Rassurer tout le monde et toutes les communautés : tel est l’objectif du leader du MMM qui participait à une conférence de presse du Remake 2000 aux côtés de sir Anerood Jugnauth samedi. « C’est cela le but », a insisté Paul Bérenger.
Après analyse des résultats des prochaines élections de 62 députés et de la nomination de 20 autres selon le système de représentation proportionnelle, Paul Bérenger propose que les leaders des partis se rencontrent et désignent huit nouveaux députés parmi ceux n’ayant pas été élus selon le système First-Past-The-Post (FPTP) et la représentation proportionnelle et de corriger les déséquilibres observés et éventuellement, faire entrer les candidats de qualité. Le leader du MSM observe que le rôle des leaders officiels des partis politiques figure dans la première schedule de la Constitution. Elle prévoit que chaque parti désigne un leader officiel qui donne aussi l’investiture des candidats.
Selon la proposition de Paul Bérenger, les huit députés proviendront des partis ayant atteint le minimum requis sur une base proportionnelle. Selon lui, si cela avait été le cas lors des dernières élections chaque alliance aurait obtenu quatre députés correctifs. « Il faut rassurer tout le monde. C’est le but. Toutes les communautés doivent se sentir rassurées », a dit Paul Bérenger
Pour sa part, sir Anerood Jugnauth a expliqué que le MMM et le MSM sont d’accord pour une réforme électorale avec une dose de proportionnelle et une bonne représentation des femmes. « Il y a toujours eu un point de vue différent concernant le Best Losers System (BSL). J’ai toujours été en faveur du système comme il existe actuellement car j’étais parmi ceux qui ont discuté de ce problème à Londres. Je connais les raisons pour lesquelles ce système a été introduit. L’histoire a démontré que nous avons eu raison », a-t-il soutenu.
SAJ a observé qu’une des conventions des Nations unies soutient que tout pays doit s’assurer que le droit des minorités est respecté. « Lorsque Navin Ramgoolam parle contre le communalisme cela me fait rire. Je me souviens encore du langage utilisé durant les dernières élections générales et celles de 2000, surtout lorsque Paul Bérenger est devenu Premier ministre », a-t-il déclaré. « Nous voulons une réforme électorale qui continuera à garantir le droit des minorités. Le BSL a fait ses preuves pendant toutes ces années et a assuré la paix à Maurice. Nous, une population connue pour sa diversité, nous prônerons toujours l’unité dans la diversité. Une proposition a été faite par Paul Bérenger. Nous l’étudions et nous verrons si elle donnera les mêmes résultats et assurera la paix et l’harmonie dans le pays. C’est le MSM qui prendra position sur cette proposition. »
Sir Anerood Jugnauth et Paul Bérenger ont aussi évoqué la déclaration du Premier ministre selon laquelle les élections municipales seront organisées cette année. « Navin Ramgoolam ne peut plus reculer », a déclaré le leader du MMM.
Selon les deux leaders, le MMM et le MSM se sont mis au travail pour préparer la liste des candidats en vue des prochaines élections municipales. « Nous voulons démarrer la campagne pour les élections municipales par un meeting central qui sera finalisé prochainement », a dit Paul Bérenger, alors que SAJ a insisté sur le fait que le chef du gouvernement ne doit pas chercher de prétexte pour renvoyer à nouveau les élections.
SAJ et Paul Bérenger ont également évoqué le problème des marchands ambulants et leur ont demandé de ne pas perdre espoir. « Il y aura des changements bientôt à la tête des municipalités », a déclaré le leader du MSM. Il a aussi été question du pèlerinage du Hajj. Le leader du MMM a estimé que le cafouillage autour des visas est la faute du gouvernement. Il a soutenu que le ministre saoudien responsable du Hajj avait informé depuis mars dernier son homologue mauricien Abu Kasenally de la situation.
La détérioration de la situation économique dans le pays a aussi été mentionnée. SAJ et Paul Bérenger ont critiqué le ministre des Finances Xavier-Luc Duval qui « après avoir refusé d’accepter que la situation était difficile, vient aujourd’hui le reconnaître ». Ils estiment que le gouvernement ne dispose pas de l’équipe économique appropriée pour relancer l’économie.