Dans une lettre ouverte adressée aux leaders politiques, Women in Networking (WIP) insiste pour qu’ils mettent en oeuvre le « quota de genre neutre » soit au minimum la présentation d’une femme et d’un homme sur trois candidats par circonscription « comme cela fut le cas lors des dernières élections générales », dans le cadre de la réforme électorale proposée. Considérant que toute discrimination à l’égard des femmes, inscrite en blanc et noir dans le projet de loi sur la réforme électorale serait anticonstitutionnelle, le mouvement insiste qu’il restera vigilant et dénoncera « toute clause qui impliquerait que les femmes ne soient pas sur un pied d’égalité avec les hommes ».
Tout en accueillant favorablement la « sanction radicale » qui serait appliquée aux partis politiques qui ne respectent pas le « gender neutral quota » d’au moins 30 % de femmes ou d’hommes dans leurs listes, « comme rapporté dans la presse » selon WIP, le mouvement relève deux points qui le consternent. D’abord, il observe que « beaucoup pensent et communiquent que ce quota est appliqué essentiellement à la femme alors qu’en réalité, il s’applique aux deux sexes ». Ensuite, que « le projet de loi ne garantit pas au moins un candidat des deux sexes sur trois candidats présentés par circonscription ». C’est d’ailleurs ce que suggère WIP dans sa proposition relative au White Paper comme cela a été le cas pour les dernières élections villageoises et municipales.
WIP note que « le White Paper parle d’un minimum de 20 femmes et 20 hommes sur 60 candidats, soit sur l’ensemble des candidats présentés ». Or, le mouvement milite pour l’application d’un quota de genre neutre dans le but de corriger la sous-représentativité féminine en politique ou de s’assurer de l’égalité des chances entre hommes et femmes. Dans ce cadre, il reste vigilant sur toute proposition qui va à l’encontre de sa politique et est prêt à la dénoncer.
Pour WIP, « la question fondamentale porte sur la place occupée par les femmes sur la liste des candidats ». Il estime que si le « gender neutral quota » est appliqué sur l’ensemble des candidatures, cela accentuera le déséquilibre de représentativité féminine au Parlement. « Les femmes courent le risque de ne pas être élues si elles sont placées dans des circonscriptions peu stratégiques pour le parti. Nous ne pouvons accepter que la candidature d’une poignée de femmes ne serve que simplement d’alibi à des fins politiques d’autant plus que les femmes composent 51 % de la population à Maurice. Les femmes sont tout aussi qualifiées que les hommes et l’expérience des femmes reste vitale dans la vie politique ».
WIP trouverait regrettable qu’en 2014, « les leaders de nos partis politiques se contentent d’un système archaïque qui privilégie les propres intérêts de certaines personnes ou groupe de personnes, au lieu de celui de la population et qui considèrent la femme comme des citoyens de seconde classe ». « Vous serez malheureusement jugés par l’histoire si l’héritage que vous laissez à nos enfants et petits-enfants ne transmet rien de concret s’agissant de l’émancipation de la femme », écrit WIP.
Tout en soulignant que cette réforme est une étape importante pour le pays et que d’autres seront nécessaires ultérieurement, WIP affirme qu’il « n’acceptera pas que les aspirations légitimes des femmes soient mises de côté ou renvoyées à une date ultérieure ».