La rocambolesque affaire Richard Duval qui embarrasse au plus haut point la police a été référée au Directeur des Poursuites Publiques pour une décision quant aux suites à donner à cette affaire qui remonte à dimanche dernier. La voiture de fonction du président de la State Property Development Company a faut une sortie de route en début de soirée à la hauteur de Mauvilac à Pailles et a fini sa course contre les parapets en bois après avoir apparemment évité une autre voiture.
Ce qui devait être un banal accident de la route a pris une toute autre tournure lorsque, lundi, les médias ont révélé que le nominé politique du PMSD avait refusé de se soumettre à un alcotest. S’il n’a pas signifié à la police les raisons de son refus, il a pris quelque  temps avant de venir avec une explication selon laquelle il serait asthmatique et qu’il est sous traitement au Benylin qui contient de l’alcool et que le test aurait pu se révéler positif.
?Poussant le bouchon plus loin, il devait aussi soutenir avoir refusé de se soumettre à cet examen parce qu’il ne pouvait s’assurer des conditions hygiéniques de l’appareil. Ce n’est que quarante huit heures après qu’il s’est présenté à la police en compagnie de son avocat Me Assad Peeroo pour donner sa version des faits.
Itinéraire d’un enfant gâté
?Les agissements de Richard Duval ne surprennent, en fait, personne. Il n’a cessé de défrayer l’actualité ces derniers 15 ans.
Engagé dans le milieu hippique comme free-lance trainer, il fut arrêté et défendu par Me Rama Valayden alors qu’il était en 1998 sous le coup d’une  accusation d’avoir donné des instructions à un palefrenier pour administrer un produit dopant au cheval Hale’n Hearty.  Son procès sera rayé en 2000 faute de témoignages concordants.?Le fils adoptif de Sir Gaetan Duval avait abandonné le PMXD de Xavier Duval pour se rapprocher du PTr, jusqu’à être pressenti pendant un temps pour briguer les suffrages à la partielle du no 20 de septembre 1999. En 2000, alors que son frère Xavier Duval est au gouvernement, son nom est mentionné comme éventuel conseiller commercial à la Haute Commission mauricienne à Canberra mais le projet n’aboutit pas, le gouvernement PTr/PMSD étant botté hors du pouvoir en septembre 2000. Il se rapproche du PMSD de Maurice Allet  pour ensuite prendre ses distances et retourner au PMXD de Xavier Duval et poser sous les couleurs de l’alliance sociale en 2005 à Mahébourg/Plaine Magnien.
Dans la tourmente du Subutex
?Ce sera son seul mandat de député puisqu’il se retrouvera dans la tourmente une nouvelle fois en 2008 lorsque répondant à une question de Rajesh Bhagwan, le Premier ministre Navin Ramgoolam est contraint d’admettre que son PPS Richard Duval avait, en avril 2008, demandé et obtenu auprès de ses services qu’une certaine  Cindy Legallant utilise le salon commercial  des VIP. Or, cette Cindy Legallant devait être interpellée le 23 juillet 2008 à l’aéroport même avec 21,755 comprimés de Subutex pour une valeur marchande de Rs 21 millions. ?Ironie de l’histoire, Maurice Allet qui était le leader du PMSD à l’époque n’avait eu de cesse de réclamer la démission de Richard Duval comme PPS estimant qu’il devait quitter ses fonctions en raison de la gravité de cette affaire liée à la drogue mais il restera à son poste jusqu’à ce que le Premier ministre décide en 2010 de le priver d’investiture. ?Ses déboires ne s’arrêteront pas là.  En février 2011, il est contraint de passer la nuit à l’ICAC pour un interrogatoire suite à une enquête initiée autour d’une affaire de pots de vin dans laquelle était aussi impliquée un certain Francis Casse relative à la délivrance de permis de Beach-hawker. L’affaire ne connaît pas de suite et, en février 2012, son frère muté aux Finances, il se voit confier la présidence d’un des organismes qui tombe sous sa responsabilité, la State Property Development Company dont on a beaucoup parlé  lors des inondations du 30 mars. ?Ayant repris du poil de la bête sur le plan politique, il a tantôt jeté son dévolu sur le No 19 et, plus récemment, au plus fort de la crise qui secouait le PMSD et qui opposait Xavier Duval à Michael Sik Yuen, il a été dépêché à Curepipe. Un parcours digne d’un coq de basse-cour!