Lalit, qui a été un des premiers partis politiques à contester la déclaration ethnique des candidats aux élections générales en ayant recours à un tirage au sort, ne cache nullement sa « totale déception » devant la teneur du Consultation Paper sur la réforme électorale. Lindsey Collen, au nom de Lalit, prend à contre-pied la thèse défendue par le Pm Navin Ramgoolam à l’effet que ce projet de réforme favorise un approfondissement de la démocratie. Elle soutient que la formule privilégiée pour l’élimination du Best Loser System est un prix fort à payer en terme de démocratie avec le choix des élus de la Proportional Representation placé entre les mains des leaders politiques au lieu de l’électorat.
Dans une analyse des propositions de réforme du système électoral, Lalit dénonce en des termes sévères l’approfondissement de la démocratie, dont se vante Navin  Ramgoolam. « Le contenu du Livre Blanc sur la réforme électorale constitue une totale déception », dit d’emblée Lindsey Collen. Ce parti note que tout approfondissement de la démocratie passe par un plus grand contrôle de l’électorat, à travers l’Assemblée nationale, sur l’exécutif, à savoir le conseil des ministres et surtout le Pm.
« Au lieu d’un renforcement de la démocratie, nous constatons que des mesures dans le document Ramgoolam vont dans le sens contraire, notamment le silence du Consultation Paper au sujet du choix du Pm en remplacement de la formule monarchique en vigueur. Navin Ramgoolam ne propose aucune mesure nouvelle en vue de s’assurer que le conseil des ministres soit redevable envers l’ensemble des élus à l’Assemblée nationale », s’insurge Lalit, qui revient sur sa proposition pour un vote des parlementaires sur la composition du Cabinet après les élections générales.
Toutefois, la principale pierre d’achoppement du point de vue de Lalit se situe par rapport aux dispositions préconisées dans le Livre Blanc pour l’élimination du Best Loser System. Tout en égratignant politiquement Rezistans ek Alternativ, Lindsey Collen avance que « Ramgoolam veut garder le Best Loser System communal sans la déclaration ethnique des candidats aux élections générales. Il fait usage d’un double langage en déclarant ne pas éliminer le Best Loser System en proposant huit choix libres aux leaders politiques pour rétablir cette balance au terme du Best Loser System. »
« Les propositions dans le White Paper font que l’aspect communal est purgé du système communal au détriment de la démocratie. Certes, c’est un progrès que la dimension communale disparaît du système électoral mais, malheureusement, c’est au détriment de la démocratie dans le sens que le choix des députés revient automatiquement aux leaders politiques et ne se fait pas sur la base d’un vote de l’électorat de manière objective. C’est un prix trop fort à payer. Le prix est trop élevé quand nous savons pertinemment bien que ce genre de nominations favorise généralement les bailleurs de fonds à caractère communal », regrette Lalit, qui maintient que le choix de tout parlementaire doit se faire sur la force d’un bulletin de vote déposé dans l’urne.
Poursuivant, Lindsey Collen souligne la mainmise accrue du Pm sur le groupe parlementaire de la majorité. « Après le contrôle par le biais de la nomination des ministres et des Private Parliamentary Secretaries, le Pm se dote des prérogatives de nommer des députés sous la liste de représentation proportionnelle et également de les expulser », rappelle-telle.
Lalit s’élève aussi contre le système de quota pour la représentation féminine à l’Assemblée nationale. « Nous ne sommes nullement en faveur d’une telle approche. Dans dix parlements au monde avec le plus fort taux de participation féminine, neuf n’ont pas de système de quota, qui ne fait que masquer l’oppression dont sont l’objet les femmes dans la société. Vu que lors des élections régionales, ce quota d’un tiers a été appliqué, nous la concèderons pour les législatives même si nous serons plus en faveur de la parité », déclare Lindsey Collen.