Dans une déclaration hier au Mauricien, le Premier ministre a exprimé sa détermination d’aller de l’avant avec la réforme électorale. « Malgré les oppositions au sein de mon propre parti (le Ptr), j’irai de l’avant avec le projet de réforme », a confié Navin Ramgoolam.
Le Premier ministre est revenu sur sa déclaration faite à St Aubin mardi pour souligner l’importance d’un système électoral transparent sans aucune zone d’ombre. « Nous voulons un système transparent. Je ne crois pas que ce soit une bonne chose de choisir les députés après les élections », avait-il fait ressortir, se référant aux propositions du leader du MMM concernant le choix de huit parlementaires sur une base proportionnelle par les leaders politiques après l’élection de 62 députés selon le système FPTP et le choix de 20 parlementaires selon le système de représentation proportionnelle.
Selon Paul Bérenger, la nomination de huit députés correctifs permettrait aux leaders d’avoir tout l’espace nécessaire pour corriger les imperfections et déséquilibres éventuels constatés. Les huit parlementaires pourraient inclure les candidats de qualité qui n’auraient pu se faire élire, selon le leader du MMM.
« J’aurais une réunion avec le Bureau politique du Parti travailliste, les gens de mon parti et le PMSD avant de décider de la ligne à suivre », a soutenu le leader du Ptr.
Pour Navin Ramgoolam, le nombre de députés choisis en dehors de ceux qui seront élus directement par le biais du FPTP est trop élevé. De plus, l’ajout de huit nouveaux députés pêche par manque de transparence.
Le Premier ministre a rappelé que le but de la réforme électorale est de permettre au pays de disposer d’un mécanisme équitable et juste. « Nous voulons d’un système qui dure des décennies. C’est pourquoi la réforme prendra du temps », a-t-il dit. Le nouveau système électoral, selon Navin Ramgoolam, « doit s’assurer que toutes les composantes de la société soient représentées au parlement et que l’on combatte le communalisme de sorte que tout le monde puisse se dire “Mauricien” près de 45 ans après l’indépendance ».
Lors d’une première déclaration le 18 septembre dernier, le Premier ministre s’était élevé contre la remise à jour du recensement de 1972 et avait dit que des mesures seront prises à la suite du Pronouncement du comité des Nations unies pour les Droits de l’Homme qui a accordé à Maurice un délai de 180 jours pour réagir.
Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, n’a pipé mot sur la question de réforme électorale. Par contre, le Premier ministre, lors de son intervention à l’occasion du congrès de l’Internationale socialiste à Cape Town, s’est engagé à apporter des réformes au système électoral mauricien.
À la suite de la déclaration de Navin Ramgoolam à St Aubin, le MMM a, comme annoncé par Le Mauricien hier, décidé d’annuler une rencontre que devait avoir le leader adjoint du MMM, Alan Ganoo, avec Navin Ramgoolam. « Le temps est venu pour que Navin Ramgoolam vienne de l’avant avec ses propositions au sujet de la réforme du système électoral », insiste ce parti.