la présente occasion de faire aboutir«une bonne réforme électorale».
S’il explique que le Remake 2000 soumettra, telles quelles, ses propositions qu’il considère «les meilleures»au sujet de la réforme électorale, Paul Bérenger précise qu’il est «prêt à la discussion»en vue «d’améliorer» ce que le MMM et son partenaire ont proposé. Le leader des mauves rappelle les trois seuls points qui demeurent en suspens, à savoir: (i) le nombre de députés à être désignés à la proportionnelle à partir desParty Lists(16 selon la proposition faite dans le «Consultation Paper» présenté par le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam contre 20 suggéré par le MMM et son partenaire): (ii) la méthode à être adoptée pour le calcul du nombre de députés sur la liste proportionnelle devant revenir à chaque formation (calcul à partir des «Wasted Votes» selon la proposition de Navin Ramgooalm; formule Sachs, selon le Remake 2000) et (iii) le seuil minimal de suffrages remportés pour avoir droit à des députés sur la liste proportionnelle (10% selon le «Consultation Paper»; 7,5% selon l’opposition).
Le leader du MMM se dit «ouvert aux discussions»sur l’ensemble de ces seuls trois points en suspens. «Il nous faut,dit-il, parvenir à un consensus en vue de déboucher sur un texte de loi qui traduira, dans les faits, une bonne réforme électorale dans l’intérêt de l’unité nationale, de la démocratie et de l’engagement d’un plus grand nombre de femmes en politique».
Le leader de l’opposition évoque, d’autre part, trois sujets «prioritaires» qui, selon lui, constituent une menace pour le pays pour les 50 prochaines années. A ce sujet, il parle, d’abord, du projet CT Power et dresse un parallèle avec le projet de Harbour Bridge qui, souligne-t-il, a abouti à un gaspillage pour rien d’une somme de Rs 197 millions. Paul Bérenger met en exergue, à cet effet, le «désaccord»,selon lui, sur la question entre, d’une part, le ministre de tutelle, Rashid Beebeejaun, et, de l’autre, le ministre des Finances, Xavier Duval. «A l’Assemblée nationale, mardi,souligne-t-il, alors que Rashid Beebeejaun a laissé entendre que le projet allait démarrer d’ici à trois ou quatre mois, Xavier Duval devait, lui, révéler qu’il ne connaissait pas encore l’identité précise des vrais promoteurs du projet basé en Malaisie ni les institutions qui financeront le projet».
CT Power: «Beebeejaun dépassé»
Sévère envers le Deputy Prime minister et ministre des Services publics, le leader de l’opposition juge que ce dernier qui est, selon lui, «complètement dépassé»mène le pays «à la catastrophe». Et d’ajouter que par rapport au projet CT Power, Rashid Bebeejaun de même que chaque membre du Conseil d’administration du Central Electricity Board (CEB) «auront à rendre des comptes». «L’on ne peut, ainsi, jouer avec l’avenir du pays»,trouve-t-il. Et de rappeler, dans le même contexte, le retard dans l’acquisition de quatre nouveaux générateurs à l’huile lourde pour lesquels l’appel d’offres y relatif n’a pas encore été alloué.
Face à tout cela, le leader de l’opposition demande, de nouveau, que l’on «tourne la page de CT Power» et que l’on procède au lancement d’un appel d’offres international pour deux centrales de 50 MW avec comme seule condition préalable qu’elles soient «de technologie dernier cri». Paul Bérenger explique que les promoteurs de CT Power pourront, eux aussi, concourir.
Le deuxième sujet d’urgence qui doit être traité avant les prochaines élections, explique le leader du MMM, est celui de la carte nationale d’identité biométrique. Il parle, à ce sujet,«d’excès de zèle inacceptable»du responsable en chef de ce projet, Rao Rama qui, trouve-t-il, exercerait de l’intimidation, notamment sur les personnes âgées pour que ces dernières se procurent, au plus vite, leur nouvelles cartes alors que, rappelle Paul Bérenger, le délai maximal est fixé au mois de septembre. Parlant de «wrong man in the wrong place»qui, menace-t-il, «devra être remplacé dès que possible»,le leader de l’opposition annonce, de même, qu’une «fois au pouvoir, de nouvelles discussions seront ouvertes avec les Singapouriens qui ne sont pas ceux à porter le blâme»au sujet de ce projet de nouvelles cartes d’identité nationale.
Exprimant d’autres critiques à l’encontre de M. Rama, Paul Bérenger trouve que ce dernier a «frisé le contempt of court»quand il a laissé entendre que l’opposition à la nouvelle carte d’identité «est chose du passé». Le leader de l’opposition rappelle, à cet effet, que l’affaire y relative de Pravind Jugnauth «est devant la Cour suprême».La Cour suprême qui, explique-t-il, «s’efforce d’entendre cette affaire dans le meilleur délai».Une fois au pouvoir, Paul Bérenger promet aussi des amendements nécessaires à la loi pour que l’aspect, selon lui, le plus «choquant» du projet de nouvelles cartes d’identité biométrique, à savoir, le stockage centralisé des données des détenteurs soit abandonné.
Le métro-léger constitue, d’autre part, selon le leader de l’opposition, le troisième sujet qui doit être prioritairement considéré. Là encore, il s’engage à reprendre, «dans le respect mutuel»,toutes les discussions avec les Singapouriens. Dans les trois cas cités où, selon lui, l’on engage le pays«pour les 50 ans qui viennent»,Paul Bérenger est d’avis que le plus tôt de nouvelles élections générales, le mieux se sera pour le pays.
Affaire Yashika: «Troublant!»
Le leader de l’opposition cite, ensuite, le cas de la jeune étudiante, Yashika Bhageerathi et celui de l’inspecteur de police, Rajesh Moorghen comme étant, potentiellement, deux sujets qui pourraient faire l’objet de ses prochaines PNQ. Dans le premier cas, il trouve que les conditions dans lesquelles la jeune Mauricienne à été rapatriée de Grande-Bretagne a, bien dû, faire du tort au pays mais trouve que l’aspect humain du problème n’a, selon lui, pas été pris en compte : «Il nous faudra connaître le rôle joué dans toute l’affaire par le Haut commissaire de Maurice à Londres de même que celui du gouvernement et savoir aussi si Air Mauritius a, effectivement, été contraint d’embarquer la jeune étudiante.»Paul Bérenger qui se dit«troublé et mal à l’aise»par rapport à cette affaire de rapatriement dit noter «l’amertume profonde»de la jeune fille.
Le leader de l’opposition parle, par ailleurs, de«confusion totale»par rapport à toute l’affaire Moorghen en insistant sur le fait qu’en toile de fond se profile une affaire de crime non élucidée et une autre de crime alléguée. Pour lui, la «terrible confusion»entourant le cas de l’inspecteur de police suspendu n’est «pas normale». D’où son intention, là encore, de soulever toute la question lors d’une prochaine PNQ.
A l’heure des questions, Paul Bérenger devait, notamment, déclarer que s’il s’avérait qu’il y a eu, bel et bien, «trafic de cadavres» dans l’affaire alléguée dont parle la presse ces jours-ci, les autorités devront être «sans pitié»à l’encontre des éventuels coupables, «surtout, s’il se confirmait que des personnes âgées innocentes auraient été abusées».