Les importations alimentaires nettes des pays du Sud-Ouest de l’océan Indien atteindraient 1,4 million de tonnes en 2014 alors que les besoins totaux pour la même année sont estimés à 11,6 millions de tonnes. Ces chiffres figurent dans un rapport commandité par la Commission de l’Océan Indien sur la situation alimentaire dans la région en vue d’une stratégie visant à utiliser Madagascar pour assurer la sécurité alimentaire dans la région.
Le rapport établit que la production agricole est demeurée essentiellement sous-développée. « En tenant compte de ses atouts, Madagascar a un potentiel considérable inexploité », souligne le rapport. Le nouveau secrétaire général, Jean Claude de l’Estrac, a fait de la sécurité alimentaire dans la région un de ses dossiers prioritaires.
Le rapport Monty passe en revue toutes les questions ayant trait à l’alimentaire : la production locale et régionale, la consommation par tête d’habitant, les importations. Ainsi, la croissance de la consommation en termes alimentaire qui est actuellement de 450 kilos par tête d’habitant, passera à 455 kilos en 2014. Ce qui représente une croissance de 0,7 %.
Sur le plan des pays, La Réunion arrive en tête de lice avec une consommation annuelle par tête d’habitant de 623 kilos. Aux Seychelles, elle est de 500 kilos par an, 389 kilos aux Comores, Madagascar (446 kg) et Maurice (425 kilos). Deux pays enregistreraient une hausse annuelle supérieure à 2 % : les Comores et les Seychelles.
Le rapport relève que Madagascar possède de multiples atouts pour devenir le grenier de la région. Elle dispose des terres, de l’eau et des différents climats propices à de nombreuses cultures, à ses ressources humaines et à l’amélioration de l’utilisation, jusqu’à présent quasi inexistante, des méthodes de culture modernes.
Le rapport dresse toutefois de nombreux obstacles dont le manque de ressources. « Madagascar est confrontée à un sérieux manque de ressources qui l’empêchent de générer les investissements nécessaires », relève-t-il.
Les investissements, tendant à accroître la capacité de production dans l’agriculture, doivent porter non seulement sur les équipements et les unités de valorisation de la production, mais aussi sur la diffusion d’informations scientifiques et technologiques, la capitalisation du potentiel humain disponible et la création d’un capital social adapté aux réalités du pays, constate le rapport.
Il conclut en affirmant qu’il importe que les pouvoirs publics créent un climat propice aux investissements afin d’améliorer les niveaux de productivité et de faciliter les transformations structurelles indispensables pour le développement de l’agriculture sous peine de devenir de plus en plus dépendant des importations alimentaires.