Le PMSD a eu des discussions au niveau de ses instances dirigeantes sur les propositions contenues dans le livre blanc sur la réforme électorale déposé il y a deux semaines par le Premier ministre. À première vue, les débats n’ont donné lieu à pratiquement aucune voix discordante, sauf pour le seuil d’éligibilité à la proportionnelle.
Mahmade Kodabaccus, interrogé par Le Mauricien, a fait ressortir que son parti est en parfait accord avec le livre blanc dans ses grandes lignes. Son seul problème reste les critères qui seront adoptés pour la proportionnelle afin d’assurer que les intérêts des minorités seront sauvegardés.
Comme on le sait, le PMSD a été, avec le CAM, parmi les grands défenseurs du système de Best Loser, qui a été introduit en 1967 à la suite de la conférence constitutionnelle de Londres. S’il est vrai, trouve le secrétaire général du PMSD, qu’aujourd’hui cette formule paraît dépassée, le PMSD a tout le temps maintenu que l’on ne peut l’abolir tant que l’on n’arrive pas à la remplacer par une autre dont l’objectif serait le même.
« Nous ne voyons pas avec la barre d’éligibilité à 10 % comment les intérêts des minorités seront assurés. Nous prévoyons même que la situation risque d’être dramatique pour elles », considère M. Kodabaccus, qui précise que rien n’a été discuté encore entre les deux partenaires de l’alliance gouvernementale. « Ce sera fait sous peu », précise notre interlocuteur.
La position du PMSD est la même que celle de plusieurs autres interlocuteurs. L’Église catholique considère elle aussi que les 10 % constituent un seuil trop élevé pour les minorités, alors que Rezistans ek Alternativ, de même que Jacques Bizlall, pensent que si la barre est rabaissée, cela donnerait la chance à des petits partis d’accéder à la députation, ce qui réduirait quelque peu la bipolarité de notre système politique, et qui, donc, ouvrirait la voie à d’autres écoles de pensée.